Tu bosses dans l’Educ Nat ? 7 chances sur 10 que tu sois une femme alors*… enfin « chance », c’est pas sûr …

mercredi 4 mars 2020
par  Sud éducation Paris
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* dans le 1er degré ou pour les AESH, c’est 8 femmes sur 10 personnels... par contre, si tu es personnel d’encadrement, c’est-à-dire chef.fe, tes chances descendent à 5/10 !

Egalité hommes / femmes dans l’académie : on en parle ?

Sans donner ici tous les chiffres que tu trouveras facilement dans le Bilan social de l’Académie de Paris (année 2018), plus ta catégorie est dite « basse » plus tu es une femme ! Plus tu es non-titulaire, plus tu es une femme ! Plus tu es à temps partiel, plus tu es une femme ! En résumé, plus ton salaire est bas, plus tu es une femme.

D’ailleurs c’est écrit tel quel dans le Bilan social : « Les sous-filières les plus féminisées sont ainsi les plus concernées par une forte prévalence du temps partiel » et l’explication est offerte en bonus : «  Cette modalité de service permet en effet de mieux concilier éducation des enfants et conduite d’une activité professionnelle ». Quelle modernité ! À nos frais bien sûr.

Ce que le Bilan social ne dit pas, c’est que nous travaillons beaucoup, beaucoup, beaucoup, bien au-delà du temps devant élèves et du temps de réunion réglementaire. Le rythme est infernal, alors quand on a des enfants en bas âge c‘est tellement invivable que le temps partiel devient une porte de sortie. Et pour celles et ceux qui n’ont pas d’enfants, le temps partiel est systématiquement refusé…

Travail, famille, patrie, décidément on n’en est toujours pas sorti.e.s !

Tract 8 mars Sud éducation Paris

Tu doutes un peu, tu penses qu’on exagère toujours tout ?

Un rab de preuve alors, toujours extraite du Bilan social dans la section « Promotions à l’échelon spécial dans le corps des professeurs des écoles en 2018 par sexe : 20 femmes promues et 15 hommes promus ».

Dans ce corps où nous sommes 84,3 % de femmes, la plus haute distinction, et le salaire qui va avec (dernier chevron de la classe exceptionnelle), est accordée à 20 femmes et à 15 hommes. À moins d’avoir besoin d’une remise à niveau en mathématiques, drôle de conception de l’égalité des sexes !

La contre-réforme des retraites, on en reparle ?

À l’heure actuelle, les pensions des femmes sont à l’image, en pire,des rémunérations salariales (en moyenne, 25 % de salaire en moins pour les femmes ) : elles sont inférieures de 42% à celles des hommes. La contre-réforme des retraites creusera encore plus ces inégalités.

Pour celles qui ont eu des enfants, ils compteront pour moins que dans l’ancien système.

Si cette loi est votée, on va donc perdre 30 % de nos pensions déjà amputées, enfin… si on a réussi à boucler nos trimestres, vu comme on est feignantes !

Pas de panique, il y a la revalorisation !

Mais seulement pour celles qui voudront ou pourront bosser plus… parce que pour les autres que dalle.

Dans le 2nd degré par exemple, ce sont les hommes qui effectuent très majoritairement des heures supplémentaires, (ce qui contribue fortement à l’écart de rémunération entre hommes et femmes chez les enseignant.e.s).

Blanquer, en soumettant l’augmentation des salaires des enseignant.e.s à l’augmentation de leurs tâches et de leur temps de travail, instaure une violence faite aux femmes supplémentaire. Nous, femmes, encore la plupart du temps assignées à une part plus importante de travaux domestiques, nous ne pouvons pas travailler plus !

Bien sûr, nous ne sommes pas pour augmenter le temps de travail des hommes non plus… Le progrès social passe par une diminution du temps de travail pour tout le monde.

Et n’oublions pas que plus les hommes sont obligés de passer du temps au travail, moins ils sont présents pour les tâches domestiques dites invisibles mais fortement chronophages, et plus on participe à véhiculer des schémas inégalitaires de répartition des tâches aux enfants.

Violences sexistes, sexuelles, harcèlement ?

Que se passe-t-il pour nous dans ces situations quand nous y sommes confrontées sur notre lieu de travail ? Généralement, l’administration nous oppose un silence intolérable : aucune mesure d’accompagnement des victimes n’est mise en place par l’administration. Pire encore, l’institution tente souvent d’étouffer les affaires qui la secouent : elle conseille aux personnels, et parfois même aux organisations syndicales, de garder le silence. Elle va jusqu’à enjoindre les victimes à accepter des mutations dans l’intérêt du service, comme si elles étaient la cause d’un dysfonctionnement.

On se heurte également trop souvent au silence complice de l’administration lorsque ce sont des élèves qui sont victimes de violences sexuelles.

Ce problème, bien qu’inacceptable, est invisibilisé dans les bilans sociaux produits par le ministère et les rectorats. Dans les faits, l’Éducation nationale garantit l’omerta et l’impunité aux agresseurs, qu’ils soient élèves ou personnels. L’administration se réfugie derrière le secret professionnel ou conditionne sa réponse à une éventuelle décision de justice.

Nous gagnons moins d’argent, nous avons des postes moins importants, mais bon c’est de notre faute, on n’a pas tiré la bonne carte à la naissance.

L’éducation nationale nous méprise et nous appauvrit ! Ne nous laissons pas faire, renversons la table !

Le 8 mars, grève internationale des femmes, soyons des centaines de milliers, prenons les rues de Paris. Montrons notre force ! Rendez-vous à 14h place d’Italie


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