Après l’assassinat de Samuel Paty : recueillement et solidarité

mercredi 21 octobre 2020
par  Sud éducation Paris
popularité : 2%

Reprise des cours suite à l’assassinat de Samuel Paty : SUD éducation fait ses propositions

Fiche et analyse : bibliographie pour la rentrée du 2 novembre

Suite à l’assassinat de notre collègue Samuel Paty vendredi, dans les Yvelines, un rassemblement a été organisé dimanche sur la place de la République à Paris et un peu partout en France. À l’initiative de SUD éducation, une intersyndicale éducation s’est tenue et a produit un communiqué appelant à participer aux différents rassemblements. Pour témoigner de leur solidarité en cette période de recueillement, mais aussi pour ne pas laisser la place aux généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, les militantes et militants de SUD éducation étaient présent-e-s dans ces rassemblements.

Pour les enseignant-e-s, la question de la préparation de la rentrée se pose dorénavant avec acuité. Dans différentes académies se tiennent des réunions institutionnelles pour préparer, organiser la rentrée des vacances d’octobre avec la commémoration de l’assassinat de Samuel Paty et des échanges à mener dans les classes.

Pour SUD éducation, après ce drame, les besoins exprimés par les personnels sont clairs :
- un besoin de protection de la part de l’administration, notamment par le biais de la protection fonctionnelle en cas de menaces ;
- un besoin d’accompagnement pour les élèves et de renforcement de la communauté éducative par l’intervention de psychologues scolaires, d’assistant-e-s sociales·aux ;
- un besoin de formation et un besoin d’échanges, entre adultes mais aussi entre adultes et enfants.

Pour SUD éducation le « cadrage national strict » évoqué par Jean-Michel Blanquer s’agissant de la commémoration de l’assassinat de Samuel Paty n’est pas adapté à la diversité des élèves accueilli-e-s dans les classes, que ce soit par leur âge, leur sensibilité ou leur maturité. Plutôt que d’imposer une parole venue d’en-haut, SUD éducation insiste sur le fait de faire vivre la liberté d’expression dans les classes, en formant les personnels pour cela et en proposant des outils adaptés. À ce titre, SUD éducation regrette que la réécriture des programmes d’enseignement moral et civique, en 2018, ait sensiblement réduit la part faite au débat, à la coopération et à la pratique effective de la liberté d’expression.

Pour SUD éducation, il faut faire confiance aux enseignant-e-s, qui connaissent leurs élèves et sauront se saisir d’éventuelles propositions de supports adaptés à l’âge des enfants.

L’erreur serait de plaquer sur les élèves un discours tout fait, en décalage avec leur compréhension du monde ou leur ressenti. Au contraire, il faut prendre en compte les enjeux émotionnels et, pour les plus grands, les enjeux politiques, sans passer sous silence les propos stigmatisants ou les sursauts de haine auxquels les élèves ont pu être confronté-e-s sur les réseaux sociaux ou devant leur télévision.

SUD éducation le redit avec force : nous condamnons toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, d’où qu’elles viennent.

SUD éducation propose pour la reprise :
- la banalisation des cours du lundi matin afin de permettre aux collègues de se concerter, discuter et préparer la commémoration de l’assassinat Samuel Paty
- la banalisation du lundi après-midi pour échanger et recueillir la parole des élèves et des parents
- le report de la minute de silence au mardi 3 novembre, afin que celle-ci fasse pleinement sens pour l’ensemble de la communauté éducative

Au-delà, nous réaffirmons le besoin de moyens supplémentaires alloués à l’école : il est évident que, de manière générale, les échanges avec les élèves et notamment autour de présupposés qu’il s’agirait de déconstruire, ne peuvent se faire convenablement qu’avec des effectifs réduits et de meilleurs taux d’encadrement.

SUD éducation suivra avec attention la manière dont sera organisée cette reprise et sera vigilant-e-s face à d’éventuelles injonctions irraisonnées de la part du ministère à la crise sanitaire.

TRIBUNE. Contre les semeurs de haine : nos solidarités
publiée le 26 octobre 2020 dans Regards, par Fatna Seghrouchni et Jules Siran, co-secrétaires de SUD éducation

Vendredi 16 octobre, l’ensemble de la profession a été frappé d’effroi face à l’horrible crime perpétré à Conflans-Sainte-Honorine contre l’un des siens.

