« Tout s’effondre, et l’on ne trouve que des étudiant.e.s à pointer du doigt ? »

vendredi 1er mars 2019
par  Sud éducation Paris
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Alors que des étudiant·e·s mobilisé·e·s tentent d’alerter la communauté universitaire sur la situation d’un de leurs camarades, étudiant sans papier arrêté puis placé en Centre de Rétention Administrative et, par le blocage, de placer la présidence devant ses responsabilités de protection de ses étudiant·e·s, celle-ci ne trouve pour seule réponse que de porter plainte. Nous doutons qu’une quelconque infraction ait été commise lors de ce blocage pacifique et condamnons ce geste contraire à l’esprit d’apaisement et de dialogue qui devrait être celui de la présidence.

Depuis plusieurs mois, le contrôle des cartes, les fermetures administratives, la presque-fermeture des grilles à l’entrée du centre Pierre Mendès France et le grand nombre d’agents de sécurité privée entravent l’entrée des enseignant·e·s vacataires sans carte professionnelle, l’organisation des cours de français pour les sans-papiers, la tenue d’assemblées générales permettant aux étudiant·e·s de discuter et de s’organiser. En somme ces mesures prises par la présidence créent des tensions inutiles qui s’ajoutent à la précarité que vivent beaucoup de travailleurs et travailleuses de notre université. L’université devrait être un lieu de vie - ouvert et accessible à tou·te·s - autant qu’un lieu d’étude.

Quant au droit d’étudier « sereinement » que la présidence invoque dans son courriel, il se réduit à une portion tellement congrue aujourd’hui que d’aucun serait fondé à nier son existence réelle. L’enseignement tel qu’il est donné, au centre PMF notamment, ne permet absolument pas aux étudiant·e·s d’étudier. Mais peut-être la présidence peut elle-expliquer comment faire cours avec 55 étudiant·e·s, dont beaucoup sont sans chaises puisque les classes ne devraient accueillir que 42 personnes en situation de sécurité (en cas d’incendie, que se passe-t-il ?). Nous avouons ne pas savoir enseigner dans ces conditions de dysfonctionnement permanent. Pire encore, la présidence continue de fermer les yeux sur les situations de précarité qui font le quotidien de ses agent·e·s. Or, l’endroit éducatif de cet envers de précarité est précisément l’incapacité à assurer un bon enseignement. Où sont les cris d’orfraie, dans cet obstacle omniprésent et quotidien au droit de travailler dans des conditions dignes ? Où sont les conditions sereines d’enseignement quand des doctorant.e.s, des vacataires, des membres du personnel ne sont même pas payé·e·s ? Quand plus de 1300 vacataires assurent l’enseignement de licence et quand la moitié des postes d’enseignant·e·s titulaires sont gelés ? Faut-il continuer à pointer la façon dont la présidence mine ce droit à l’étude et au travail sereins ?

La présidence invoque le droit aux études pour discréditer une action qui vise précisément à dénoncer le fait que la rétention administrative et l’expulsion brisent toute poursuite d’étude pour les étudiant·e·s sans papiers concerné·e·s et empêchent toute trajectoire de vie meilleure. Mais de cela la présidence ne dit mot, préférant adopter une posture autoritaire odieuse en portant plainte contre ces étudiant·e·s solidaires. L’université devrait s’imposer comme le pendant libérateur de ces espaces de privation de liberté que sont les CRA, pas s’en faire les complices. Que vaut une présidence d’université qui ferme toute possibilité de dialogue et qui livre ses étudiant·e·s à des poursuites judiciaires au fondement douteux ?

Rappelons enfin les illégalismes sur lesquels la présidence ferme par contre les yeux au quotidien dans notre université : des vacataires qui travaillent sans contrat, payé.e.s six mois voire un an après la fin de leur enseignement, des issues de secours condamnées dans certains centres, des effectifs en cours qui dépassent très largement les capacités maximales de sécurité des salles... Comment ose-t-elle dans ces conditions scandaleuses de travail et d’étude jouer sur la corde de la légalité ?

Tout s’effondre, et l’on ne trouve que des étudiant.e.s à pointer du doigt ?

La section Sud Education de Paris 1


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