Une rentrée catastrophique à Paris 1 : stop à l’hypocrisie !

jeudi 10 octobre 2019
par  Sud éducation Paris
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Nous entrons dans la dernière année de la présidence de Georges Haddad et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’université ne tourne pas rond : 1000 étudiant·e·s sans TD de langue, 600 heures d’enseignements non pourvues à l’UFR d’économie, des enseignements réalisés gratuitement, des personnels épuisés en arrêt maladie (jusqu’à 50% des personnels dans certains services), non remplacés, ou soumis, notamment dans les services RH, à un turnover ahurissant qui en dit long sur les conditions de travail à l’université, et qui rend ces services complètement inefficaces.... Les dysfonctionnements ne cessent de s’ajouter les uns aux autres.

Qu’en est-il par ailleurs de la lutte contre la précarité, dont notre président a fait son cheval de bataille pour se faire élire à la présidence de Paris 1 ? Les conditions de travail se dégradent tellement que les doctorant·e·s et docteur.e·s sans poste ne souhaitent plus prendre de vacations ! On laisse imaginer jusqu’où il a fallu aller pour qu’ils ne veuillent plus assurer ces vacations. La contractualisation votée en CA, et permettant d’éviter l’indécence complète en termes de conditions de travail et de rémunération que représentent les vacations, n’est pas appliquée dans les UFR. Parlons également des courriels menaçants envoyés à ces doctorant·e·s pour qu’ils/elles règlent leurs frais d’inscription avant la date limite officielle.

Nous réaffirmons que seul le recrutement et la création de postes de titulaires (enseignant·e·s-chercheur·se·s et administratifs) et de contrats pour les doctorants permettra de sortir l’enseignement supérieur et la recherche du marasme dans lequel ils se trouvent, ce qui implique de ne geler aucun poste pour la campagne à venir, et de créer des supports de poste supplémentaires. Il est temps que la titularisation devienne la norme et non une exception de privilégié·e·s au sein de l’ESR. Pour cela il nous faut des présidences d’universités dont le courage ne se limite pas à bomber le torse et hausser la voix (pour ne pas dire la casser) par exemple sur des étudiant·e·s sans fac et sans papiers qui, de désespoir, font le siège de services administratifs à bout de souffle pour qu’on les entende. Il nous faut des directions d’université assez courageuses pour revoir leur politique budgétaire, pour faire cesser les passe-droits pour les mieux loti·e·s, pour couper les dépenses de pur prestige ou de vidéo-surveillance, et surtout pour recruter en urgence, dès à présent, les postes de PRAG nécessaires au département des langues.

Oui, il nous faut des présidences qui auront le courage d’assumer un déficit budgétaire pour que soit assurée une réelle continuité du service public et ne se réfugieront pas derrière leurs tutelles. Que se passerait-il si toutes les présidences d’université décrétaient se mettre en déficit budgétaire en même temps, recrutaient les enseignant·e·s-chercheur·se·s, les personnels administratifs et les doctorant·e·s nécessaires pour faire tourner leurs boutiques, au lieu de s’appuyer, comme elles le font, de manière aussi honteuse sur des personnes précaires ? Il est évident que ces fameuses tutelles que l’on accuse de faire la pluie et le beau temps seraient bien embêtées. Mais nous savons bien que ce ne sont pas les pontes que nous élisons tous les quatre ans qui nous sortiront de cette situation et qui assumeront ces choix coûteux politiquement.

En décembre, à quelques semaines de la date des examens de fin de semestre à Paris 1, s’annonce une grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites. C’est également contre la précarité qu’il faudra se battre à cette occasion. À ce titre, Sud Éducation Paris 1 s’attachera à participer de manière active à cette grève, et à la faire perdurer par tous les moyens si sa présidence et son CA ne se décident pas, enfin, à réagir à cette situation dramatique. Sud Éducation Paris 1 appelle les autres sections locales, et plus largement les intersyndicales du supérieur à se positionner également fermement face à la situation à laquelle leur propre université est confrontée, et à organiser une mobilisation massive en vue du mois de décembre.

Sud Éducation Paris 1


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