L’académie de Paris face à la réouverture

dimanche 17 mai 2020
par  Sud éducation Paris
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Mise à jour du 17/05

AESH : des garanties sanitaires urgentes

Depuis le lundi 11 mai, les écoles parisiennes ont rouvert leurs portes, puis ont recommencé à accueillir les élèves, malgré les alertes des organisations syndicales sur la précipitation et l’impréparation de cette reprise. Une fois n’est pas coutume, les accompagnant·es des élèves en situation en handicap ont été les oublié·es de l’organisation de cette réouverture.

Communiqué AESH des garanties sanitaires urgentes
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Retour des AED et AP au travail : inutile et dangereux

Un certain nombre de chef·fes d’établissement de l’académie imposent à l’heure actuelle aux équipes d’assistant·es d’éducation une reprise du travail dans les locaux alors même qu’aucune réouverture des collèges et lycées parisiens n’est pour l’instant prévue et que nous demeurons en zone rouge.

Communiqué Retour au travail des AED & AP : inutile et dangereux
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Mise à jour du 13/05 Compte rendu du CDEN exceptionnel

Le Rectorat affirme que 601 écoles, soit plus de 90 % des écoles de l’académie de Paris, devraient rouvrir jeudi 14 mai. Cela représenterait 23 % des élèves.
À partir du 25 mai, « tous les élèves ont vocation à retrouver le chemin de l’école ».

Les priorités d’accueil qui figuraient déjà dans le communiqué commun de la Maire de Paris et du Recteur ont été rappelées et il a été affirmé qu’à partir du 25 mai tous les élèves de l’académie avaient vocation à retourner à l’école.

La Mairie de Paris affirme pour sa part qu’elle proposera non seulement aux personnels municipaux mais aussi aux personnels de l’Éducation nationale de bénéficier d’un dépistage, même si la Préfecture rappelle que la doctrine sanitaire est de proposer prioritairement un test aux personnes symptomatiques.

SUD éducation Paris s’est exprimé pour réaffirmer que cette réouverture semblait précipitée au niveau sanitaire, au niveau logistique et au niveau pédagogique.

Déclaration de SUD éducation Paris au CDEN du 13 mai 2020
À consulter ici

Suivi des droits d’alerte et de l’approvisionnement en matériel de protection

Le Rectorat réaffirme qu’il met en oeuvre uniquement le protocole national et semble donc considérer que les droits d’alerte qui mentionnent des éléments qui ne correspondent pas au protocole (par exemple la nécessité de recevoir des masques FFP2 et non des masques chirurgicaux) recevront une fin de non-recevoir.
Une réponse sera apportée à tous les personnels ayant exercé leur droit d’alerte.

À l’heure actuelle, les écoles ne disposent que d’un stock minimal, pour les 2 jours à venir. Une nouvelle livraison de masques pour les 15 jours qui viennent devrait avoir lieu demain.

La situation des AESH

La situation des AESH a été évoquée et SUD éducation Paris est notamment intervenu pour souligner qu’il était anormal que les personnels AESH soient amené·es à continuer à multiplier les déplacements, pour accompagner parfois plusieurs élèves dans plusieurs écoles.
Le Rectorat a dit veiller à ce que les AESH se déplacent le moins possible mais nous encourageons les personnels AESH qui se trouveraient dans une situation compliquée à nous contacter.

SUD éducation Paris a par ailleurs demandé à ce que du matériel spécifique soit fourni aux AESH qui auraient, par exemple, à porter des élèves ou à les tenir par la main. Contrairement à ce qui figurait dans le document questions/réponses transmis par le Rectorat, il a été répondu qu’il n’était pas question de porter des élèves ni de s’approcher à moins d’1 m des élèves en situation de handicap.

Le Rectorat a dit qu’il ne dérogerait pas aux contrats des AESH mais qu’il serait peut-être amené à proposer des avenants aux AESH volontaires.

Conduite à tenir en cas de symptômes évocateurs du Covid-19

L’élève ou l’adulte qui présente des symptômes évocateurs du Covid-19 doit être isolé·e. L’élève est confié·e à ses parents.
Si le test effectué ensuite est positif, les services académiques ainsi que médecin scolaire sont immédiatement prévenus. L’élève ou l’adulte sera mis·e en quatorzaine et le dépistage des "cas contacts" sera mis en œuvre par l’ARS.
La décision de fermeture de la classe ou de l’école sera prise ensuite par le Rectorat.

