L’hypocrisie a assez duré ! CTA du 25 mai 2021

mercredi 26 mai 2021
par  Sud éducation Paris
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Le comité technique académique (CTA) du 25 mai était consacré à la situation sanitaire, au bilan social de l’année 2019, à la répartition des AED dans les établissements et au bilan budgétaire de l’académie pour 2020. L’occasion, aussi, pour SUD éducation Paris, de pointe le fossé qui se creuse entre les lubies du ministère et la réalité vécue sur le terrain par les personnels de l’éducation :

Déclaration de SUD éducation Paris au CTA du 25 mai 2021
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Situation sanitaire

La direction de l’académie reconnaît que la situation inédite a entraîné beaucoup de fatigue mais estime que les défis des rentrées scolaires successives ont été relevés. L’argumentation est la même que celle du ministre : il faudrait se féliciter du fait que les élèves aient eu le plus de jours de cours en Europe.

Bilan et état des lieux de l’épidémie

L’académie a présenté un bilan chiffré global qui concerne à la fois le public et le privé : au total, il y a eu 12 122 élèves testé·es positifs·ves (soit 3,5 % des effectifs) et 1961 personnels (soit 6,7 %). 33 355 élèves ont été considéré·es comme cas contacts et 2259 personnels.
Le nombre total de classes fermées n’a pas été communiqué mais 19 établissements ont dû être fermés.

Au 21 mai 2021, le bilan hebdomadaire fait état de 761 cas confirmés (personnels et élèves), 1231 évictions et 191 classes fermées. Au 2 avril, il y avait 1414 cas confirmés, 6255 évictions et 1109 classes fermées.

Dépistage

Concernant le dépistage, 53 000 tests salivaires ont été proposés au 18 mai 2021. 20 000 ont été passés avec un taux de positivité de 1,22 %. Depuis novembre, 115 000 tests antigéniques ont été proposés avec 169 cas positifs (soit 0,6 %).

Les autotests sont livrés en fonction du planning défini par le ministère. Depuis le 3 mai, 400 000 tests ont été distribués.
Un sondage fait par le Rectorat auprès de 30 écoles et un autre fait par la Dasco auprès de 5000 agents indiquerait que 55 % des personnels auraient effectué un autotest mais ce n’est qu’un ordre de grandeur.

Pour faire face à un manque criant de remplaçant·es, le Rectorat avait l’autorisation de recrutement 179 professeur·es des écoles entre novembre et février et plus d’une centaine d’AED mais les contrats précaires qui étaient proposés n’ont permis de ne recruter qu’une quinzaine de professeur·es des écoles et une cinquantaine d’ED.

Depuis le 10 mai, de nouveaux recrutements ont été autorisés à raison de 98 professeur·es des écoles et 93 AED mais seulement 34 PE ont été recruté·es et aucun AED. Par ailleurs, 171 médiateurs et médiatrices "Lutte anti Covid" ont été recruté·es pour aider à la campagne de dépistage.

Pour le recrutement de contractuel·les enseignant·es, il a été fait appel à Pôle emploi et aux retraité·es. Le Directeur d’académie reconnaît que faire appel aux démissionnaires n’a pas été « l’idée du siècle ».

Nous n’avons pas obtenu de réponse claire concernant les critères qui prévalent pour le choix des écoles dans lesquelles vont être réalisés des tests salivaires ni concernant la différence importante en matière de nombre de cas positifs entre les chiffres communiqués par l’académie de Paris et les chiffres publiés sur le site de Santé publique France pour la population d’âge scolaire.

Vaccination

Les personnels de plus de 55 ans avaient accès au centre Masséna mais il y a eu peu de volontaires sur les 8500 éligibles.
Certains maires ont proposé de vacciner les personnels d’éducation mais le rectorat n’a pas eu de retour.
Depuis le 24 mai, tou·tes les enseignant·es peuvent se faire vacciner sans restrictions.
Selon la direction de l’académie, les symptômes qui peuvent suivre la vaccination sont pris en compte et sont couverts.
L’académie envisage d’utiliser un lycée comme vaccinodrome, à l’instar de ce qui s’est fait dans l’académie de Versailles.

Personnels vulnérables

Les dispositions pour les personnels vulnérables n’ont pas changé et il est toujours possible de bénéficier d’une autorisation d’absence (ASA).
Dans le 1er degré 133 enseignant·es sont concerné·es soit 2 % des effectifs. Dans le 2d degré, 108 enseignant·es sont concerné·es.
8 demandes de congé longue maladie sont en cours d’instruction au titre du covid.

Les demi-jauges en collèges et lycées

85 % des établissements concernés accueillent par demi-journée et 15 % par journée.

Revalorisation

La direction de l’académie attend la conférence de presse du ministre du 26 mai.
Concernant les AESH, une revalorisation avait été actée en janvier mais elle n’est a priori toujours pas effective. L’augmentation du Smic, qui se traduit par une augmentation de l’indice plancher de rémunération, a par ailleurs atténué la (déjà maigre !) revalorisation.
Raison de plus pour se mobiliser le 3 juin afin d’obtenir un vrai statut et un vrai salaire pour les AESH !

Examens et continuité pédagogique

D’après le Rectorat, les élèves ont mal vécu l’absence d’examens l’année dernière et il est important symboliquement que les examens se tiennent, notamment le grand oral si cher à notre ministre.
Sur la continuité pédagogique, le recteur réfute les pressions exercées par des IA-IPR concernant l’utilisation obligatoire de la visioconférence. C’est donc sans doute le fruit de notre imagination ?

