Déclaration liminaire de Sud éducation Paris à la FPMA relative aux congés de formation professionnelle du 28 mars 2019

vendredi 29 mars 2019
par  Sud éducation Paris
popularité : 5%

Déclaration liminaire de Sud éducation Paris à la FPMA relative aux congés de formation professionnelle du 28 mars 2019

En préambule de cette FPMA, nous souhaiterions revenir sur une expression, M. le DRH que vous avez employée de nombreuses fois hier pendant la CAPA d’avancement d’échelons, celle du maintien du dialogue social. En soulignant le fait que le rectorat pouvait faire sienne les remarques ou objections des différentes OS.

Certes, dans les instances paritaires, le dialogue est présent et maintenu. Mais Sud Éducation, syndicat de transformation sociale ne peut se satisfaire uniquement de cela. En effet, ce qui importe, ce n’est pas exclusivement ce qui se joue dans les instances représentatives, ce qui importe c’est ce qui se passe aussi sur les lieux de travail.

Pour la rentrée scolaire 2019, l’objectif de M. Blanquer est de supprimer 2650 postes dans le 2d degré.

Pour l’académie de Paris, cela se traduit de la façon suivante : dans les collèges, les dotations sont en baisse de 655 heures, soit à peu près 36 postes de certifié-es à temps plein. Dans les lycées généraux et technologiques, les dotations sont également en baisse de 1255 heures, soit à peu près 70 postes de certifié-es à temps plein.Dans les LP, les dotations sont en baisse de 231 heures, soit à peu près 13 postes de PLP à temps plein. Il va de soi que c’est autant de postes en moins au mouvement : où est le dialogue social ?

Ces suppressions de postes sont partiellement compensées par une dotation supplémentaire de 67,5 ETP en heures supplémentaires années (HSA). Or cette politique inflationniste des HSA qui existe déjà privilégie l’augmentation des heures supplémentaires et la charge de travail des enseignants au détriment de la création de postes et de moyens humains plus importants pour les élèves. Le peu d’appétence pour les HSA de la part des enseignants conduit d’ailleurs le ministre à nous en imposer une seconde obligatoire : où est le dialogue social ?

Certaines disciplines vont particulièrement souffrir, comme les mathématiques, les langues, les sciences… La diminution globale de la DHG a des incidences sur de nombreux établissements où les conditions de travail s’étaient déjà dégradées ou sont susceptibles de se dégrader compte-tenu de la faiblesse du rapport heures/élèves. Pour pallier toute contestation, certains établissements refusent de débattre de la DHG et du TRMD en conseil d’administration , et lorsque des délégations sont reçues par la DASEN on leur dit « on vous a reçu, mais circulez, il n’y a rien à voir » ; où est le dialogue social ?

Les enseignants évoquent aussi la multiplication des réunions de coordonnateurs, avec les parents d’élèves, le suivi de l’orientation des élèves… d’autant que les chefs d’établissements ne se gênent pas « pour charger la mule » et évoquer des obligations de service inexistantes… On assiste ainsi à la dégradation des conditions de travail et d’existence des collègues ; où est le dialogue social ?

Lorsque les collègues évoquent les inégalités liés à Parcoursup, le ministère continue à faire la sourde oreille, pourtant :

Rappelons que la principale critique faite à Parcoursup en 2018 ne concernait pas tant sa lenteur que son injustice. Nous voudrions revenir rapidement sur deux éléments.

1er point

L’anonymat des dossiers est très partiel. Les dossiers conservent l’information du lycée d’origine, utilisée bien davantage que l’identité civile ou l’adresse pour trier nombre de candidatures.

Le ministère a d’ailleurs justifié de laisser apparent le lycée d’origine en expliquant que c’était un élément important dans l’évaluation des dossiers.

SUD éducation n’a cessé de dénoncer les discriminations sur la base du lycée d’origine. C’est bien pour cette raison qu’il faudrait empêcher un tri des dossiers selon ce critère. Le gouvernement reconnaît ainsi qu’il ne fournit pas le même accès à l’éducation dans tous les établissements, et qu’il va d’ailleurs renforcer cette tendance par le biais de la réforme des lycées.

2e point

C’est la fin de la sectorisation en Île-de-France (académies de Créteil, Paris et Versailles).

Voilà la réponse, dans la plus pure tradition libérale, apportée à la critique de la discrimination selon les territoires. Conséquence prévisible : les universités parisiennes prestigieuses pourront faire leur marché parmi les meilleur-e-s candidat-e-s de banlieue, quand les universités de banlieue devront accueillir les parisien-ne-s les moins bien doté-e-s venu-e-s grossir les rangs d’étudiant-e-s déjà moins favorisé-e-s. Une occasion en or de renforcer la ségrégation universitaire et la concurrence entre les établissements.

Où est le dialogue social lorsque les professionnels indiquent clairement que ce sont les élèves les plus fragiles et les plus en difficultés sociales qui pâtissent de l’effet ségrégationniste de parcoursup et que le ministère ne change rien ?

Enfin, dernier élément, pour faire le lien avec le premier degré.

Hier après-midi, le 27 mars 2019, des enseignants se sont rassemblés place de la Sorbonne en soutien aux collègues de CP menacé.es de sanctions. Des représentant.es de l’intersyndicale ont été reçu.es par le recteur. Nous y avons appris qu’à Paris, 35% des enseignant.es n’avaient pas remonté de résultats. Après les menaces, il en restait encore 8% ! Pour le recteur, cela n’est pas synonyme de pressions exercées sur ces enseignant.es ! Il n’y aura aucun blâme mais des procédures disciplinaires resteront engagées pour des refus délibérés et persistants. Il ne s’agit que d’avertissements écrits ou oraux (ce sera décidé nationalement), qui ne figurent pas dans le dossier du fonctionnaire. Mais le message est suffisamment clair. Vive le dialogue social !

Suite à cette mise en évidence des contraintes objectives qui pèsent sur les conditions de travail et mettent en relief la dégradation continue de ces mêmes conditions de travail, Sud Éducation donne un sens tout particulier à cette FPMA sur les congés de formation professionnelles.

En effet, la formation professionnelle est un moyen certes d’accroître ces qualifications, mais cela peut aussi constituer un moment de rupture du rapport de subordination. Pour Sud Education, les congés de formation professionnelle se réfèrent à des logiques différentes à celle de la simple reproduction de la force de travail.

Le temps de formation doit être émancipateur, il doit permettre de soustraire au travail un temps non contraint à la production. Nous estimons ainsi que la hiérarchie n’a pas à juger de la pertinence de telle ou telle formation, l’enseignant doit avoir la possibilité, justement en tant que salarié, subordonné, de se construire aussi dans des espaces différents du cadre d’emploi.

Certes, la formation s’insère généralement dans un cadre de reconnaissance du travail, de sa valeur, dans le cadre de la préparation au concours par exemple, voire du risque d’obsolescence de la qualification. Mais Sud Éducation insiste sur le fait que la formation doit être librement choisie par l’enseignant, il s’affirme ainsi comme être social au travail.

Cette année encore, nous regrettons que les congés formations soient aussi limités dans l’académie de Paris à cause de contingence budgétaire et qu’il faille attendre encore trop longtemps pour y avoir droit, plus de 8 ans.

Sud Éducation Paris


Annonces

Solidarité


PNG

PNG