Un plan d’urgence pour l’éducation - CR du CTA du 13 octobre 202 et du CDEN du 15 octobre 20200

mardi 13 octobre 2020
par  Sud éducation Paris
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Le comité technique académique (CTA) du 13 octobre était consacré au bilan de la rentrée scolaire 2020. L’occasion, pour SUD éducation Paris, de dénoncer les ordres incompréhensibles, de pointer les nombreux dysfonctionnements et de revendiquer une nouvelle fois un plan d’urgence pour l’éducation.

Déclaration de SUD éducation Paris au CTA du 13 octobre 2020
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Pour répondre, le Recteur salue certes l’engagement des personnels d’éducation pour éviter la catastrophe scolaire mais considère pour autant qu’il ne s’agit pas de « se flageller » et prétend que le gouvernement et le ministère ont mis en œuvre des moyens suffisants. Il insiste notamment sur le fait que les masques en tissu fournissent le même niveau de protection que les masques « en papier ». Pourtant, non seulement ces masques en tissu ne sont pas assez protecteurs mais en plus ils seraient nocifs, comme le révèlent plusieurs articles.
S’agissant des évaluations nationales standardisées, elles seraient selon lui nécessaires pour ne pas laisser les élèves décrocher et pour comparer les écoles les unes avec les autres. Est-ce à dire que les évaluations préparées par les enseignant·es en charge des classes ne suffisent pas ? Et à quoi servent-elles, concrètement, pour les enseignant·es et les élèves ?

Ne répondant par ailleurs pas aux nombreuses questions posées par les organisations syndicales, le Recteur met quant à lui l’accent sur la loi contre le séparatisme et sur la convention signée avec la préfecture de police pour éviter les « rixes » dans certains quartiers. Il vante également le futur « Grenelle » de l’éducation, qui devrait apporter un renouveau en matière d’accompagnement des personnels.

L’amélioration des conditions de travail des AESH ferait partie des préoccupations du Rectorat mais aucune annonce concrète ne vient étayer ce beau discours. Seule nouvelle : les masques inclusifs (permettant la lecture labiale), qui sont demandés depuis la rentrée, seront mis à disposition à partir de demain.

Situation sanitaire

Le Rectorat dresse un bilan rapide de la situation sanitaire :
- le 8 octobre 2020, il y avait 370 cas confirmés et 522 cas contacts ;
- le 12 octobre 2020, il y avait 543 cas confirmés et 1105 cas contacts.
Cela ne se traduit pour autant pas par des fermetures de classes en nombre important : il n’y avait que 7 classes fermées le 8 octobre et 6 classes fermées le 12 octobre.
Depuis le 5 octobre, c’est la cellule Covid au Rectorat qui recueille les informations des collèges et des lycées, avec les médecins présents. C’est cette cellule qui prévient les familles et les personnels.
Dans le 1er degré, c’est la Dases qui est en charge de ce travail de traçage.
Le réassort des masques au niveau du Rectorat est en cours et ils seront ensuite livrés dans les circonscriptions. Pour ce qui est des EPLE, ce sont aux établissements de se fournir auprès du Rectorat. Dans tous les cas, il s’agira encore de masques en tissu...

Bilan de la rentrée scolaire 2020

Dans le premier degré public, la baisse du nombre d’élèves (- 3 723 élèves) est plus forte qu’attendue. Dans le premier degré privé, le nombre d’élèves est également en baisse. Derrière ces statistiques, il y a la réalité du coût de la vie qui devient intenable pour de nombreuses familles à Paris et du manque criant de logements sociaux.

S’agissant du plan de continuité pédagogique, le Directeur d’académie a affirmé que les indications envoyées aux écoles relevaient de recommandations et non de prescriptions (sur le plafonnement des classes notamment).

Le Rectorat a déclaré qu’il allait faire un état des lieux des effectifs en UPE2A, tout en reconnaissant que des classes étaient particulièrement chargées dans le 18e et le 19e.

Il y a 10 postes Rased vacants dans l’académie. Il ne sera pas demandé aux personnels Rased d’assurer des remplacements mais "les bonnes volontés ne seront pas découragées" → en cas de pression, contactez-nous.

Compte tenu de l’évolution du nombre d’enseignant·es à remplacer, le Rectorat, interpellé sur ce sujet, fait part de son inquiétude et parle d’un « plan B » dont il n’est pas encore question. Pour l’instant, la seule réponse qui nous est faite est qu’il n’est pas possible de recruter davantage sur la liste complémentaire.

