Pour que le monde d’après ne soit pas comme le jour d’avant : le 16 juin faisons exploser notre colère !

mardi 9 juin 2020
par  Sud éducation Paris
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Depuis des années, les personnels hospitaliers alertent sur le délabrement des hôpitaux, les réductions de personnel et les fermetures de lits, en résumé sur la « rationalisation managériale » des dépenses qui entraine que les patient·es sont traitées avec un chronomètre en main, avec de moins en moins moyens humains et financiers et de moins en moins de temps pour une attention de qualité. Cela fait des années également qu’en tant qu’usagers et usagères, nous remarquons que la situation du service public de santé se dégrade dangereusement. Mais qui a envie de penser à maladie, à la fin de vie… bref à l’hôpital ? Souvent, quand on n’est pas malade ou avec des proches malades, on préfère tenir éloignée de nous l’idée de la maladie, de la douleur ou de la mort . Et quand on commence à devoir fréquenter sérieusement les hôpitaux, pour nous même ou pour notre entourage, il devient difficile de trouver l’énergie ou le temps se mobiliser… c’est bien souvent pour cela que les soignant·es et personnels travaillant dans les hôpitaux se sont retrouvé·es seul·es dans les manifestations pour dénoncer la dégradation de la qualité des soins et de leurs conditions de travail provoquée par les politiques libérales.

Tract 16 juin pour l’hôpital public
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Avec l’épidémie de Covid-19 les conséquences de la destruction du service public de santé nous ont explosé en pleine figure. Chaque soir à 20h nous avons applaudi les soignant·es et toutes les fameuses premières lignes obligé·es d’aller bosser. Nous avons gueulé des slogans rappelant que, au moins autant que le coronavirus, ce sont le délabrement des hôpitaux, le manque de personnel dans les EPAHD et les mauvais choix politiques qui ont causé des dizaines de milliers de morts. Nous avons accroché des banderoles à nos fenêtres… Maintenant il est temps de battre le pavé pour rappeler que, non seulement nous n’oublions pas, mais que nous sommes prêt·es à passer à l’offensive. Le mardi 16 juin les personnels hospitaliers appellent à une journée d’action pour sauver l’hôpital public et pour obtenir des conditions de travail et des rémunérations meilleures. Ne ratons pas ce rendez-vous !

Il ne s’agit pas seulement d’une solidarité fondamentale avec celles et ceux qui ont su assurer le soin de la population dans des conditions terribles, mettant leur santé, voire leur vie, en danger, sans masques protecteurs et sans blouses dignes de ce nom. Nous devons aussi rappeler haut et fort que le service public de santé, les services publics de façon générale, sont les seules choses qui appartiennent à toutes et à tous, y compris à celles et ceux qui ne possèdent rien. Depuis plus de 30 ans c’est un bien commun qui est sans cesse rogné et attaqué et c’est ce bien commun qu’il faut reconquérir, le 16 juin étant une étape !

Dans l’éducation comme ailleurs, la crise sanitaire a contribué à faire sauter des verrous : les personnels ont été et sont maintenus dans une précarité maltraitante quant à leur situation. Organiser et réorganiser sans cesse l’accueil des élèves, ne savoir parfois que la veille pour le lendemain si il sera possible de garder ses propres enfants ou non, assurer à la fois le travail à distance avec les élèves ne pouvant pas retourner à l’école et le travail en présentiel en classe, trier les enfants qui pourront ou non être accueilli·es à l’école... Et parmi tout cela, travailler dans des conditions sanitaires mettant parfois notre propre santé en péril et nous obligeant à mettre en œuvre un protocole sanitaire inapplicable, qui ne leur laisse quasiment aucun temps de pause dans la journée… Au milieu de ce naufrage, Blanquer essaie même de faire croire qu’il se préoccupe en premier lieu des élèves dans les situations les plus précaires alors qu’il organise un système scolaire qui concentre ses efforts sur les plus favorisé·es. Les zones d’implantation des EPLEI, ces écoles internationales d’élite instituées par la loi Blanquer tout comme les cadeaux aux écoles privées en sont la preuve , de même que 2C2S, dispositif de prise en charge des enfants en dehors de la classe qui va permettre un transfert de compétences de l’Éducation nationale vers les collectivités et entraînera ainsi un accroissement des inégalités entre les territoires en matière d’offre de formation.

La crise sanitaire, outre le fait qu’elle a été très mal gérée par l’État dans tous les secteurs, est utilisée pour faire avancer des projets libéraux, réactionnaires et liberticides : plus de contrôle des personnes, de leurs déplacements notamment, mais aussi lancement d’applications permettant une surveillance digne de la littérature orwellienne, accentuation du télétravail qui favorise l’atomisation des équipes, remise en cause du temps de travail pour nous faire travailler plus, remise en cause des salaires et des conditions de travail... Toutes ces attaques du libéralisme autoritaire sont accompagnées d’un classique chantage à l’emploi ou à l’union nationale face à une crise annoncée comme sans précédent.

Face à cela, ces dernières semaines nos capacités collectives à relever la tête ont retrouvé de la vigueur grâce aux plus fragilisé·es et exposée·es socialement d’entre nous. Le samedi 30 mai une manifestation interdite réunissait plusieurs milliers personnes, la plupart sans papiers, pour réclamer leur régularisation et de nouveaux droits. Les mardi 2 juin et samedi 6 juin, des dizaines de milliers de personnes, la plupart issues des quartiers dits populaires et racisées, ont bravé les interdictions de manifester pour dénoncer les violences policières et le racisme d’État, en France comme aux États-Unis.

Ces interdits bravés la tête haute ne doivent pas rester sans lendemain : toutes et tous en grève et dans la rue le mardi 16 juin, avec les soignant·es, pour nous réapproprier ce qui nous appartient, les services publics, qu’ils soient de santé ou d’éducation, et pour que le monde d’après ne soit pas encore pire que celui d’avant !


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