« On est très loin d’une école de la confiance » - Déclaration de SUD éducation Paris au CTA du 3 mars 2020

mardi 3 mars 2020
par  Sud éducation Paris
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Ce CTA s’ouvre dans un contexte de rejet massif de la politique gouvernementale et de grande défiance vis-à-vis de l’administration, qui continue d’appliquer de manière zélée les directives ministérielles. Au passage en force d’un gouvernement qui entend faire taire le débat en ayant recours à l’article 49-3 fait écho la volonté affichée de notre ministre d’appliquer coûte que coûte des réformes presque unanimement dénoncées par la communauté éducative. Pour saper les fondements de nos régimes de retraite ou pour accélérer les mécanismes de sélection sociale, la méthode est la même : consultations en trompe l’œil, communication mensongère et répression violente. Et nous ne sommes pas dupes du tour de passe passe qui s’est joué à l’assemblée : la revalorisation promise, désormais logée dans l’article 1 bis du projet de loi, sera tout bonnement supprimée par le Conseil constitutionnel.

Dans l’académie de Paris, la mobilisation des personnels de l’éducation contre la réforme des retraites ou la mobilisation dans les lycées contre les E3C se heurtent au même mur. Nous ne pouvons rester indifférent-es face aux réponses du ministère et de l’académie, relayées par la hiérarchie intermédiaire : interdictions de réunion dans le premier degré, retraits de salaire abusifs, menaces disciplinaires, appels aux forces de police, menaces de zéro pour les lycéen-nes, etc. C’est toute la chaîne hiérarchique qui est transformée par le ministre en force d’intimidation et de répression. On est très loin d’une école de la confiance dont notre ministre se fait le héraut.

Déclaration de SUD éducation Paris au CTA du 3 mars 2020

Sans céder à ces pressions, SUD éducation continue de revendiquer le retrait du projet de loi de réforme des retraites et l’abrogation des réformes du lycée et du baccalauréat pour un retour à un examen ayant un vrai caractère national. Concernant les E3C, SUD éducation dénonce plus que jamais cette mascarade d’examen ainsi que l’impréparation dans laquelle ces épreuves ont lieu et soutient les personnels et les élèves dans les actions qu’ils et elles pourraient entreprendre. S’agissant des modalités concrètes de correction, SUD éducation s’interroge sur la dématérialisation des corrections dont les objectifs sont clairement managériaux. D’ores et déjà, la technologie rend possible une surveillance étroite du travail de correction, en temps réel. Untel pourra se voit reprocher de ne pas avoir terminé son paquet « virtuel » de copies alors que ses collègues ont été plus efficients.

Dès qu’il le souhaite, le ministère semble capable de mettre des moyens conséquents au service de sa politique. On aurait espérer qu’il en aille de même sur le sujet de l’égalité hommes-femmes, pourtant annoncée comme une grande cause du quinquennat. Comme sur beaucoup de sujets, force est de constater que le gouvernement communique beaucoup mais sans jamais passer aux actes. Pire, en menant une politique de régression sociale, une guerre contre les services publics et en ruinant le système de protection sociale, le gouvernement organise l’aggravation de la précarité des femmes. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale répète les mêmes mensonges que les autres membres du gouvernement : les femmes seraient les grandes gagnantes de la contre-réforme des retraites. Les seuls grands gagnants seront les fonds de pensions privés. Les femmes quant à elles, perdraient encore, alors que le système tel qu’il existe leur est déjà défavorable : à l’heure actuelle, les pensions des femmes sont en moyenne 42 % inférieures à celles des hommes. Quelques jours avant la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, on pourrait attendre que des mesures concrètes soient prises sur la question de l’égalité femmes-hommes comme sur la question des violences sexistes et sexuelles.

Ce même faux dialogue existe quand les personnels alertent sur les dangers de leur établissement. C’est le cas à Rabelais ou malgré de nombreux avertissements des personnels durant plusieurs années, un audit en mars 2019, une alerte en octobre 2019 rien n’a été fait… ou si peu. Les personnels ont appris par la presse le déménagement de leur établissement. En pleine période de bac blanc et d’E3C la région et l’académie de Paris expulsent 1300 élèves et 130 enseignants ainsi que tous les personnels vie scolaire, santé, social et tout cela à 3 mois du baccalauréat. Dans le cadre de l’école de la confiance, nous attendions plus d’écoute de la part des autorités de tutelle. Aujourd’hui, ce déménagement en urgence est désastreux pour tout le monde : les personnels, les élèves et les établissements qui doivent recevoir cet afflux d’élèves. Les conditions de travail et d’enseignement s’en trouvent détériorées, l’urgence aura un coût important pour la collectivité de rattachement et surtout c’est un nouvel exemple du manque de confiance de l’académie et de la région pour ses personnels. Aujourd’hui, il ne veulent que 2 choses : que soit gérée au mieux cette transition dramatique en tenant compte de leurs remarques et surtout qu’un lieu unique soit trouvé à la rentrée 2020 pour accueillir l’ensemble des personnels et élèves déplacés.

Enfin, alors que la panique autour du coronavirus prend de l’ampleur, SUD éducation continue d’attendre que le ministère et le Rectorat donne des instructions claires pour rassurer et protéger les personnels et les élèves ainsi que pour anticiper l’évolution de la propagation de l’épidémie.


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