Pour l’instant, le fait de contracter le Covid-19 sur son lieu de travail ne relève pas de la maladie professionnelle.
Un protocole a été établi par le Rectorat, en lien avec l’ARS et le service de santé scolaire de Paris.

Mise à jour du 10/05 Courrier au rectorat concernant la situation des AESH

Sud éducation Paris s’est adressé au Conseiller Technique ASH auprès du Recteur et à l’IEN ASH3 concernant la situation des AESH : "Nous avons eu connaissance ce matin d’un mail envoyé à certain-es collègues AESH de l’Académie concernant la ré-ouverture des écoles à partir du 11 mai. Cette information très parcellaire ne répond pas aux attentes des collègues et ne semble pas déterminer un cadrage académique. Par ailleurs plusieurs points nous posent problème" Lire la suite :

Courrier AESH 10mai2020

Mise à jour du 05/05 Compte rendu de la réunion avec le Rectorat

Une nouvelle réunion avec le Rectorat s’est tenue ce mardi 5 mai et a permis aux organisations syndicales de poser des questions concernant la réouverture envisagée des écoles à partir du 11 mai.
La position commune d’opposition à cette réouverture dans les conditions actuelles a été rappelée.
Sans surprise, l’académie confirme que le 11 mai est la date de la « reprise progressive et concertée » de l’accueil des élèves dans les écoles à partir du 14 mai, après 2 jours et demi de « pré-rentrée ».

SUD éducation Paris avait envoyé une série de questions au Rectorat mais nous n’avons obtenu que peu de réponses précises pour l’instant :

Questions de SUD éducation Paris
À consulter ici

L’académie réaffirme que ce sont les équipes pédagogiques qui doivent définir les modalités de reprise, en lien avec la mairie (qui interviendra, via les Caspe, pour aider à l’aménagement des locaux) et avec les parents. L’académie indique qu’il sera possible de jouer sur la part de présentiel et de distanciel en fonction des personnels (certain-es pourraient ainsi continuer l’enseignement à distance tandis que d’autres se chargeraient de l’accueil à l’école) et en fonction des élèves (sachant que les enfants de personnels indispensables à la gestion de l’épidémie doivent être accueillis à temps complet).
C’est ensuite l’IEN qui valide ou pas le modèle d’organisation et c’est enfin le préfet qui arrête la liste des écoles qui doivent rouvrir.

Mesures de protections et matériels / Tests

Des nettoyages préalables seront organisés par la Ville de Paris, que ce soit dans les locaux qui n’ont pas accueilli des élèves depuis le 16 mars ou dans les locaux qui ont permis l’accueil des enfants de personnels soignants.
La Ville de Paris sera responsable du nettoyage régulier des écoles, conformément au protocole sanitaire national.

Seront livrés :
- des masques "grand public" de catégorie 1 (dont des masques disponibles pour les enfants), qui doivent être livrés dans les circonscriptions (pour le 1er degré) ou dans les établissements scolaires (pour le 2d degré) avant le retour des élèves ;
- des lingettes nettoyantes virucides (qui parviendront dans les circonscriptions en courant de semaine prochaine) ;
- des gels hydroalcooliques (qui parviendront dans les circonscriptions en courant de semaine prochaine) ;
- des thermomètres électroniques frontaux (qui parviendront dans les circonscriptions en courant de semaine prochaine).

La discussion est en cours concernant le diagnostic préalable des personnels mais, pour l’instant, rien n’est finalisé. Les procédures de mise en œuvre des tests diagnostics ne sont pas encore arrêtées avec l’ARS.

Le service de santé scolaire sera mobilisé pour accompagner la formation des équipes éducatives.

Accueil des enfants en situation de handicap ou à besoins particuliers

Une réflexion est en cours concernant l’accueil des enfants en situation de handicap, en lien avec l’ARS, la Mairie de Paris et la MDPH.

Au sein de l’académie :
- un protocole va être mis en place pour la prise en charge des élèves très marqué-es par le confinement ;
- un protocole est en cours d’élaboration pour que les écoles sachent comment réagir face à des élèves qui mettraient en danger les autres élèves et se mettraient eux-mêmes et elles-mêmes en danger.

Les conditions de reprise des AESH sont en cours de discussion.

