DHG rentrée 2021 : le coup de massue

jeudi 21 janvier 2021
par  Sud éducation Paris
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Afin de permettre à tou-te-s les collègues de construire par elles et eux mêmes les luttes sur le terrain des moyens, SUD éducation Paris publie les projets de DHG version 1 dans les collèges, SEGPA, lycées professionnels, technologiques et généraux, ÉREA et établissements divers… pour la prochaine rentrée scolaire, 2021-2022. Ces « versions 1 » sont celles établies par le rectorat au 13 janvier 2021 et transmises le 20 janvier aux organisations syndicales siégeant au comité technique académique (CTA) de Paris.

DHG 2021-2022 partie 1
DHG 2021-2022 partie 2

Pour comparaison, les DHG de l’année dernière.


LES GRANDES MASSES OU LE COUP DE MASSUE

Communiqué DHG & UPE2A
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Guide tout savoir sur les DHG
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L’administration présentait mardi 12 janvier lors du Comité Technique Académique les grandes masses, à savoir l’enveloppe horaire globale accordée aux établissements du second degré de l’académie de Paris. Une nouvelle fois, les logiques budgétaires prévalent et la politique de suppression de postes se poursuit : ce sont 2070 heures en moins sur l’ensemble de l’académie, c’est la suppression de 99 postes Équivalent Temps Plein et on assiste à une énième recrudescence des heures supplémentaires. Sud éducation Paris, avec les autres syndicats siégeant au CTA, a voté contre ce budget des grandes masses. Le deuxième CTA qui a eu lieu le mardi 19 janvier n’a rien changé puisque l’administration a simplement reproposé le même projet.

Ces grandes masses, c’est l’ultime coup de massue sur les établissements du second degré. Ce sont des DHG revues à la baisse dans la quasi totalité des collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels de Paris, avec les conséquences que l’on connaît : risques de suppression de postes et mesures de carte scolaire, alourdissement de la charge avec des HSA dont la quotité ne cesse d’augmenter année après année, disparition de dispositifs ou de projets pédagogiques, augmentation des effectifs par classe, tensions au sein des équipes enseignantes…

Il était pourtant nécessaire d’abonder en heures les établissements du secondaire. Le contexte sanitaire a fait cruellement ressentir les besoins d’un renforcement du service public d’éducation. Le discours hypocrite du gouvernement sur les inégalités scolaires ne peut dissimuler le fait qu’elles existent de longue date et que la situation pandémique n’en a été qu’un révélateur et en est devenu un accélérateur. Le ministère continue

La direction de l’académie a beau arguer que Paris a été, les années précédentes, surdotée et que la distribution des DHG pour l’année 2021-2022 répond à un partage plus égalitaire des moyens, le compte n’y est pas et, encore une fois, les réalités de terrain ne sont pas prises en compte. Pire, l’administration se retranche derrière le nouvel outil de calcul des DHG, issu de la pensée magique des services de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère, l’IPS ou Indice de Positionnement Social.

Cet IPS a été créé en 2016, à partir d’une enquête réalisée en 2007 auprès de 30 000 élèves pour recueillir les caractéristiques économiques (ex : revenus), sociales (ex : niveau de diplôme) et culturelles (pratiques sportives et culturelles). Selon les Professions et Catégories Sociales identifiées par le ministère, l’IPS d’un élève est déduit du métier exercé par ses responsables légaux. Ainsi on calcule l’IPS d’un établissement en faisant la moyenne de ceux des élèves le fréquentant.

SUD éducation Paris s’interroge sur le bien-fondé de cet indice, constitué à partir d’une enquête vieille de près de quinze ans, pour calculer les DHG : comment les critères constitutifs de cet indice sont-ils pondérés ? Cet indice prend t-il en compte la dégradation du contexte économique et social actuel et à venir ? Est-il si simple de déduire l’IPS d’un élève si l’on considère la précarisation croissante du monde du travail pour de nombreuses catégories sociales ? Beaucoup de questions se posent et il existe pourtant d’autres indicateurs qui permettraient d’avoir une vision plus juste des établissements, comme la proportion de demandeurs de bourses par exemple et entre autres.

Ne nous leurrons pas, le gouvernement nous a habitué à manipuler les chiffres. Entre les pseudo-simulateurs de retraite et la sous-estimation des cas de COVID, les exemples ne manquent plus. Les DHG parisiennes pâtissent logiquement d’une politique libérale déconnectée des besoins sociaux et scolaires, sous couvert d’un discours égalitaire qui résiste mal au vécu bien concret des élèves et des personnels. La direction académique se fait complice de cela en entérinant un budget des grandes masses qui rime avec pénurie et destruction programmée de l’école publique. Les personnels n’ont plus à subir, encore une fois, le mépris affiché par le ministère et l’administration.

C’est pour cela que SUD éducation Paris, au même titre que sa fédération syndicale, demande la mise en place d’un plan d’urgence pour l’éducation, avec un budget, des DHG et des moyens à la hauteur des besoins des établissements, mais aussi des créations de postes et la titularisation de tous les personnels précaires, une politique salariale qui passe par la revalorisation de la rémunération de tous les personnels. SUD éducation Paris appelle les personnels à se mobiliser, à commencer par la grève du 26 janvier.

BAISSE DES DHG EN UPE2A

La publication des DHG dans le second degré montre une attaque sans précédent contre les dispositifs UPE2A, ces unités pédagogiques qui accueillent des élèves venant d’arriver en France et ne parlant pas ou peu français. Ainsi, toutes les UPE2A collège à Paris (hors celles qui accueillent des élèves non scolarisé·es antérieurement) perdent 4 heures et passent ainsi de 30 heures pour le dispositif à 26 heures hebdomadaires.

Une fois de plus, le rectorat de Paris, tout en affirmant dans son projet académique vouloir « construire la réussite de tous les élèves en rehaussant, par des moyens pédagogiques et sociaux, les ambitions de chacun », s’attaque aux plus fragiles.
Les responsables académiques tablent-ils sur une fermeture des frontières ou un durcissement des politiques migratoires pour s’attaquer aux élèves allophones arrivants ?

Les conditions de scolarisation de ces élèves, notamment les mineur·es isolé·es vont-elles être encore plus drastiques qu’elles ne le sont déjà ?

Des familles qui attendent parfois 3 mois pour faire passer des tests à leurs enfants vont elles voir ces délais d’attente déjà scandaleux se rallonger ? Beaucoup parmi les élèves scolarisé·es en UPE2A sont confronté·es à des conditions de vie de plus en plus indignes (statuts administratifs précaires, habitats insalubres, hôtels sociaux du 115, bidonvilles, voire la rue). D’autres souffrent de troubles liés à des parcours migratoires qui, en raison des politiques européennes, sont de plus en plus longs et dangereux ou au fait qu’ils/elles ont subi la guerre. L’UPE2A est pour ces élèves un espace commun qui permet d’apprendre et de comprendre le fonctionnement de l’école en France, mais aussi de se (re)construire avec des pair·es qui ont en partagé l’exil et le déracinement. C’est donc à des espaces permettant ce processus que le rectorat s’attaque. Nous ne devons pas le laisser faire !

Demande d’audience intersyndicale UPE2A
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