Pour la santé des personnels et des élèves, il faut agir, et vite - Analyses et communiqués de SUD éducation suite aux annonces de Macron et Blanquer Màj 30-10-2020

jeudi 29 octobre 2020
par  Sud éducation Paris
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Trop, c’est trop  !

Le dernier jour de classe a été marqué par l’effroyable assassinat de Samuel Paty. S’attaquer à un enseignant, c’est s’attaquer à l’école qui est un lieu de construction d’un savoir critique, de rencontre de l’autre, de la formation de futur-e-s adultes libres et éclairé-e-s. Depuis, un nouvel attentat a eu lieu, et le plan Vigipirate a été élevé à son maximum. Blanquer a annulé au détour d’un message aux personnels le temps de concertation des personnels enseignants prévu le lundi 2 novembre. La rentrée devait être un moment d’échange entre collègues puis avec les élèves. Le ministre dénie ce temps de concertation aux personnels durement touchés par l’assassinat de notre collègue.

Trop c’est trop 31-10-2020
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Macron a annoncé qu’il faut s’attendre à la saturation des hôpitaux d’ici une dizaine de jours. La circulation du virus est devenue incontrôlable. La seule réponse dans l’éducation est un protocole sanitaire indigent. Blanquer refuse le dédoublement des classes prévu dans ce cas de figure. Si l’on ne l’impose pas maintenant, les écoles et établissements risquent de fermer complètement dans les semaines à venir. Le ministre envoie au casse-pipe un million de personnels, douze millions d’élèves et au-delà l’ensemble de la population.

SUD éducation ne peut accepter un tel mépris, et appelle les collègues à se réunir au plus vite afin d’organiser la riposte. SUD éducation a d’ores et déjà déposé un préavis de grève. SUD porte depuis le printemps un plan d’urgence. Depuis l’annonce du président Macron, SUD éducation revendique des dédoublements de l’ensemble des classes conformément aux protocoles en cas de circulation active du virus ainsi que la banalisation des lundi et mardi pour réorganiser les enseignements.

Face aux choix irresponsables et au mépris du ministre, SUD éducation appelle les personnels à se réunir en Assemblée générale et à mettre au vote la grève pour :  
- protester contre la maltraitance institutionnelle que représente la réorganisation de la rentrée du lundi 2 novembre
- obtenir satisfaction concernant les garanties sanitaires nécessaires, à commencer par les dédoublements

Face à l’irresponsabilité de Blanquer, il faut construire le rapport de force

Ce soir, le Premier ministre et le ministre de l’éducation ont annoncé le contenu du protocole sanitaire qui doit s’appliquer à compter de la rentrée lundi.

Le Président de la République, hier, a déclaré que cette nouvelle vague épidémique risquait de causer des dizaines de milliers de morts. Le ministère de l’Éducation avait plusieurs mois pour se préparer à l’éventualité d’une seconde vague, mais le ministre Blanquer n’a tenu aucun compte de la gravité de la situation.

Communiqué Face au déni du ministre, imposons le respect de la santé des personnels 29-10-20
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SUD éducation indique depuis plusieurs mois que la continuité nécessaire du service public d’éducation doit être accompagnée d’un véritable plan d’urgence et de mesures à même de protéger les personnels.

Le ministre Blanquer ment lorsqu’il prétend que les contaminations étaient faibles en milieu scolaire. Santé Publique France indiquait elle-même que l’école était le deuxième foyer de contamination identifié dans le pays.

Les annonces du ministre sont dérisoires et se limitent à évoquer l’aération des locaux, d’augmenter la fréquence des nettoyages des locaux sans personnel supplémentaire, limiter les brassages d’élèves sans dédoublement des classes. Il s’agit de faire porter un masque aux élèves à partir de six ans, quand chacun sait combien cela sera difficile. Les élèves de lycée devront rester dans leurs salles de classe, alors qu’il n’existe plus de groupe classe en raison de la réforme du lycée. Ces mesures ne sont que de la poudre aux yeux et ne servent que d’alibi au ministre, qui démontrent qu’il ignore délibérément la réalité des écoles, des collèges et des lycées.

Les nouveaux stocks de masques et de gel hydroalcoolique ne sont à l’heure actuelle toujours pas arrivés dans les écoles et les établissements. Les mesures prévues par les documents ministériels élaborés en juillet prévoient en cas de circulation active du virus le dédoublement des classes qui doivent suivre l’enseignement par rotation. Au nom des intérêts des capitalistes, le gouvernement choisit de maintenir des effectifs pléthoriques dans des salles de classes trop exiguës. Le ministre choisit de risquer la vie et la santé d’un million de personnels d’éducation, de douze millions d’élèves, de leurs familles.
 
SUD éducation appelle les personnels à se réunir dès lundi pour imposer des mesures adaptées à la réalité, permettant de protéger les personnels et les élèves et décider des moyens d’action à adopter, à commencer par la grève.

La fédération SUD éducation a déposé un préavis de grève couvrant tous les personnels durant l’ensemble de la période. En ce qui concerne les enseignant-e-s du premier degré, nous les appelons à déposer dès à présent leurs déclarations d’intention de grève auprès de leur IEN.


Face à l’irresponsabilité de Blanquer, il faut construire le rapport de force

Ce jeudi 29 octobre en début de matinée, le ministre Blanquer était interrogé sur les procédures mises en place dans le cadre du confinement à la rentrée des personnels et des élèves dans les écoles et les établissements.

