Situation sanitaire dans l’éducation : il y a urgence !

mardi 23 mars 2021
par  Sud éducation Paris
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Le virus circule vite et fort dans nos établissements. Selon les chiffres donnés par l’académie la semaine dernière (17 mars), tous les indicateurs sont en augmentation. Les cas positifs, les cas contact, le nombre de classes fermées... Les chiffres doublent voire triplent chaque semaine.

L’anxiété des personnels, des élèves et des familles augmente elle aussi. Car au delà des craintes liées au virus, c’est une situation sanitaire hors de contrôle, une surcharge mentale et de travail et un océan d’incertitudes que nous supportons au quotidien. Nous sommes déterminé-es à faire fonctionner le service public d’éducation, mais pas n’importe comment et à n’importe quel prix et surtout pas en mettant en péril la santé publique au-delà de notre propre santé et de celle de nos élèves et de leurs familles.

À tous les niveaux, ce qui est fait pour empêcher la circulation du virus dans les écoles et établissements est insuffisant et ne prend pas en compte la principale voie de transmission qui est l’aérosolisation. Si cela était pris en compte, des capteurs de CO2, qui aident à assurer une ventilation efficace et raisonnée des locaux et sont en vente à partir de 20 euros dans le commerce, seraient installés dans les classes.

Situation sanitaire : il y a urgence
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Le passage aux demi-groupes serait également imposé partout où les effectifs entraînent une rapide saturation de l’air et ne permettent pas une distanciation de 2 mètres.

Des masques de qualité seraient fournis aux personnels et élèves et des visières seraient prévues pour les personnels en contact avec les élèves non masqué.es en maternelle afin d’éviter la transmission via des postillons dans les yeux. Actuellement, les personnels assurent leur protection et celles des élèves en achetant eux-mêmes des masques chirurgicaux ou FFP2. Les masques fournis par l’Éducation nationale ne sont pas utilisés, enfin quand ils sont livrés, car depuis la reprise du 1er mars, nous constatons qu’aucune livraison n’a été faite dans beaucoup d’écoles et d’établissements. Cette situation est inadmissible, c’est à l’employeur de fournir le matériel de protection. De la même façon, le principe de gratuité de l’école impose que des masques soient fournis aux élèves.

Concernant la stratégie dite du « Dépister-Tracer-Isoler », là encore les mesures prises manquent cruellement d’ambition. Les dépistages en cours sont insuffisants en nombre au regard de la situation. Dans d’autres pays européens, des auto-tests salivaires sont proposés aux personnels de l’éducation, jusqu’à 2 fois par semaine.

De plus, lorsque dans une école plusieurs cas sont avérés une fermeture doit intervenir le temps que des tests soient faits sur tou.tes les élèves, leur famille et les personnels. Les personnels comme les familles doivent être alertées au plus vite des cas positifs survenant dans la classe et l’établissement scolaire afin d’être en mesure d’établir, en connaissance de cause, dans leur vie personnelle des règles de précaution renforcées. Dans beaucoup d’établissement une sorte d’omerta règne qui empêche chacun-e de s’autoprotéger et de protéger ses proches. Nous refusons cette logique à la fois infantilisante et insécurisante !

Enfin, concernant la stratégie de vaccination, là encore il y a des incohérences flagrantes dans la stratégie gouvernementale. Dans de nombreux pays, les personnels d’éducation font partie des personnes prioritaires pour l’accès au vaccin. En France il n’en est rien alors même que la politique d’ouverture à tout prix des écoles nous place en 1re ligne. Comme toutes les personnes qui de par leur travail sont obligées d’être en contact avec du public, notre accès au vaccin doit être assuré au plus vite, d’autant que l’on sait que ses effets protecteurs ne sont pas immédiats.

Nous ne demandons pas l’impossible, nous demandons des outils, du matériel pour nous aider à faire face. Les écoles et établissements ne doivent pas rester ouverts au prix d’un nombre de mort équivalent à un avion qui s’écraserait chaque jour en France, pas au prix de toutes les personnes, dont d’ailleurs des enfants, qui vont rester handicapées par le covid long, pas au prix de centaines de collègues qui vont au travail la peur au ventre.

Luttons pour des mesures sanitaires d’urgence

⮊ une gestion des cas covid+ dans les écoles et établissements qui soit transparente ;
⮊ l’instauration des 1/2 groupes partout où les effectifs les rendent nécessaires et sans instauration de l’enseignement hybride ;
⮊ la création de postes de remplaçant-es pour que les élèves ne perdent pas d’heures de cours dans le secondaire et ne soient pas systématiquement réparti-es dans les classes dans le premier degré ;
⮊ la gratuité des masques pour tou-tes, des masques FFP2 pour les personnels qui en font la demande ;
⮊ la mise en place d’une politique de tests itératifs (une fois par semaine) dans les établissements scolaires et la mise à disposition d’auto-tests gratuits pour les personnels ;
⮊ l’investissement dans les thermomètres pour contrôler la température des personnels et des élèves 
⮊ l’installation de capteurs de CO2 dans tous les espaces clos (salles de classe, de pause, de réunion…) ;
⮊ l’installation des points d’eau et du savon en quantité suffisante ;
⮊ un accès immédiat au vaccin pour les personnels qui le souhaitent ;
⮊ une campagne d’information et d’éducation à la santé dans les établissements scolaires pour informer sur les mesures d’autoprotection face à un virus aérosol et aéroporté.

Face aux situations de danger grave et imminent nous appelons les personnels à se protéger en faisant usage de leur droit de retrait.

Notre 4 pages sur le droit d’alerte et le droit de retrait face à la situation sanitaire

Imposons un plan d’urgence pour l’éducation

⮊ le recrutement massif de personnels, le rétablissement des moyens de remplacement, l’ouverture de postes aux concours, la titularisation des personnels contractuels ;
⮊ l’agrandissement et construction de nouveaux locaux ;
⮊ la réduction des effectifs par classe ;
⮊ une véritable médecine de prévention et scolaire dotée de moyens conséquents.

Covid-19 : SUD éducation revendique un plan d’urgence pour l’éducation


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