L’université et la recherche s’arrêtent à compter du 5 mars : Toutes et tous en grève !

mercredi 26 février 2020
par  Sud éducation Paris
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AGENDA

2 MARS
12h AG Paris Diderot amphi 6C HAF

3 MARS
18h30 : réunion publique pour faire le lien entre les femmes dans la grève à la grève des femmes, à Tolbiac.

5 MARS
MANIFESTATION À 14H SUR LE PARVIS DE PARIS DIDEROT
À Jussieu
8h-10h : café + ateliers banderoles dans un amphi occupé // tournée des labos/services
10h-11h : débat sur la grève et les réformes, en présence de grévistes d’autres secteurs
11h-13h : AG de grève pour voter les prochaines actions et désigner des mandatés à la coordination nationale des 6 et 7
13h : déambulation / jonction avec la manif parisienne
À Tobliac
AG à 9h

À partir du 5 mars, l’Enseignement supérieur et la recherche (ESR) s’arrêtent ! - Amplifions la mobilisation pour les retraites, contre la LPPR et la précarité

Tract de SUD éducation

La première Coordination nationale des facs et labos en lutte, les 1er et 2 février, a non seulement montré que la mobilisation s’étendait dans l’ESR, elle a également favorisé son extension, à travers notamment :
• la multiplication des AG de composantes dans des universités jusqu’alors peu mobilisées ;
• la création, induite par l’AG des précaires qui s’est tenue le 1er février pendant la coordination nationale, de collectifs de précaires (surtout enseignant-e-s et chercheu-se-s) dans beaucoup d’universités et ont organisé des actions pour être visibles le 11 février.

Les collectifs, départements, facs, labos qui entrent dans l’action rejoignent les universités déjà mobilisées depuis le mois de décembre pour la défense des retraites et contre la précarité.

Un mouvement étudiant se développe. Tous les personnels, enseignant ou non, ont un rôle à jouer pour favoriser son émergence :
• là où des étudiant-e-s sont d’ores et déjà prêt-e-s à s’organiser, SUD éducation appelle à faire grève pour permettre l’entrée des étudiant-e-s dans le mouvement, et a minima à suspendre le contrôle d’assiduité et à adapter les formes d’évaluation ;
• là où les étudiant-e-s semblent peu mobilisé-e-s et désertent les universités dès que les enseignant-e-s sont en grève, SUD éducation appelle à proposer des moyens pour prendre connaissance des réformes en cours (retraites, mais aussi assurance-chômage, ORE-ParcourSup et conséquences de la LPPR sur la qualité des études) et ouvrir la discussion sur la précarité croissante de la condition étudiante. Des collègues le font dans différentes facs par des discussions ouvertes dans les cours habituels, par des temps de débat ou de cours alternatifs.

À partir du 5 mars, grève reconductible

La journée de mobilisation du 5 mars, qui survient trois mois exactement après le début de la grande lutte pour les retraites, doit donc être envisagée comme un moment de relance, où l’ESR assume un rôle de premier plan dans la poursuite de la mobilisation.
Pour amplifier le rapport de force avec le gouvernement, l’arrêt de l’enseignement supérieur et de la recherche le 5 mars doit constituer non seulement un objectif immédiat de mobilisation dans nos facs et nos labos, mais surtout le point de départ d’une grève reconductible.
Dans la lignée de la motion votée lors de la Coordination nationale et de l’appel intersyndical à la grève à compter du 5 mars, SUD éducation appelle à organiser des AG à tous les niveaux (dans les labos, les unités, les services, les UFR, les universités), pour débattre et voter sur la question de la grève reconductible, autour de l’objectif : « l’université et la recherche s’arrêtent à partir du 5 mars 2020 ».

SUD éducation appelle à reconduire la grève lors des assemblées générales qui se réuniront dans ce cadre et à participer massivement aux actions et manifestations décidées par les AG locales pour le 5 mars et après.

L’arrêt de l’enseignement et de la recherche à partir du 5 mars n’implique pas nécessairement de déserter les campus. Il doit inscrire la grève dans une perspective de réappropriation de notre outil de travail, afin de mettre en œuvre ici et maintenant l’université ouverte et émancipatrice que nous voulons. Il doit permettre aussi de rendre possible la mobilisation étudiante et de faire la jonction avec les autres secteurs en lutte et avec les mobilisations des 8 mars (journée internationale de lutte pour les droits des femmes) et des 13 et 14 mars (journées internationales pour le climat).