Position administrative des personnels

- Les personnes "à risque" ou les personnes qui vivent avec une personne "à risque" pourront, "de droit" (sur présentation d’une attestation médicale), bénéficier d’une autorisation d’absence ou pourront poursuivre le travail à distance.

- Les personnels qui n’ont pas de solution de garde pour leur(s) enfant(s) pourront demander à continuer le travail à distance ou pourront bénéficier d’une autorisation d’absence (sans incidence sur leur rémunération) en en informant directement leur supérieur·e hiérarchique.

- Les personnels qui font le choix de garder leur(s) enfant(s) pourront également demander à continuer le travail à distance ou pourront bénéficier d’une autorisation d’absence (sans incidence sur leur rémunération) en en informant directement leur supérieur·e hiérarchique.

La situation de ces personnels avec enfant(s) sera réexaminée après le 31 mai. Ces personnels ne seront pas tenu·es de participer à la prérentrée à partir du 11 mai.

- La situation des personnels qui rencontreraient des difficultés de transport (liées au temps de transport ou au mode de transport) sera évaluée au cas par cas.

- Les titulaires remplaçant·es seront affecté·es sur une école.

Conclusion

En réaffirmant que l’objectif est de rouvrir les écoles à compter du 11 mai, l’académie conforte donc l’impression générale qui est qu’une date a été fixée (pour des objectifs économiques) et que tout le reste doit être adapté en fonction de cette date. Plutôt que de prendre le temps de réfléchir à l’organisation, de prendre le temps de se procurer le matériel de protection, nous subissons donc la mise en œuvre précipitée du plan de communication ministériel.

Modèle demande d’autorisation d’absence
Modèle de demande de maintien en travail distanciel

Suite au CTA du 28 avril, le Rectorat a indiqué que la stratégie de l’académie était de :
- attendre un cadre national
- recueillir, en interne, des réflexions sur les conditions d’une reprise selon chaque niveau scolaire
- mettre en œuvre une concertation avec la mairie de Paris et la région Île-de-France pour confronter les points de vue
- mettre en œuvre une concertation avec les OS / CDEN pour discuter des collèges et écoles
- définir un protocole de reprise.

Pour le moment, aucun cadrage académique sur les modalités de reprise n’a été défini et les demandes de chef·fes d’établissement ou d’IEN correspondent à des initiatives individuelles, qui ne répondent pas à des consignes du Rectorat.

Une nouvelle réunion d’échanges sur la situation avec le Recteur de l’académie devrait se tenir ce mardi 5 mai et un Conseil départemental de l’Éducation nationale exceptionnel devrait avoir lieu le jeudi 7 mai. Il s’agira, lors de ces deux rendez-vous, de faire remonter les revendications des personnels au sujet de cette reprise si particulière.

Nous encourageons donc dès à présent les personnels à échanger autour des conditions de reprise afin de prendre position et de faire connaître cette position (sous forme de motion ou de courrier) à la fois à l’académie et à la collectivité territoriale de rattachement (région pour les lycées, département de Paris pour les collèges, mairie pour les écoles primaires), comme l’ont déjà fait plusieurs écoles et établissements : voir dans l’article Boîte à outils contre la réouverture

SUD éducation Paris a d’ores et déjà présenté des propositions, qui peuvent nourrir la réflexion : Nos conditions de reprise

Au niveau intersyndical, les organisations parisiennes du 1er degré ont pris position ensemble pour s’opposer à la réouverture des écoles à partir du 11 mai :

Les organisations parisiennes SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-Unsa, SUD éducation, CGT Educ’Action et CNT-STE s’opposent à la réouverture des écoles le 11 mai

En annonçant de manière irraisonnée la réouverture des écoles à partir du 11 mai, le gouvernement a clairement montré qu’il ignorait la préservation de la santé des élèves, de leurs familles, et des personnels. Cette décision ne s’accompagne d’aucun plan sanitaire précis et réaliste. Cela est inacceptable. Réfléchissons, échangeons et garantissons des conditions pour une reprise progressive en toute sécurité, quand l’état de l’épidémie (au regard des données scientifiques) le permettra.

