Sponsorisé·es ou frappé·es : deux poids deux mesures pour les lycéen·nes

samedi 14 novembre 2020
par  Sud éducation Paris
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Quand certain·es lycéen·nes voient pleuvoir les subventions publiques et peuvent se payer des grands restaurants aux frais du Ministère, d’autres voient pleuvoir les coups de matraque à chaque tentative de mobilisation.
Communiqué des personnels de la cité scolaire Balzac
Communiqué intersyndical

Des lycéen·nes choyé·es par Blanquer

Le circuit de l’argent public souligne ce qu’est le ministère Blanquer, comme le démontrait une enquête de Mediapart sur le syndicat « Avenir lycéen. » Le ministère rechigne à investir dans des masques réellement protecteurs pour les élèves et les personnels, mais ouvre grand les vannes, depuis deux ans (65 000 € en 2019, 30 000 € en 2020) pour ce syndicat « chouchou de Blanquer », créé en 2018, officiellement apolitique mais phagocyté par des membres des « Jeunes avec Macron. » 40 000 € de la première subvention ont été l’objet de dépenses privatives dans des restaurants et grands hôtels, ainsi que d’achats de matériels informatiques de pointe restés à demeure chez un membre (macroniste), et de multiples retraits, tard la nuit (en... juillet).

Alerté dès juin pour soupçons de détournement d’argent public, le ministère Blanquer n’a diligenté d’enquête que comme un écran de fumée, après les révélations de Mediapart et sans revenir sur l’octroi de la seconde subvention. En comparaison, d’autres syndicats lycéens ont vu leurs subventions baisser drastiquement, réduisant leur capacité de mobilisation contre les réformes du lycée, de l’orientation et du baccalauréat (E3C et destruction du caractère national des épreuves). Le Ministère Blanquer, c’est donc arroser les ami-es d’un côté, réprimer les autres : comme pour les personnels, les lycéens pro-Blanquer peuvent dilapider l’argent public, tandis que celles et ceux qui manifestent pour de meilleures conditions sanitaires voient pleuvoir les coups de matraques, gazeuses et tonfas.

...et d’autres matraqué·es devant leur lycée

Communiqué des personnels de la cité scolaire Balzac 17-11-2020

Aujourd’hui mardi 17 novembre 2020, les lycéens manifestaient pacifiquement, à 8h, devant la cité scolaire Balzac, contre la loi sécurité globale. Ils avaient mis en place un blocus filtrant, afin de laisser passer les collégiens.

De l’autre côté de la rue, 7 voitures et fourgons de police observaient la situation. Vers 9h, 8 fourgons de CRS sont arrivés.

Le blocus se poursuivait dans un grand calme.

Vers 9h30, plusieurs dizaines de CRS et de policiers lourdement armés ont traversé la rue et ont commencé à repousser nos élèves. Ils leur ont arraché les poubelles, ont poussé, frappé, jeté à terre élèves et personnels, dont la plupart sont des représentants élus du personnel. Certains élèves ont été isolés et frappés, menacés, intimidés ou verbalisés.

Nous, personnels de la cité scolaire Balzac, condamnons fermement le recours aux forces de l’ordre dans un contexte de manifestation pacifique. Nous condamnons par ailleurs la grande violence de cette intervention.

Nous apportons notre soutien plein et entier à nos élèves, et revendiquons avec eux le droit à manifester pacifiquement.

Les personnels de la cité scolaire Balzac, avec les sections syndicales SUD, SNES et CGT

Communiqué des personnels de la cité scolaire Balzac 17-11-2020

Communiqué intersyndical SUD, CGT, CNT et FO :

Mardi 3 novembre : les forces de l’ordre gazent et matraquent des élèves au lycée Colbert à Paris, plus de 70 lycéen·nes écopent d’une amende de 135€.

Lundi 9 novembre : tirs de LBD au lycée Grenet à Compiègne. Un lycéen est gravement touché à la tête.

Mardi 10 novembre : usage illégitime de la force par la police sur un lycéen à Saint-Nazaire. À Paris, charges violentes devant le lycée Colbert, faisant au moins un blessé à l’arcade sourcilière et au poignet, deux interpellations au lycée Brassens, nasse policière au lycée Bergson puis poursuites de lycéen·nes dans le quartier par la police.

Nos organisations syndicales, CGT Educ’Action75, CNT STE 75, SNFOLC75, Snudi FO 75 et SUD Education 75, dénoncent ce climat de peur et de violences policières systématiques qui s’abat depuis plusieurs années sur les jeunes. Nous voulons exprimer toute notre indignation et notre solidarité aux lycéen·nes –nos ancien·nes élèves–, qui paient beaucoup trop cher leur droit fondamental et légitime à s’organiser, se mobiliser, s’exprimer collectivement. Ces violences sont intolérables et nous exigeons qu’elles cessent définitivement, si tant est que la liberté d’expression ait véritablement un sens pour monsieur Blanquer et le gouvernement auquel il appartient. Nous demandons au recteur d’arrêter la consigne de solliciter les forces de l’ordre devant les établissements scolaires dès que se profile la menace d’un blocus.

À Paris, le 13/11/2020.

Communiqué de l’intersyndicale 13-11-2020

Voir à ce sujet le communiqué de la communauté éducative du lycée Colbert du 3 novembre


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