6 et 7 mars : la deuxième Coordination nationale des facs et labos en lutte

Les 6 et 7 mars, une deuxième Coordination des facs et labos en lutte se réunira. Nous appelons partout où c’est possible à mandater des délégué-e-s au niveau des universités, en construisant des positions collectives entre UFR, départements, labos et services, afin que la coordination soit une vraie coordination nationale représentative. Cela est nécessaire pour assurer un équilibre des représentations entre Paris et les autres régions et entre les différentes disciplines.

SUD éducation appelle à mettre à l’ordre du jour des AG locales les mandatements à la Coordination nationale, et à préciser le contenu de ces mandats pour permettre la coordination et d’amplification des mobilisations dans l’ESR.

télécharger le pdf ici : https://www.sudeducation.org/docrestreint.api/20539/6b409f36e94c3c1a4617482a543254273acd8ca6/pdf/tract_lppr_5_mars.pdf

L’université et la recherche s’arrêtent à compter du 5 mars : Toutes et tous en grève !

Communiqué intersyndical du 25 février 2020

Pour la défense du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR)
Pour défendre nos statuts, nos conditions de travail et
Pour des rémunérations à la hauteur !

Selon madame Frédérique Vidal, notre ministre, les personnels de l’ESR propageraient de "fausses nouvelles" sur le contenu de la Loi de Programmation Pluriannelle de la Recherche en préparation (LPPR). Dans une tribune publiée dans Le Monde, lundi 10 février 2020, elle en appelle à "un débat à la hauteur des enjeux" ! Mais comment débattre avec des personnes qui ne vous écoutent pas ? N’avons-nous pas exprimé nos revendications par de multiples canaux depuis de longs mois ? Et ces revendications ne sont- elles pas justement à la hauteur des enjeux ? Comment débattre avec un gouvernement qui ne répond aux revendications que par la répression, dans la rue, dans les universités et jusque dans l’enceinte même des lycées ?

Quant au fond et au cadre de la LPPR, les préconisations issues des 3 groupes de travail constitués par le ministère sont claires : elles prônent les recrutements précaires, des augmentations de budget considérables pour l’ANR, mais pas de crédits pour le soutien de base des laboratoires ! Toutes les mesures sont préconisées sous couvert d’excellence. Citons une des mesures les plus dévastatrices de ce projet de loi : le recours accru au recrutement de contractuel-le-s, à tous les niveaux. La précarité sera encore aggravée particulièrement avec la création du contrat de projet, contrat non transformable en CDI qui n’offre aucune garantie et peut être rompu à tout moment au bon vouloir de l’employeur ; un contrat qui instaure de fait la précarité à vie, car cette précarité est déjà présente tout au long des études avec des montants de bourses trop faibles, des loyers en cité U trop élevés, un manque de personnel de santé au CROUS. En s’attaquant au statut de la fonction publique et à l’égalité d’accès aux emplois publics, ce projet de loi menace les garanties fondamentales de neutralité, de continuité, de compétence et d’indépendance nécessaires à un service public de qualité accessible à toutes et tous sur l’ensemble du territoire.

Ces attaques contre les statuts vont de pair avec les lois de transformation de l’action publique et de casse des systèmes de retraites. Le gouvernement lui-même fait le lien, en écrivant que la LPPR compensera les baisses de nos pensions de retraite, ce que le Conseil d’État a d’ailleurs « retoqué ». En admettant possible ce principe de « vase communiquant », le montant des financements envisagés pour les mesures salariales de la LPPR est ridicule par rapport au montant que l’État compte économiser par la baisse de la « cotisation » employeur de financement des retraites des fonctionnaires ! Pas étonnant, donc, que les revalorisations annoncées soient ridicules, concernent le régime indemnitaire (les primes), ou ne partent pas de la situation actuelle (cas du salaire des jeunes chercheurs et enseignants-chercheurs à l’embauche).

