PPMS attentat-Intrusion : ne pas laisser faire n’importe quoi !

mardi 20 novembre 2018
par  Sud éducation Paris
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La semaine dernière, dans beaucoup d’écoles parisiennes, les enseignant·e·s ont été réuni·e·s en urgence pour leur annoncer qu’un PPMS spécial attentat intrusion allait être déclenché avant fin novembre.
Cet exercice de simulation spécifique aura la particularité de se dérouler un midi, sur le temps de la cantine. Il faudra se cacher comme si une ou des personnes s’étaient introduites dans l’école dans un but criminel.
Ce type d’exercice se déroulera selon des modalités nouvelles en ce sens que :
- Il est organisé sur tout Paris le même jour à la même heure conjointement par la Mairie de Paris et le Rectorat.
- Les enseignant·e·s chargé·e·s de direction doivent garder le secret sur la date et l’heure des opérations et ont reçu des consignes strictes dans ce sens. L’équipe éducative ne doit donc théoriquement pas être tenue au courant de la date de l’exercice, même si cela a fuité dans certains endroits. Les parents d’élèves ne doivent également pas être averti·e·s qu’un tel exercice va se dérouler.

Rappelons tout d’abord que, malgré des incitations qui peuvent avoir lieu ici ou là à aider les animateurs et animatrices responsables sur le temps de cantine, les enseignant·e·s ne sont pas mobilisables le midi. Il est important de le rappeler, sachant que dans certaines écoles il a été demandé aux enseignant·e·s de se préparer pour la semaine prochaine à avoir de gros meubles près des portes pour pouvoir les obstruer et de se tenir prêt·e·s à aider à la mise en sécurité. En effet, nombreux et nombreuses sont les collègues qui restent à l’école sur le temps du déjeuner. Il y a aussi celles et ceux qui s’inquiètent du déroulement de l’opération pour la sécurité de leurs élèves et seront donc présent·e·s le jour de l’exercice. Ces inquiétudes ne sont pas dénuées de fondement, sachant qu’il est question dans certaines écoles de faire descendre des dizaines d’élèves à la cave ou de les faire entrer dans les cuisines pour s’y cacher. Celles et ceux qui sont aux toilettes devront apparemment y rester enfermé·e·s… Tout ceci sans qu’un réel entraînement ait pu se faire vu que l’exercice doit se dérouler dans la semaine du 18 au 23 novembre.

D’un point de vue pédagogique, faire une simulation en essayant de s’approcher des conditions d’une situation réelle sans s’y être entrainé·e·s avant est non seulement absurde mais aussi dangereux, d’autant plus qu’il a été annoncé que les conditions devaient être le plus proches possible de la réalité et qu’il était interdit de prononcer le mot exercice ou simulation !
Il paraîtrait qu’il s’agirait lors de cet exercice de voir ce qui ne va pas…. Espérons que cela ne se fera pas au détriment des élèves qui pour certain·e·s pourraient paniquer (n’oublions pas que nous accueillons dans nos écoles des enfants qui ont réellement vécu des attentats en France ou dans d’autres pays et qui ont connu la guerre) ou se blesser en rejoignant le lieu de mise à l’abri.

Au-delà de cela, la méthode utilisée pose plusieurs questions :
- De quel droit la hiérarchie peut-elle exiger des enseignant·e·s chargé·e·s de direction de ne pas divulguer à leurs collègues une information qui concerne tout le monde ?
- Comment peut-on demander à des enseignant·e·s de ne pas divulguer une information si il/elle pense que pour la sécurité et le bien-être des élèves il est important de les y préparer de façon explicite en amont ? Comment demander aux membres de la communauté éducative de ne pas indiquer aux élèves qu’il s’agit d’un exercice lors du déclenchement de l’alerte sachant que cela peut être traumatisant pour plusieurs élèves ?

Sud Éducation Paris soutiendra celles et ceux qui dérogeront aux consignes de secret sur cette opération.

Au-delà de cela, notre syndicat rappelle au rectorat et à la mairie de Paris que les écoles ne sont pas des laboratoires et les élèves pas des cobayes. Il ne s’agit pas de mener des expériences grandeur nature afin de voir comment les choses se passent mais de faire en sorte de préparer les enfants et les adultes à réagir en cas de besoin. Cela demande du temps et une préparation horizontale et explicite de toute la communauté éducative dans les établissements.


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