Le nombre d’élèves en situation de handicap accompagné·es est en augmentation et le Rectorat se flatte de faire de nombreux efforts pour recruter des AESH (en s’adressant aux universités ou récupérant les CV envoyés au titre d’une candidature comme AED).
Pendant l’été, il y a eu environ 180 démissions et 560 nouvelles notifications.
334 AESH ont été recruté·es et affecté·es depuis le 24 août.
580 élèves ne bénéficient toujours pas totalement ou partiellement de l’accompagnement qui leur est dû. L’an dernier, 700 élèves étaient dans la même situation.

SUD éducation Paris a eu l’occasion de porter la parole des AESH en se faisant l’écho des nombreux problèmes que notre enquête a permis de pointer. Les résultats en sont accablants :
- des réunions d’installation des PIAL devaient se tenir dès la rentrée, or elles n’ont eu lieu que dans 3 PIAL sur 5, et souvent bien après le 1er septembre ;
- seul·es 34 % des accompagnant·es qui ont répondu à l’enquête disent se sentir faire pleinement partie des équipes éducatives ;
- seulement 16 % des collègues ont eu accès aux Gevasco de l’ensemble des élèves accompagné·es ;
- seulement 21 % des collègues disent avoir reçu du matériel spécifique... et pour cause : cette année, le matériel spécifique n’a été distribué que sur la base des avis des professeur·es ressources.
Pour consulter l’ensemble de notre analyse, voir ici.
Le Rectorat reconnaît que la rentrée n’a pas été facile mais déclare avoir essayé de faire au mieux, en développant l’accompagnement des coordonateurs·trices de PIAL.

S’agissant de Parcoursup, 45 153 candidat·es parisien·nes se sont inscrit·es en phase principale et ont confirmé au moins un vœu. 37 874 candidat·es ont reçu au moins une proposition d’admission et 77,9 % ont accepté.

Bilan des opérations de mobilité

La loi de transformation de la Fonction publique a conduit à dessaisir les commissions paritaires des opérations de mutations. Les organisations syndicales ne sont donc plus impliquées dans ces opérations et ne peuvent plus donner leur avis sur les projets de l’administration.
Mais cela va plus loin : pendant toutes les opérations de mouvement, il n’y a eu aucun dialogue entre l’administration et les organisations syndicales. À chaque demande, la réponse a été une fin de non-recevoir.

Le Rectorat est tout de même tenu de communiquer un bilan des opérations de mobilité mais il s’agit d’un bilan purement statistique, qui ne permet pas d’identifier des problèmes ou de répondre à des sollicitations individuelles.

Quelques chiffres tout de même :
- dans le 2d degré, 851 postes étaient vacants et seuls 426 ont été pourvus ;
- sur les 21 postes à pourvoir en REP+ dans le 2d degré au titre du mouvement spécifique académique, seuls 8 postes ont été pourvus ;
- dans le 1er degré, 737 postes étaient vacants et 639 ont été pourvus. Les postes qui n’ont pas été pourvus sont des postes de PEMF, de conseiller·es pédagogiques et des postes ASH.

Indemnités pour les personnels IATSS

Une nouvelle grille indemnitaire va être mise en œuvre à la demande du ministère pour les personnels IATSS de la filière sociale :

corps groupe grille actuelle nouvelle grille gain annuel
CTSSAE CTR 7725€ 9000€ 1275€
CTSSAE CTR adj. 6695€ 8000€ 1305€
CTSSAE CT de bassin 5542€ 6975€ 1433€
ASSAE grade d’avancement 4144€ 6450€ 2306€
ASSAE premier grade 3749€ 6050€ 2301€

Par ailleurs, les infirmiers et infirmières verront leur IFSE augmentée de 3%. Cette revalorisation sera rétroactive au 1er janvier 2020 et sera effective dès la paie de janvier.

Enfin, un complément indemnitaire annuel (CIA) sera versé pour les personnels IATSS à hauteur de 700€ max pour les personnels de catégorie A, de 500€ max pour les personnels de catégorie B et de 300€ max pour les personnels de catégorie C.

Ruptures conventionnelles

Une première commission a validé 2-3 ruptures conventionnelles sur une dizaine reçue dans le 2d degré et encore plus dans le 1er degré.
Un point complet sera fait sur ce sujet lors d’un prochain CTA.


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