« En résumé, la LPPR est une loi pour piloter la recherche grâce à une attribution discrétionnaire et inégalitaire de l’argent fléché sur des projets. L’emploi ne sera développé que sous la forme de postes précaires. Les personnels de la recherche et les équipes seront captifs, soumis envers la hiérarchie et contraints par les appels à projets. Cette loi s’inscrit aussi dans le cadre des politiques de site qui réduisent les politiques scientifiques nationales des organismes de recherche en matière de recrutement et de financement. C’est un coup décisif contre les libertés académiques qui se prépare. »

Depuis deux mois, les personnels de l’ESR font grève et manifestent aux côtés des autres salariés du public et du privé pour le retrait du projet de réforme des retraites visant à remplacer le calcul de la pension sur les 6 derniers mois par un système par points intégrant les rémunérations les plus faibles perçues en début de carrière. Malgré les promesses à bon compte formulées par Mme Vidal sur une augmentation possible -et liée pour partie à la "performance"- des primes dans le cadre de la LPPR, les personnels perçoivent que c’est une baisse considérable des pensions qui leur est ainsi promise. Une coordination nationale des facs et laboratoires en luttes s’est tenue les 1er et 2 février 2020 : elle appelle à renforcer la mobilisation avec comme objectif particulier, l’arrêt de l’université et de la recherche à compter du 5 mars. Elle appelle à des Assemblées générales pour discuter de ses propositions et pour mandater des délégués pour une 2e coordination nationale qui se tiendra les 6 et 7 mars. Dans ce cadre, tous ensemble nous exigeons :

- l’arrêt immédiat de la répression et notamment des violences policières et des gardes à vue ;
- le retrait du projet de loi sur les retraites, attaque frontale contre le statut ;
- l’abandon de ce projet de loi LPPR et l’ouverture de véritables négociations pour la satisfaction des revendications largement exprimées par la communauté scientifique ;
- une augmentation du budget de la recherche publique de 1 milliard d’euros par an pendant dix ans pour atteindre 1% du produit intérieur brut (PIB) de dépenses publiques de recherche et développement ;
- un plan pluriannuel de création d’emplois de fonctionnaires, enseignant-e-s-chercheur-e-s, chercheur-e-s, ingénieur-e-s , technicien-ne-s, personnels de bibliothèques et administratif- ve-s à hauteur de 6 000 créations par an pendant 10 ans ; et dès à présent, le dégel de tous les emplois vacants ;
- une revalorisation significative des salaires avec le dégel et la revalorisation du point d’indice, ainsi qu’un rattrapage en nombre de points du pouvoir d’achat perdu depuis 2010 ;
- la fin à la précarité dans l’ESR par la mise en œuvre d’un plan de titularisation des contractuel- le-s et vacataires et l’arrêt des recrutements massifs de vacataires, payés sous le SMIC ;
l’arrêt de l’externalisation et de la privatisation des fonctions supports ;
- un enseignement supérieur public, gratuit ouvert à toutes et à tous et le retrait du décret qui instaure la hausse des droits d’inscription pour les étudiants non communautaires ;
- la revalorisation des bourses, la baisse des loyers en cité universitaire, le recrutement de personnels de santé par le CROUS pour à terme mettre fin à la précarité étudiante.

Nous, organisations syndicales des salarié.e.s, syndicats et associations étudiantes de l’ESR signataires, appelons à organiser des AG à tous les niveaux, dans les labos, les unités, les services, les UFR, pour débattre et voter sur la question de la grève, notamment dans le cadre proposé autour de l’objectif « l’université et la recherche s’arrêtent à partir du 5 mars 2020 » ainsi que des suites à construire. Nous appelons aussi à soutenir toutes les mobilisations notamment le 8 mars (Journée internationale des femmes) et les 13 et 14 mars (Journée internationale pour le climat) jusqu’à l’abandon des projets de loi précités et pour un plan pluriannuel de programmation de la recherche qui réponde aux revendications des personnels de l’ESR, et qui leur rende des moyens et des conditions de travail de qualité.
SIGNATAIRES : FO-ESR, SUD RECHERCHE EPST-SOLIDAIRES, SUD EDUCATION, SOLIDAIRES ETUDIANT·E·S, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNCS-FSU, SNASUB-FSU, CGT-FERC SUP, SNTRS-CGT, CGT-INRA, L’ALTERNATIVE, UNEF, ANCMSP, FACS ET LABOS EN LUTTE.

télécharger le pdf ici : https://www.sudeducation.org/docrestreint.api/20535/01bdea8049e8ff370f443fdfa2e7cb6462731a6d/pdf/appel_esr_lppr_25fevrier2020.pdf

Un tract pour le 5 mars !

