Statut des directeurs-rices d’école - Non aux projets du ministère !

mercredi 5 décembre 2018
par  Sud éducation Paris
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tract direction d’école
affiche direction d’école

Création d’un statut de directeur-rice

En créant un corps nouveau recruté par concours, les directeurs-rices deviendraient responsables du pilotage pédagogique de l’école (c’est déjà le cas dans les textes) et seraient associé-e-s aux objectifs définis par la circonscription, avec un pouvoir accru dans les différents conseils qu’ils et elles président (conseil des maitre-sse-s, conseil d’école).

On passerait d’un-e directeur-rice, professionnel-le enseignant-e chargé-e de l’organisation pédagogique et du fonctionnement de l’école avec ou sans charge de classe, à un-e directeur-rice entièrement déchargé-e de classe se consacrant à des fonctions de management et déléguant les tâches de secrétariat à des aides administratives comme le préconise le rapport. Nous pouvons d’ailleurs nous interroger sur le statut qu’auront ces personnels en charge des tâches administratives. Par le passé, ils étaient des personnels recrutés sur la base de contrats précaires à temps partiel.

Vers le retour des EPEP et de la territorialisation

Ce projet n’est pas nouveau et pourrait prendre deux formes :

➲ Des regroupements d’école, les EPEP (Etablissement Public du Permier Degré) où il n’y aurait plus que des écoles primaires (maternelle et élémentaire réunies). Dans les zones rurales, cela se traduirait par la mise en réseau de petites écoles au sein de RPI (Regroupements pédagogiques intercommunaux) déconcentrés pour ensuite arriver à une fusion vers un même site.

➲ L’intégration des petites écoles dans un réseau piloté par le collège de leur secteur, les EPSC (Etablissement Public du Socle Commun), avec une organisation calquée sur celle des Réseaux d’éducation prioritaire. Présentée comme la volonté de donner davantage de continuité entre école et collège en adéquation avec la politique de cycles et en particulier celui du cycle commun école-collège (cycle 3 : CM1, CM2, 6e), elle permettrait surtout de mutualiser le personnel administratif, les enseignant-e-s et les locaux. Les directeurs-rices deviendraient alors les adjoint-e-s du/ de la principal-e.

Notre analyse

On assiste aujourd’hui à une multiplication des tâches et à un alourdissement de la charge de travail des directeurs-rices d’école qui les cantonne à un rôle d’administrateur-rice et d’intermédiaire entre les inspections et les équipes et vide de son sens la mission de direction. Résoudre cette problématique par davantage de responsabilités ne va pas dans le sens d’un allègement de la charge de travail.

SUD éducation dénonce ce projet qui participe à la casse des statuts, renforce et multiplie les hiérarchies, met en concurrence les établissements et les personnels, participe à la liquidation des petites écoles en zone rurale, uniformise et formate les pratiques pédagogiques.

L’autorité hiérarchique et pédagogique du/de la directeur-rice d’école mettrait à mal la cohérence d’équipe et déposséderait les collègues de leurs pratiques pédagogiques. La mutualisation des postes et des moyens aurait pour conséquence des suppressions de postes.

SUD éducation revendique à l’opposé de ces conceptions libérales, des directions collégiales d’école avec une répartition des tâches et une relation de travail horizontale, du temps de concertation pour les équipes, des moyens pour une école publique égalitaire et émancipatrice qui s’inscrit dans un projet de société, solidaire, démocratique, débarrassée des inégalités.

Les revendications de SUD éducation :

➲ la prise en charge collective des directions d’école
➲ du temps de concertation réel (18 h devant élèves, 6 h de concertation)
➲ des pratiques pédagogiques coopératives et émancipatrices
➲ une école égalitaire et émancipatrice


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