Examens 2020 : les positions de Sud éducation

jeudi 14 mai 2020
par  Sud éducation Paris
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Troisième trimestre, examens... Retrouver un minimum de cohérence

Tract de Sud éducation Paris

Alors que les personnels du 1er degré sont contraint·es de revenir dans les écoles dans des conditions pour le moins précipitées – et sans l’excuse des « décrocheurs » puisque la présence des élèves est au choix des familles – les enseignant·es des collèges et lycées sont confronté·es au difficile problème des examens.

Troisième trimestre, examens... Retrouver un minimum de cohérence
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La position du MEN est simplement incohérente :
- examen attribué sur la base des moyennes du 1er et du 2e trimestre (DNB, Bac, E3C pour la spécialité abandonnée) mais maintien d’un oral en français en fin de 1re ;
- propos lénifiants sur la « bienveillance » mais impossibilité pour un·e élève ayant moins de 8/20 de moyenne de pouvoir tout simplement se présenter et tenter sa chance à l’examen comme n’importe quel·le « candidat·e libre » ;
- changement des règles du jeu en cours de route et prise en compte de moyennes qui ne reflètent qu’une partie de l’année puisque celle-ci a été largement perturbée après le 5 décembre et pas seulement à partir du 16 mars ;
- avertissement dans de nombreux établissements qu’il n’y aura de toute façon pas la place pour accueillir d’éventuel·les redoublant·es tout en sachant par ailleurs que ces redoublements seront très problématiques avec le nouveau bac ;
- prise en compte dans certains cas néanmoins des appréciations de bonne volonté inscrites dans le Livret alors même qu’à distance les enseignant·es n’ont aucun moyen réel d’apprécier cette bonne volonté compte tenus des nombreux paramètres de la vie familiale qui leur échappent en grande partie (et heureusement, c’est d’ailleurs pour cela qu’il y a des examens et non des rapport de police ou des approximations psychologiques) ;
- prétention à faire remplir des bulletins de troisième trimestre sans indiquer de moyenne mais en indiquant malgré tout les notes éventuelles en période de confinement dans l’appréciation, en valorisant certain·es, ce qui revient inévitablement à dévaloriser d’autres, sans que cela compte pour le contrôle continu du bac mais dans certains cas néanmoins si cela peut aider, ouvrant ainsi la boite de Pandore à toutes les inégalités entre élèves, entre établissements et entre jurys ! Des jurys qui se tiendront probablement comme les conseils de classe dans des conditions qui ne permettront même pas une véritable interaction.

Ce dispositif est juste insensé ! Il n’a rien de bienveillant, il est seulement arbitraire et sans solution équitable. Il est temps d’arrêter cette machine à piétiner.

- La seule solution rationnelle et qui est en fait la moins inéquitable à cette étape sera donc d’attribuer les examens (CFG, DNB, CAP, BEP, BAC, E3C pour la spécialité en fin de 1re, BTS) à l’ensemble des candidat·es. Le niveau général n’en sera guère affecté. Ce qui l’affecte ce sont les suppressions de postes qui continuent dans le secondaire, la précarité généralisée dans le supérieur et l’absence de dispositif de remédiation et bien d’autres problèmes que les enseignant·es subissent depuis des années.

- Concernant les bulletins de troisième trimestre, la position doit être en conséquence. Pas de moyenne comme le demande le MEN, mais pas d’appréciation non plus (ni d’indication de note) visant à orienter un contrôle continu que les professeur·es ne maîtrisent pas. Ce n’est pas une affaire de bonne conscience, c’est un problème de cohérence !

SUD éducation Paris appelle donc les collègues à remplir les bulletins avec une appréciation du type : Pas de note durant la période de confinement . X ou Y mérite d’obtenir le [DNB, CAP, BAC...]

Appel du Lycée Autogéré de Paris, du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire, du Micro-Lycée 93, de la CNT éducation et de Sud éducation

2020, les examens pour toutes et tous !