Voici un tract à diffuser dans toutes nos facs et labos pour préparer l’arrêt de l’université et de la recherche le 5 mars.
Il est disponible en format PDF pour l’impression ici : https://universiteouverte.org/2020/02/17/un-tract-pour-le-5-mars/

Facs et labos en lutte

Suivi de la mobilisation et matériel https://universiteouverte.org/

Ce qui nous attend dans le projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

Tract de SUD éducation

Après la casse de l’assurance-chômage et l’attaque contre les retraites…
Ce qui nous attend dans le projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

D’ici février 2020, un nouveau projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) sera présenté par le gouvernement. Il a été préparé par trois groupes de travail, dont les rapporteurs et rapporteuses sont des député-e-s LREM, des président-e-s ou vice-président-e-s d’université et d’organismes de recherche ou encore une ancienne cadre dirigeante de multinationales.
C’est donc sans surprise que les trois rapports vont dans le sens de la politique gouvernementale en préconisant un accroissement des logiques de mise en concurrence, de précarisation et d’intensification du travail.

Leur diagnostic : une recherche insuffisamment compétitive

Au lieu d’aborder la recherche comme un bien commun et de prendre en compte l’importance de son enseignement, les trois rapports – « Financement de la recherche », « Attractivité des emplois et des carrières scientifiques » et « Recherche partenariale et innovation » parus [1] en septembre 2019 – l’appréhendent comme une marchandise au service des entreprises privées. Ces rapports font certes le constat partagé par la communauté scientifique de :
- l’insuffisance du financement public de la recherche et la concentration croissante des moyens par le biais des appels à projets,
- la baisse du nombre d’emplois stables,
- l’insuffisance des rémunérations des personnels de la recherche.

Pour autant, c’est le « décrochage » de la France au niveau international qui est leur préoccupation majeure. Ils insistent sur l’insuffisante compétitivité de la recherche française, entendue au sens de la capacité de la recherche à profiter aux entreprises privées. Le troisième rapport se focalise d’ailleurs sur la création d’entreprises, sur les start-up qui valent un milliard (les « licornes ») et les grandes entreprises fondées sur des découvertes scientifiques ou technologiques comme Airbnb, Amazon, Uber, etc. dont aucune n’est française.

Leur solution : une promesse d’augmentation du budget de la recherche au prix de la concurrence généralisée

Ces rapports préconisent une augmentation du budget de la recherche au prix d’une réforme structurelle qui s’inscrit dans la continuité de la loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités (LRU) de 2007. Il s’agit d’accentuer considérablement les logiques de concurrence généralisée qui minent déjà l’enseignement supérieur et la recherche.

L’accroissement des financements serait concentré sur les établissements, laboratoires et chercheurs et chercheuses considéré-e-s comme « excellent-e-s ». Il passerait par un renforcement des appels à projets et de l’Agence nationale de la recherche (ANR), donc d’un pilotage externe de la recherche, très orienté vers la compétitivité économique. Les rapports préconisent le rétablissement de la notation dans les évaluations du Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES), afin de moduler des crédits alloués aux laboratoires.

Dans la logique des ordonnances de décembre 2018 sur la politique de site, ces établissements « excellents » pourraient déroger aux règles communes, par exemple en recrutant des enseignant-e-s chercheurs et chercheuses sans qualification du Conseil national des universités (CNU), ou encore en recrutant des collègues sur de nouveaux types de contrat limités à quelques années, les contrats de projet.

L’augmentation du budget de la recherche serait prévue sur dix ans, mais pourrait être remise en cause chaque année lors du vote de la loi de finances, dont on sait à quel point elle est marquée par une politique d’austérité aujourd’hui.

Conséquence : une précarisation accrue des travailleurs et travailleuses de la recherche

Cette logique de concurrence s’appliquerait non seulement aux structures, mais aussi aux personnes puisqu’il s’agirait d’accroître le poids de l’évaluation individuelle. La hausse de la rémunération passerait par des primes (de performance et d’engagement) et non par le salaire fixe ou le point d’indice, gelé depuis 2010 : elle serait donc étroitement conditionnée à l’évaluation, à l’instar du RIFSEEP [2] déjà mis en place pour les personnels BIATSS.

