Motion des personnels de la cité scolaire Voltaire réuni-es en AG le 4 septembre

dimanche 6 septembre 2020
par  Sud éducation Paris
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Nous, personnels de la cité scolaire Voltaire, avons pris connaissance des conditions de la rentrée scolaire.

Depuis plusieurs années, notre établissement scolaire est victime, comme d’autres, de règles d’affectations en seconde qui alimentent les discriminations sociales et scolaires au lieu de les combattre. Nous accueillons un public scolaire fragile, accusant un niveau scolaire à l’entrée en seconde nettement inférieur à la moyenne parisienne, ainsi qu’un retard scolaire plus important.

A ces règles d’affectations qui mettent à mal l’égalité entre établissements s’ajoute une politique d’affectation de moyens qui ne cesse de destabiliser notre établissement. Le Rectorat considère en effet notre établissement comme une variable d’ajustement.

Pendant des années, nous avons dû subir des créations de classes de seconde, de classes de redoublants de terminale pendant l’été, voire à la veille même de la rentrée de septembre, déstabilisant les enseignements. Les postes n’étant pas créés, ce sont des personnels précaires qui ont dû assurer l’encadrement des élèves.

Alors que les postes manquants étaient enfin créés, les Rectorat a décidé depuis deux ans de supprimer de nombreuses classes, de nombreux postes. Ce sont au total 13 postes, soit près de 10% de l’encadrement de l’établissement, qui ont ainsi disparu en deux ans.

Nous avons alerté le Rectorat dès février dernier sur l’absurdité de ces suppressions de classes et de postes et sur le risque que des classes soient recréées durant l’été. Le Rectorat nous a affirmé que ce ne serait pas le cas. Nous avons réitéré notre alerte début juillet où nous défendions en particulier le poste d’un collègue de physique, poste injustement supprimé puisqu’il restait suffisamment d’heures justifiant son maintien. Le Rectorat nous a affirmé qu’il n’y aurait pas de modification de structure.

C’est pourtant en plein cœur de l’été, une fois les postes supprimés que nous avons appris la création d’une nouvelle seconde. Une seconde représentent 38,5 h de DHG soit l’équivalent de deux postes complets. Mais ces postes n’y sont plus car ils ont été supprimés et ce sont donc à des personnels précaires qu’on demande aujourd’hui d’effectuer ces heures, ou à des collègues en poste qu’on impose des heures supplémentaires.

Malgré ce traitement scandaleux dont nous sommes déjà victimes, le Rectorat veut maintenant revenir sur son engagement à limiter nos effectifs de seconde à 30 élèves par classe. Il s’y était engagé au titre de la fragilité du public scolaire que nous accueillons, public que l’on peut d’ailleurs supposer fragilisé davantage encore par l’épisode de COVID qui a coupé les élèves de l’école depuis plusieurs mois. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient !

Le Rectorat revient sur cette décision car plus de 250 élèves de seconde sont sans affectation dans l’académie de Paris. Tout cela était bien évidemment prévisible et résulte des nombreuses suppressions de classes et de postes dans l’académie et en particulier dans notre établissement. Nous refusons toute augmentation d’effectifs en seconde.

Pour permettre d’accueillir tous les élèves, le Rectorat doit rétablir les moyens et les postes supprimés à Paris. A Voltaire, il doit rétablir les deux postes correspondant à la nouvelle seconde créée, en particulier celui de notre collègue de Physique. Il doit mettre en place une politique d’affectation qui lutte efficacement contre les discriminations sociales et scolaires à Paris. Il doit offrir une formation aux personnels précaires, leur assurer une garantie d’emploi et leur titularisation.

Les personnels de la cité scolaire Voltaire réunis en assemblée générale le 4 septembre 2020 et les syndicats SNES, FO et SUD-éducation.


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