Nous demandons pour cette cette année que tous les jeunes devant se présenter un examen (bac pro et général, DNB, BEP, CAP, BTS, CFG…), l’obtiennent de fait.

Nous, enseignant•e•s, parents, élèves, considérons que tou•te•s les inscrit•e•s au bac pro, bac général, DNB, BEP, CAP, BTS, CFG… doivent être reçu•e•s. Cette année est exceptionnelle à plus d’un titre, et aucun•e de ces élèves n’a pu préparer son examen dans les conditions habituelles.

La large mobilisation contre la réforme des retraites n’a pas seulement mobilisé les enseignant•e•s, les étudiant•e•s et les lycéen•ne•s, mais aussi la société dans son ensemble, entraînant une suppression de cours dans de nombreux établissements scolaires en décembre et en janvier.

Puis les blocus lycéens contre la mise en place des E3C se sont renforcés en janvier et février. Pour finir, il y a eu la fermeture des écoles le lundi 16 mars et le confinement depuis le 17 mars.

On nous annonce actuellement un dé-confinement pour les collèges à partir du 18 mai et potentiellement à partir de début juin pour les lycées : en demi-groupe, en présentiel, à distance...
La continuité pédagogique reste balbutiante et très insatisfaisante pour les élèves et les enseignant•e•s. Elle n’a de continuité et de pédagogique que le nom. Si chaque enseignant•e a fait ce qu’il ou elle a pu de son côté, il a manqué, pour les élèves, une vraie préparation et, pour les professeur•e•s, une concertation large pour mettre en place cette prétendue "continuité".

Quel•le enseignant•e peut, aujourd’hui, décider par un contrôle "continu" de 3e trimestre qui sera largement amputé que tel•le élève mériterait, plus que tel•le autre, d’accéder au sésame ? Et comment peut-on sans injustice transformer après coup les évaluations formatives des premiers mois, présentées à l’époque comme de simples entraînements, en évaluations décisives ayant la valeur d’épreuves d’examen : quid de celles et ceux qui, chaque année, font une année jugée passable ou même insuffisante et qui, finalement, réussissent ? Comment classer, évaluer, décider dans ces conditions ? Nous nous y refusons.
Nous ne souhaitons à aucun•e élève de terminale de se voir contraint de redoubler, sauf si elle ou il en exprime le besoin, du fait de cette situation et affronter une nouvelle année dans le cadre de la réforme qui arrive et qui bouleverse leurs repères et leurs programmes du tout au tout !

Nous affirmons que cette année doit être validée pour toutes et tous.

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Annonces sur les examens : SUD éducation appelle à délivrer le baccalauréat et le DNB à tou-te-s les candidat-e-s inscrit-e-s

Communiqué de la fédération SUD éducation

Vendredi 3 avril, le ministre Blanquer a fait un certain nombre d’annonces concernant les modalités de tenue des examens. La principale annonce consiste au contrôle continu des examens du second degré, Diplôme national du brevet et Baccalauréat pour les différentes filières et séries. Seront ainsi prises en compte les notes des deux premiers trimestre ainsi que celles du troisième trimestre si le confinement s’arrêtait suffisamment tôt. La deuxième session des E3C est annulée, et remplacée par une moyenne de la première et de la troisième session des E3C, pour par la moyenne des notes de l’année de première pour les spécialités que l’élèves ne poursuivraient pas en terminale. Dernière annonce importante, les élèves devront obligatoirement être présent-e-s en classe jusqu’au 4 juillet.