Cette concurrence entre collègues se jouera sur les rémunérations, les moyens de recherche, mais aussi sur le service d’enseignement pour les enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs. Le deuxième rapport préconise en effet la suppression de la référence aux 192 h équivalent TD annuelles des enseignant-e-s titulaires et son remplacement par le poids de chaque cours en crédits d’ECTS, en permettant également la modulation des services en fonction de l’évaluation individuelle. C’est précisément ce contre quoi se sont battu-e-s les travailleurs et travailleuses des universités en 2009. Cela signifie une augmentation de la charge de travail des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs sans contrepartie salariale, un recul accru des recrutements de titulaires et une individualisation des services destructrice des solidarités collectives.

Rien n’est dit concernant la précarité qui ne cesse de s’étendre via le système des vacations. A la suite de la loi de transformation de la fonction publique d’août 2019, l’augmentation du nombre de postes de chercheurs et chercheuses ou d’enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs passerait par de nouveaux types de contrats comme les « contrats de mission scientifique », contrats de projet ou d’autres contrats précaires prétendument revalorisés. Derrière ces contrats présentés comme intermédiaires entre un CDD et un poste de titulaire, ce qui se profile à terme, c’est la suppression du corps des maîtres-ses de conférences et des chargé-e-s de recherche. Les rapports proposent de renommer les MCF en « Professeurs assistants », comme aux États-Unis ou avant Mai 68, ou de fusionner ce corps avec celui des professeur-e-s (ce dont on pourrait se réjouir s’il ne s’agissait d’accroître la précarité pour les jeunes collègues).

Pour tou-te-s, un seul horizon : le burn-out

Finalement, que nous promettent toutes ces préconisations ? Précarité, concurrence et pression accrues y compris pour les titulaires. Une concurrence généralisée entre collègues qui minera le fonctionnement collectif des équipes, déjà mis à mal. Encore plus de temps passé à répondre à des appels à projets, à des procédures d’évaluation à tous les niveaux, une pression à la performance sans lien avec nos propres objectifs et questionnements scientifiques, plus d’heures de cours pour la majeure partie des enseignant-e-s chercheurs et chercheuses qui n’auront pas la chance d’être « excellent-e-s » ou de se consacrer au management de leurs collègues. Bref, le renoncement à la qualité et à la sérénité de l’enseignement et de la recherche, surtout si cette dernière n’entre pas dans les objectifs nationaux de compétitivité économique… et le burn-out assuré pour tou-te-s !

Un déni démocratique qui remet en cause l’indépendance de la recherche vis-à-vis des intérêts privés

Outre cette nouvelle dégradation de nos conditions de travail, ce que la LPPR promet, c’est un service public d’enseignement supérieur et de la recherche mis sous pression par des agences de pilotage managérial et placé sous la tutelle des intérêts privés.
La préparation de la loi de programmation a constitué un déni démocratique, puisque la consultation des personnels de la recherche notamment par le biais des sociétés savantes ou au sein du CNRS a fait ressortir des constats et des attentes largement partagées, comme la réduction du poids des appels à projets et des évaluations, la réduction du service d’enseignement, l’augmentation des financements pérennes et l’augmentation du nombre de postes de fonctionnaires, seuls à même de garantir l’indépendance de la recherche et du temps pour en faire.

C’est pourquoi SUD éducation appelle
- à amplifier la mobilisation des travailleuses et les travailleurs de l’enseignement supérieur et de la recherche :
contre le projet de réforme des retraites,
contre la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche.
- à organiser des assemblées générales dans les établissements et les laboratoires et à participer aux états généraux des facs et labos en lutte les 1er et 2 février prochain à Paris, pour organiser la riposte contre cette logique mortifère.

SUD éducation soutient tou-te-s celles et ceux qui luttent pour un service public d’enseignement supérieur et de recherche égalitaire et émancipateur.

télécharger le pdf ici : https://www.sudeducation.org/docrestreint.api/20371/4edb0eb1136b169013a8d13cb5940515e2b849b4/pdf/tractlppr_sud_education_vf.pdf


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