Le gouvernement a mis quinze jours à définir une méthode qui n’est pas la bonne.
Le gouvernement doit arrêter ses annonces intempestives et parfois contradictoires sur la réouverture des écoles. Pour le moment, une seule chose est sûre à propos de cette réouverture : l’impréparation générale du gouvernement ! Ces déclarations suivent les habitudes de notre ministère : lancer des injonctions sans aucune réflexion concertée préalable - directement relayées dans la presse - en oubliant sciemment des éléments clés, et en laissant chacun-e tenter de s’organiser ensuite.

Une communication franche et transparente est nécessaire ! Des masques “inutiles”, des tests “non indispensables”, une réouverture justifiée par “le sort des familles populaires”. Tout le monde a bien compris que tout cela vise à permettre la garde des enfants des parents qui devront retourner sur leur lieu de travail à partir du 11 mai.

Les familles les plus en difficulté, qui vivent dans la pauvreté, et qui sont confinées depuis trop longtemps, sont au cœur des préoccupations des personnels parisien-nes de l’éducation. Les personnels et les élèves ont envie de retourner à l’école si les conditions le permettent, mais tous-tes sont inquiet-es puisque rien n’est encore prêt. La confiance est clairement rompue !

Une réouverture prématurée.
Depuis l’annonce de cette date, de nombreuses voix s’élèvent pour avertir d’un risque sanitaire de rebond de l’épidémie (INSERM, Ordre des Médecins, Institut Pasteur, Fédération des médecins de France, et personnalités médicales et scientifiques). Le conseil scientifique a même indiqué clairement qu’il avait préconisé une réouverture en septembre. Les personnels, les élèves et leurs familles ont besoin de garanties sanitaires comme préalables indispensables à la réouverture des écoles. Hier, le Premier Ministre a confirmé que les écoles rouvriront le 11 mai.

Quand l’état de l’épidémie (au regard des données scientifiques) le permettra, nous demanderons la mise à disposition du matériel de protection nécessaire et la mise en place d’une politique massive de tests pour les personnels et les élèves, un temps conséquent laissé aux équipes avant l’arrivée des élèves pour organiser l’accueil des élèves dans un cadre décidé et concerté aux niveaux national et académique, le maintien des autorisations d’absences pour les personnels lorsque cela est nécessaire, le cadrage de l’organisation du travail sans cumul des tâches.

Les organisations syndicales parisiennes SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-Unsa, SUD éducation, CGT Educ’Action et CNT-STE exigent que la protection optimale de toutes et tous soit scrupuleusement observée et les conditions discutées avant de mettre en place des préconisations pour la réouverture de toutes les écoles, qu’elles soient ministérielles comme académiques. Ce sont des conditions sine qua non à la réouverture des écoles. Les élèves, les personnels et les familles doivent être considéré-es et protégé-es.

Même si ces conditions étaient aujourd’hui réunies, nous réaffirmons que la situation sanitaire à Paris rend impossible la réouverture des écoles le 11 mai.

Les organisations parisiennes SNUEP-FSU, CGT Educ’Action, SNETAA-FO et SUD Education s’opposent à la réouverture des LP, des SEP, des SEGPA et des EREA le 2 juin.

Lien vers la pétition

Communiqué de l’intersyndicale parisienne de la voie professionnelle

Communiqué IS LP

Devant les députés, Edouard Philippe, démentant une fois encore Jean-Michel Blanquer, a annoncé mardi 28 avril que les lycées professionnels pourraient rouvrir à compter du 2 juin après un point d’étape fin mai.

Dans la foulée, le ministre Blanquer a rendu public un protocole fixant des contraintes supposées garantir la sécurité sanitaire des personnels et des élèves.

Trois remarques s’imposent :

- Ce protocole répond, de fait, défavorablement à l’avis du CHSCT ministériel réuni le 3 avril qui « exige la mise en place du dépistage systématique comme le préconise l’OMS, à commencer par celui des personnels ayant des symptômes et ceux ayant été en contact avec des personnes infectées, de tous les personnels travaillant dans les pôles d’accueil des enfants de soignants ou ceux s’étant rendu sur leur lieu de travail ces trois dernières semaines, ainsi que de tous les personnels à risque ». Plus directement, le CHSCT « demande un dépistage généralisé des personnels et des élèves comme préalable à toute reprise d’activité ».

