Le Collectif Christine Renon appelle à une marche le samedi 26 septembre

mardi 22 septembre 2020
par  Sud éducation Paris
popularité : 2%

Le Collectif Christine Renon lance, un an après le suicide de cette professeure des écoles sur son lieu travail, un appel à marcher samedi 26 septembre 2020 en partant à 14h du métro Quatre chemins.
Ci-dessous : • l’appel du collectif • et l’appel de soutien de la Fédération SUD éducation.


TRACT
Cliquez sur l’image pour télécharger le pdf
AFFICHE
Cliquez sur l’image pour télécharger le pdf

Pour faire face, faisons front : marche du 26 septembre ensemble contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation !

Il y a un an, Christine Renon, enseignante à Pantin, se suicidait sur son lieu de travail. Dans une lettre accablante, elle dressait un constat dramatique de la charge qui pèse sur les épaules des directrices et directeurs d’école quand les reformes s’empilent et que les moyens s’amoindrissent.

Ces contraintes entravent le sens que tous les professionnels de l’éducation donnent à leur métier. Entre 2018 et 2019, 58 suicides ont endeuillé l’Education nationale.

Dans cette même lettre, Christine Renon soulignait également le désarroi des familles, et leur colère.

Dans d’autres villes du 93 cette année, d’autres drames dans la communauté́ éducative : Kewi Yikilmaz, 15 ans, tué en marge d’un cours d’EPS aux Lilas et Djadje Traore, 19 ans, assassiné en bas de chez lui à Saint- Ouen, tous deux scolarisés au lycée d’Alembert à Aubervilliers. Les enseignants de cet établissement
relatent une violence qui règne en maître, une violence qui est d’abord sociale, économique, scolaire, policière et raciale, dont leurs élèves sont les premières victimes et qui, très tôt, scelle leurs destins.

Depuis, silence, ou presque. Elèves, parents, enseignants, souffrent, et personne ne répond. Il ne s’agit pas simplement d’une problématique de « sécurité́ publique » ou de détresse personnelle, comme cela a pu être dit. Il ne s’agit pas non plus de saupoudrer de quelques millions nos services publics.

Il s’agit d’un département, la Seine-Saint-Denis, jeune, peuplé, dynamique, mais aussi le plus pauvre de France métropolitaine. En regard, un service public de l’éducation exsangue, loin d’être à la hauteur de l’enjeu, du chagrin, de l’espérance. Rappelons cette injustice folle, énoncée dans un rapport d’information
parlementaire en 2018 : « Le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis ».

Ce climat s’est encore aggravé avec la crise sanitaire que nous traversons. Nous avons entendu les discours promettant de lutter contre les inégalités à l’école, en particulier dans le 93. Depuis, rien n’est venu. Dans nos écoles, pour les équipes éducatives et pour les élèves, rien n’a changé́. La situation sociale et économique des familles s’est même dangereusement détériorée dans le département.

Ici, on peut mourir dans l’indifférence. Ici, nous marcherons pour exiger d’être entendus, comme tous les citoyens du territoire et pour que les noms de Christine, Kewi et Djadje, mais aussi d’Oliver, Aboubacar, Henry, Fossary , enfants du 93 et des quartiers populaires, ne soient pas oubliés. Ici, nous réclamons une école publique sereine et émancipatrice, pour les enfants, leurs parents et leurs enseignants.

Marchons ensemble le 26 septembre 2020, contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation.

Le Collectif Christine Renon, le mouvement Tous unis contre la violence, Kolombe et les Mères combattantes du 19e.

Mail : collectif.pantin@gmail.com

facebook.com/Collectif-Christine-Renon-102187148047548/

Twitter : https://twitter.com/CollectifRenon


Appel de la Fédération SUD éducation
Cliquez sur l’image pour télécharger le pdf

Un an après la mort de Christine Renon, on n’oublie pas, on ne pardonne pas

Ce communiqué a été publié le 21/09/2020

Le suicide de Christine Renon a bouleversé les personnels de l’Éducation nationale. Dans une lettre qu’elle adresse à ses collègues avant de mourir le 24 septembre 2019, cette directrice d’école de Pantin décrit avec beaucoup de vérité les difficultés qui font le quotidien des personnels ainsi que le manque de soutien de l’institution.

La mort de Christine Renon a mis au jour une réalité trop souvent niée par l’Éducation nationale : celle de la dégradation des conditions de travail. Les personnels sont confronté-e-s à la précarité grandissante des habitant-e-s du département sans bénéficier des moyens nécessaires pour y faire face. La charge de travail est toujours plus importante alors que les conditions matérielles sont déplorables. L’État a reconnu le caractère imputable au service de la mort de Christine Renon et pourtant un an après, les réponses de l’administration sont largement en-deçà des besoins et des enjeux. Avec 86 médecin-ienne-s du travail pour plus d’un million de personnels et une gestion de management des ressources humaines, la situation ne cesse de se dégrader. Le Ministre Blanquer s’entête dans ses projets de réformes impopulaires : après la loi pour l’École de la confiance et les réformes du bac et du lycée, il entend s’attaquer aux directions d’école pour renforcer une organisation hiérarchique et pathogène du travail, calquée sur celle des collèges et des lycées.

La Fédération SUD éducation se joint à SUD éducation 93 pour relayer l’appel du collectif de Pantin à la marche contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation et appelle tous les personnels à continuer de se mobiliser pour défendre leurs droits et pour un changement radical de politique éducative : l’intérêt du service public d’éducation et la santé des personnels doivent prévaloir sur les impératifs budgétaires et les logiques managériales.


Annonces

Pratique







PNG