Annonces sur les examens : SUD éducation appelle à délivrer le baccalauréat et le DNB à tou-te-s les candidat-e-s inscrit-e-s
Communiqué de SUD éducation
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Ce dispositif pose un certain nombre de difficultés. Le passage de la totalité des examens en contrôle va créer une inégalité plus importante encore entre les élèves en fonction de l’établissement dans lequel ils et elles sont inscrit-e-s. On sait que c’est un projet central de la part du ministre, ainsi qu’on a pu le voir avec la mise en place du “Bac Blanquer” et des E3C. De manière pragmatique, la délivrance du baccalauréat va produire des situations de rupture d’équité entre candidat-es. D’une part, les notes données au début de l’année ne reflètent pas nécessairement la motivation des élèves, et sont parfois fonction de stratégies d’évaluation voulues par les professeur-e-s (qui notent parfois plus durement au premier trimestre, par exemple), qui ne savaient pas au moment de noter que les notes compteraient pour l’examen, de même que les élèves. D’autre part, on peut douter de la valeur des évaluations lors d’un éventuel retour après le confinement, tant les conditions d’études auront été perturbées par cette crise sanitaire sans précédent. SUD éducation tient à rappeler que la réouverture des écoles ne doit pas s’effectuer tant que la sécurité et la santé des personnels n’est pas pleinement garantie. La prudence la plus grande doit prévaloir en la matière.

Certes, la crise sanitaire bouscule nécessairement la passation des examens. Mais pour les raisons évoquées ci-dessus notamment, il n’est pas raisonnable d’opter pour le passage des examens en contrôle continu. Pour SUD éducation, la seule solution est de délivrer le baccalauréat et le DNB à tou-te-s les candidat-e-s inscrit-e-s. La crise sanitaire que l’on connaît est un événement suffisamment exceptionnel pour qu’un tel dispositif soit mis en place, de manière également exceptionnelle.

SUD éducation réclame toujours l’abrogation de la réforme du bac et des lycées, et l’abandon des E3C.

SUD éducation appelle à délivrer le baccalauréat et le DNB à tou-te-s les candidat-e-s inscrit-e-s en garantissant le redoublement à celles et ceux qui le souhaitent dans leur établissement.

Aménagement des examens et confinement : les obsessions de Blanquer

Tract de la fédération SUD éducation

Le 3 avril, Jean-Michel Blanquer a fait un certain nombre d’annonces concernant les modalités de passation des examens cette année. Malgré l’ampleur de la crise sanitaire, le ministre laisse libre cours à ses obsessions autoritaires, libérales et réactionnaires.

Obsession 1 : contrôle continu et assiduité au programme
Obsession 2 : des notes pendant le confinement
Obsession 3 : le tri social avec Parcoursup
Obsession 4 : des cours de rattrapage pendant les vacances et cet été !

Aménagement des examens et confinement : les obsessions de Blanquer
Tract de SUD éducation
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Annonces sur les examens : SUD éducation fait le point

Analyse de la fédération SUD éducation : les épreuves terminales, le Brevet, le bac de français en 1re, les E3C, dans la voie professionnelle et en BTS

Annonces sur les examens : SUD éducation fait le point
Analyse de SUD éducation
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Le bac en contrôle continu ? Encore une fausse bonne idée de Jean-Michel Blanquer

Communiqué de Sud éducation Paris au lycée Maurice Ravel

Les annonces du ministre sur le bac (général et technologique) vendredi pourraient paraître à première vue assez raisonnables : pour l’essentiel un contrôle continu, de telle sorte qu’il y ait la possibilité de prendre en compte un éventuel prolongement de la crise sanitaire et un confinement plus long que prévu. Le ton se veut aussi bienveillant, tant à l’égard des élèves que des personnels, tout en affirmant qu’il faut maintenir la « crédibilité » de l’examen. La solution proposée pose néanmoins toute une série de problèmes et de questions.

Le bac en contrôle continu ? Encore une fausse bonne idée de Jean-Michel Blanquer

Donc oui, cette année, le bac pour toutes et tous ! Cela n’a rien de démagogique, c’est prendre la mesure ce qui s’est passé au cours de cette année particulière sans tomber dans de nombreuses incohérences. Ce sera plus pertinent que de maintenir à tout prix les E3C, sélectionner sur dossier via Parcoursup en faisant semblant de maintenir un examen en fin d’année, et continuer à supprimer des postes l’année prochaine sans doute pour rattraper le temps perdu cette année !
Nous avons besoin de mesures réelles pour aider nos élèves, pas de faux-semblants !


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