- Plus fondamentalement, nous rappelons que le Conseil scientifique dans un avis le 20 avril s’est prononcé défavorablement à la réouverture avant septembre ; que l’INSERM a émis un avis défavorable quant à cette réouverture précoce ; que le président du Conseil national de l’Ordre des Médecins a déclaré « il n’y a pas d’explication médicale à déconfiner dans le milieu scolaire en premier » ; que le président de la Fédération des Médecins de France a expliqué que « l’ouverture des écoles (…) est un risque inutile » ; que le chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris expliquait le 15 avril : « Je vous rappelle que dans l’Oise beaucoup d’enseignants sont tombés malades et les enfants testés étaient assez fortement positifs », etc.

- Ainsi que le relate le journal l’Opinion (29 avril) : « Édouard Philippe a glissé, mardi, au milieu de son discours sur le plan de déconfinement : « Hier, j’ai reçu du directeur général de la Santé des modélisations moins favorables. Parce que les comportements se relâchent. Parce que la baisse des hospitalisations est trop lente. » Il a appelé́ à une « extrême prudence ». » Et pour cause : un document synthèse de huit pages élaboré par Public Heath Expertise, société française spécialisée dans la modélisation des maladies, et une équipe d’épidémiologistes de l’AP-HP et de Columbia University spécialisée sur le Covid-19 anticipe une deuxième vague. Et l’Opinion de préciser que « le masque est un outil efficace. Si la population en est dépourvue, la mortalité pourrait toucher à terme 165 000 personnes, même avec les gestes barrières. Avec des masques, le bilan tombe à 85 000 morts. Toutefois, le modèle de l’AP-HP prédit que les services de réanimation arriveraient là encore à saturation, malgré la stratégie « masques, tests, distanciation physique ». Ce triptyque serait donc efficace, mais insuffisant à empêcher une deuxième vague épidémique. »

Paris est classé « rouge » !

Alors même que Paris et la petite couronne (qui viennent d’être classés « rouge » !) connaissent un nombre de morts et une saturation des hôpitaux sans précédent, considérant les différents avis scientifiques et cette toute dernière modélisation, l’obstination du gouvernement ne peut que susciter une stupeur légitime.

Le fiasco du gouvernement dans les services hospitaliers et les EHPAD ne suffit-il pas ? Après une gestion calamiteuse, faudrait-il maintenant subir une « sortie » hasardeuse ?

Reprendre les transports et les cours en juin pour quelques semaines au risque de contaminer élèves et personnels ? Reprendre en juin devant quelques élèves tout en continuant, au nom de la « continuité pédagogique », à assurer l’enseignement à distance ? De qui se moque-t-on ?

À M. Blanquer, à M. le Recteur, nous disons : n’ouvrez pas les LP, les SEP, les SEGPA et les EREA à Paris le 2 juin !

Ces petits jeux d’apprentis-sorciers doivent cesser. Les personnels sont fatigués des palinodies, injonctions contradictoires, mensonges et volte-faces du gouvernement. Plus que jamais, la confiance est rompue. Pour redonner de la sérénité aux personnels comme aux élèves, il faut acter de façon responsable que l’année scolaire est terminée à Paris dans les lycées professionnels, les SEP, les SEGPA et les EREA.

Pour justifier son entêtement, le ministre Blanquer se dit préoccupé par le sort des élèves de la voie professionnelle. Tiens donc ? Si tel est le cas, qu’il rétablisse les 43 postes de PLP supprimés à Paris pour la rentrée 2020 ; qu’il abroge immédiatement certains dispositifs comme la co-intervention et le chef-d’œuvre afin de redonner du temps aux disciplines ; qu’il mette en œuvre un vaste plan de financement de l’enseignement professionnel public dès la rentrée de septembre pour redonner du temps d’enseignement, notamment en groupe restreint, aux élèves qui en auront été privés. Sans tout cela, les déclarations compassionnelles du ministre Blanquer ne sont qu’une comédie cynique…

D’ores et déjà, nos organisations déposent un préavis afin de couvrir les personnels qui ne reprendront pas.

- À Paris, pas de reprise des LP, des SEP, des SEGPA et des EREA le 2 juin
- Rétablissement des 43 postes de PLP supprimés
- Abrogation immédiate de certains dispositifs comme la co-intervention et le chef-d’œuvre afin de redonner du temps aux disciplines
- Vaste plan de financement de l’enseignement professionnel public dès la rentrée de septembre pour redonner du temps d’enseignement, notamment en groupes restreints, aux élèves qui en auront été privés


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