Familles allophones et COVID 19 : SUD éducation Paris s’adresse à l’ARS

mercredi 16 septembre 2020
par  Sud éducation Paris
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Courrier ARS 16092020

Madame, Monsieur,

Nous nous permettons de vous écrire afin de vous signaler un fait qui dans le contexte sanitaire actuel nous semble problématique.

Nous avons dans les écoles parisiennes, plusieurs élèves allophones arrivant.es dont les familles sont locutrices d’autres langues que le français.

Lorsque des cas de covid19 sont avérés dans les établissements scolaires, toutes les familles sont destinataires de courriers de l’ARS et notamment d’une lettre d’information aux familles des élèves non contacts de l’ARS qui stipule :
« Un cas confirmé d’infection Covid-19 est survenu dans l’établissement scolaire fréquenté par votre enfant. D’après l’enquête réalisée par nos services, votre enfant n’a pas été identifié comme un contact à risque du cas confirmé. Dans ces conditions, aucune autre mesure n’est recommandée autres que celles préconisées en population générale (gestes barrières). Si toutefois, dans les 14 jours qui viennent, il présente des symptômes évocateurs (toux, éternuement, essoufflement, mal de gorge, fatigue, troubles digestifs, fièvre ou sensation de fièvre…), nous vous invitons à consulter sans délai votre médecin traitant et à informer le directeur de l’établissement. »

Des enseignant.es d’une école du 19e dotée d’une UPE2A qui ont été confronté.es au problème ont pris l’initiative de traduire cette lettre en anglais, langue comprise par plusieurs parents dont les enfants sont dans le dispositif mais il leur a été demandé par leur hiérarchie (à l’oral) de ne pas le faire car il appartenait à l’ARS de faire cette traduction. La situation évoluant malheureusement très vite, nous souhaitons donc savoir si il peut être du ressort de vos services de permettre que ce problème se résolve rapidement. 

La longue tradition jacobine qui détermine beaucoup de choix politiques en France ne favorise pas la systématisation de la traduction de documents administratifs, ce que notre organisation syndicale regrette même si nous savons que le fait de ne pas proposer aux personnes ayant une maîtrise limitée du français des services garantissant leur compréhension ne peut être juridiquement assimilé à une discrimination. Toutefois, au-delà de ces considérations, nous voulons croire que vous avez conscience que la traduction de tels courriers, en anglais mais aussi dans une ou plusieurs langues dont plusieurs personnes vivant en France ont l’usage, ne peut faire débat actuellement en terme de santé publique. En effet, ce courrier informe non seulement les familles sur la situation dans leur école mais il les appelle aussi à la vigilance dans un souci de non propagation du virus. Il serait donc éminemment souhaitable qu’il puisse être traduit dans des langues accessibles aux familles allophones.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions, Madame, Monsieur, de croire en notre attachement au service publique d’éducation.


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