Communiqué Face à l’irresponsabilité de Blanquer, il faut construire le rapport de force 29-10-20
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Visuel Blanquer face à la réalité 29-10-20
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Blanquer, qui réserve une nouvelle fois ses déclarations à la presse avant les personnels et leurs organisations syndicales, a montré l’ampleur de l’impréparation de ses services. Emmanuel Macron a annoncé hier dans son discours que plus de 100 000 contaminations sont enregistrées chaque jour, et que les enfants ne sont pas indemnes des formes graves de la Covid-19. Pourtant, le renforcement du protocole sanitaire évoqué par le ministre se limiterait à imposer le port du masque aux élèves de 6 ans et plus, aérer davantage les salles de classes et nettoyer davantage les locaux. Les déclarations du ministre sont en décalage complet avec la réalité vécue par les personnels dans les écoles et les établissements.

Cette réponse du ministre à un enjeu de santé public majeur est irresponsable. L’inaction du ministère, qui avait 6 mois pour préparer correctement la rentrée, met en danger les personnels, les élèves, leurs familles.

Il semble aujourd’hui manifeste que seul le rapport de force sera à même d’obliger le ministre à mettre en œuvre des mesures de bon sens, à commencer par l’application du plan de continuité pédagogique et le dédoublement des classes. Les personnels doivent se tenir prêts à se mobiliser pour obtenir ces mesures de bon sens.

SUD éducation sera très attentive aux annonces qui seront faites concernant le nouveau protocole.

Si le protocole s’en tient à ce que Blanquer a annoncé ce matin sur France 2, nous prendrons nos responsabilités et appellerons les personnels à imposer, par le rapport de force – AG, débrayage, grève – la mise en œuvre de conditions sanitaires respectant la santé des personnels et des élèves.


Pour la santé des personnels et des élèves, il faut agir, et vite

Le président Macron a annoncé ce mercredi 28 octobre un nouveau confinement. À la différence du premier, les écoles, collèges et lycées resteront ouverts, dans le cadre d’un protocole qui reste à préciser et à faire appliquer efficacement. À l’université, c’est désormais l’ensemble des enseignements qui seront réalisés à distance.

Communiqué Pour la santé des personnels et des élèves il faut agir et vite 28-10-20
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Le monde du travail est de manière générale épargné par les nouvelles restrictions, qui ciblent toujours en priorité la vie privée. Comme si le virus avait des horaires et lieux de circulation spécifiques et qu’il évitait les transports et le travail ! Les travailleuses et travailleurs paient triplement le prix de la crise sanitaire : par la crise économique et sociale en cours, et par les restrictions toujours plus importantes concernant leur vie privée et par la mise en danger de leur santé. Les libertés publiques, et notamment le droit de manifester, sont attaquées aussi.

Le gouvernement porte seul la responsabilité de l’accélération de l’épidémie au cours de cette deuxième vague, en premier lieu par l’absence d’investissement massif dans le secteur hospitalier. Notre ministère porte également une lourde responsabilité : celle de n’avoir rien fait depuis mars, ni sur le plan des garanties sanitaires, ni sur le plan d’un investissement massif dans l’éducation qui aurait permis de réduire les effectifs et donc le brassage des élèves. SUD éducation a porté depuis le printemps ses revendications pour un plan d’urgence pour l’éducation, que ce soit en propre ou avec ses partenaires syndicaux, et continue plus que jamais à le revendiquer aujourd’hui.

Alors que les restrictions touchent des pans toujours plus larges de la vie sociale, les personnels de l’éducation sont aujourd’hui envoyés au casse-pipe. Le maintien de l’ouverture des écoles a comme objectif principal de permettre aux salarié-e-s de continuer à se rendre sur leur lieu de travail. L’omerta de l’administration concernant la communication des cas de Covid-19 le prouve également : le ministère entend coûte que coûte maintenir les personnels sur leur lieu de travail, au péril de leur santé.

Une fermeture totale des écoles et établissements, de la maternelle à l’université, serait une catastrophe. Elle renforcerait plus encore les inégalités scolaires et sociales. Si cette extrémité en venait à être décidée, le gouvernement en porterait la seule responsabilité. Il s’agit aujourd’hui de mettre en œuvre des mesures d’urgences, fortes, pour l’éviter.

Pour défendre la santé des personnels et des élèves, pour éviter une fermeture totale des écoles et établissements, plusieurs mesures sont à mettre en œuvre immédiatement :

1. Dédoublement de toutes les classes avec emploi du temps adapté conformément au plan de continuité pédagogique prévu en juillet et qui n’a jamais été appliqué

2. Banalisation du lundi et mardi de rentrée pour permettre aux personnels de s’organiser : cette mesure est indispensable pour permettre la mise en œuvre la meilleure possible de la continuité des apprentissages, dans l’intérêt des élèves. L’hommage à Samuel Paty pourra être ainsi rendu lors de la reprise effective des cours.

3. Protocole sanitaire strict, avec la fourniture immédiate du matériel nécessaire : masques réellement protecteurs et gel mis à disposition, aération et désinfection des locaux effectués par des personnels équipés et en nombre suffisant

4. Protection des personnels  : et respect de la liste des personnels vulnérables rétablie par le Conseil d’État à la date du 5 mai 2020. Communication transparente des cas de Covid et automatisation des fermetures de classes et d’école en cas de personnels ou élèves positifs

5. Encadrement et moyens nécessaires à l’enseignement à distance : celui-ci doit se faire dans le cadre strict des obligations statutaires, avec un matériel fourni immédiatement aux personnels et aux élèves, et une indemnisation des frais liés au télétravail

Dans le cas où le ministère maintiendrait contre tout bon sens une organisation des enseignements dangereuse pour les personnels, SUD éducation :

– appelle les personnels à se réunir en AG dès le lundi midi pour définir leurs revendications et leurs moyens d’action.

– soutiendra les initiatives de débrayage décidées par les collègues. SUD éducation met pour cela à la disposition des personnels le préavis de grève déposé au ministère.


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