Il y a des solutions qui coûtent plus chères que d’autres, qui ne feront pas les gros titres mais qui sont beaucoup plus efficaces : investir dans l’éducation, nous donner les moyens de suivre tous nos élèves. Assurer la présence de personnels médico-sociaux dans tous les établissements, de CPE en nombre suffisant, d’Assistant·es d’éducation comme d’Accompagnant·es d’élèves en situation de handicap formé·es et avec un véritable statut.

Lire la tribune sur le site de la revue Regards

Suite à l’assassinat de notre collègue Samuel Paty vendredi 16 octobre, dans les Yvelines, un rassemblement a été organisé dimanche sur la place de la République à Paris. À l’initiative de SUD éducation, une intersyndicale éducation s’est tenue et a produit un communiqué assez clair appelant notamment à ce rassemblement.

Communiqué intersyndical éducation
Cliquer sur l’image
Samuel Paty : l’heure est au recueillement, pas aux récupérations
Cliquer sur l’image

Pour témoigner de leur solidarité en cette période de recueillement, mais aussi pour ne pas laisser la place aux généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, les militantes et militants de SUD éducation Paris étaient présent·es.

Ce mardi 20 octobre s’est ensuite tenue une réunion extraordinaire entre la direction de l’académie de Paris et les représentant·es des organisations syndicales. L’enjeu de cette réunion était de discuter de l’organisation de la rentrée des vacances d’octobre, de la commémoration de l’assassinat de Samuel Paty et des échanges à mener dans les classes.

SUD éducation Paris a commencé par indiquer que l’heure était avant tout au recueillement, d’où notre appel à participer aux rassemblements en hommage à notre collègue. Nous avons également indiqué les besoins qui étaient exprimés par les personnels après ce drame :
- un besoin de protection de la part de l’administration, notamment par le biais de la protection fonctionnelle en cas de menaces ;
- un besoin d’accompagnement pour les élèves et de renforcement de la communauté éducative par l’intervention de psychologues scolaires, d’assistant·es sociales·aux ;
- un besoin de formation et un besoin d’échanges, entre adultes mais aussi entre adultes et enfants.

Nous avons par ailleurs souligné que le "cadrage national strict" qu’avait pu évoquer Jean-Michel Blanquer s’agissant de la commémoration de l’assassinat de Samuel Paty ne nous semblait pas adapté à la diversité des élèves que nous accueillions dans nos classes, que ce soit par leur âge, leur sensibilité ou leur maturité. Plutôt que d’imposer une parole venue d’en-haut, nous avons insisté sur la nécessité de faire vivre la liberté d’expression dans les classes, en formant les personnels pour cela et en proposant des outils adaptés. À ce titre, nous avons regretté que la réécriture des programmes d’enseignement moral et civique, en 2018, ait sensiblement réduit la part faite au débat, à la coopération et à la pratique effective de la liberté d’expression.
Nous avons enfin réaffirmé qu’il s’agissait de faire confiance aux enseignant·es, qui connaissent leurs élèves et sauront se saisir d’éventuelles propositions de supports adaptés à l’âge des enfants.

L’erreur serait de plaquer, sur de jeunes ou de moins jeunes enfants, un discours tout fait, en décalage avec leur compréhension du monde ou leur ressenti. Au contraire, nous avons affirmé qu’il fallait prendre en compte les enjeux émotionnels et, pour les plus grands, les enjeux politiques, sans passer sous silence les propos stigmatisants ou les sursauts de haine auxquels les élèves ont pu être confronté·es sur les réseaux sociaux ou devant leur télévision. Nous le redisons avec force : nous condamnons toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, d’où qu’elles viennent.

Le recteur a quant à lui dressé à grands traits ce que l’institution prévoyait :
- une minute de silence le lundi de la rentrée, vraisemblablement le matin sur temps de classe ;
- un temps de travail avec les élèves, avec des "préconisations souples" (nous attendons de voir de quoi il s’agit...)
- une possible banalisation d’une à deux heures de cours le matin, avant la reprise avec les élèves, pour permettre des échanges entre adultes de l’école ou de l’établissement scolaire.

SUD éducation Paris a insisté sur le fait qu’une minute de silence n’avait pas de sens pour des enfants d’âge pré-élémentaire et n’allait pas forcément de soi pour tous les jeunes élèves. Nous avons dit que l’enjeu était de recueillir la parole des élèves, sans la susciter forcément.

Nous suivrons avec attention la manière dont sera organisée cette reprise et nous serons vigilant·es face à d’éventuelles injonctions irraisonnées de la part du ministère.


Annonces

Pratique