Situation du lycée Rabelais

Au Conseil d’administration de Rabelais du 12 mai a été annoncée l’impossibilité d’accueillir les lycéen·nes dans des bâtiments modulaires sur le site de la porte de Clignancourt. La construction de bâtiments relèvent par ailleurs de la compétence de la Région Île-de-France et le Rectorat se défausse donc sur Valérie Pécrese.

En l’état, les élèves seront donc accueilli·es au lycée Villon au moins jusqu’en décembre 2021 à Villon. Or, le lycée Villon est déjà saturé et l’arrivée d’élèves supplémentaires dans ce lycée déjà socialement très défavorisé ne sera pas sans conséquences. Une autre solution serait envisageable notamment avec les nouvelles modalités d’affectation mais nous n’avons pas plus d’informations pour l’instant.

Sur les écoles médico-sociales, le financement des montées pédagogiques et des premières années sera assuré même si ce sont normalement les régions qui financent le sanitaire et social car la Région Île-de-France a affirmé qu’elle ne pouvait pas financer ces écoles.
Un point doit être fait avec la division des personnels enseignants sur les postes à pourvoir : contractuel·les ou titulaires en HSA mais beaucoup de candidat·es potentiel·les sur ces postes ont déjà trouvé autre chose, ce qui risque de poser des problèmes de recrutement.

Concernant les personnels de l’ancien Greta M2S pour lesquel·les il ne semblait pas y avoir eu de déclaration de données sociales, la Dafpic indique que la déclaration a été bien faite mais n’a pas été enregistrée par l’organisme collecteur.
Le nouvel agent comptable du lycée Rabelais essaie de trouver une solution technique. Les déclarations d’impôts doivent être remplies par les personnels eux-mêmes. Toutes les attestations nécessaires seront signées y compris pour les retraites.
En cas de problème, n’hésitez pas à contacter SUD éducation

Moyens de surveillance et répartition des AED

La répartition des moyens de vie scolaire ne change pas mais cela ne concerne pas les contrats exceptionnels liés à la crise sanitaire, qui ne seront pas pérennisés.

La Secrétaire générale évoque de nouvelles modalités d’attribution de moyens de surveillance pour l’année prochaine. Pour l’instant, les facteurs de dotation sont les effectifs, le nombre de demi-pensionnaires, les PCS et les niveaux dans lequel sont les élèves.

S’agissant des AED non renouvelé·es en raison de leur participation à des grèves, la direction de l’académie botte en touche et affirme qu’aucun·e AED ne peut se trouver non-renouvelé·e pour cette raison. Là encore, il doit s’agit d’une invention de notre part...

Bilan social 2019

Le bilan social 2019 a été présenté avec un retard très important mais le bilan social 2020 arriverait en décembre 2021.

Ce document est censé évoluer en fonction des remarques des syndicats mais nous peinons parfois à nous faire entendre.
Certaines rubriques n’ont pas été actualisées en raison de la situation sanitaire.
Il est proposé de travailler en CHSCT sur les statistiques qui pourraient figurer dans le document. Il existe encore des problèmes de mise en lumière des inégalités hommes femmes concernant les promotions ou des disparités en fonction des catégories.

La discussion a été l’occasion pour SUD éducation Paris de montrer à quel point ce bilan social est symptomatique de la maltraitance et de la souffrance au travail et du peu de moyens pour y remédier (une seule psychologue du travail, peu de médecin de prévention).

Le document a été envoyé une semaine avant le CTA, ce qui laisse un délai trop court pour étudier en détail un document aussi dense de plus de 200 pages...

Bilan budgétaire 2020

Le document particulièrement indigeste présenté par l’académie suscite de nombreuses questions et plus de détails sur les dépenses ont été demandés.

Quelques informations :
- les dépenses totales de l’académie de Paris sont de 2,125 milliards en 2020 soit +2 % par rapport à 2019, et 94 % est consommé par la masse salariale ;
- les dépenses ont été en hausse de +5 % dans le premier degré mais ont été en baisse dans le second degré. Le budget lié aux élèves a augmenté de 15 %.
- la conséquences de la crise sanitaire sont observables dans certaines lignes budgétaires, notamment en ce qui concerne les remplacements (+ 100 ETP) ;
- la surconsommation budgétaire dans le premier degré est liée au recrutement de remplaçant·es ;
- les dépenses du 2nd degré sont en baisse car il y a eu moins d’heures supplémentaires distribuées (colles, HSE) ;
- en matière d’accompagnement des élèves en situation de handicaps, il y a une augmentation du recrutement d’AESH ;
- les dépenses liées aux ruptures conventionnelles sont intégrées dans les différents budgets selon la catégorie de personnels et le type d’établissement d’exercice. Pour 2020, cela représente 450 000 euros pour une quarantaine de personnels.

Autres points

Concernant la situation du collège Dorgelès, que nous avions déjà évoquée dans un communiqué, la direction de l’académie affirme avoir mis en place des soutiens et avoir rencontré les parents et des personnels. Une enquête administrative sera faite en juin.

Concernant la fusion annoncées des BD-école et des BD-circo dans le premier degré, la direction de l’académie continue d’affirmer que cela se justifie par un taux de remplacement académique inférieur au taux national. Une centralisation de remplacement serait ainsi plus efficace. Le projet est donc de centraliser la gestion du remplacement en créant une seule zone de remplacement tout en laissant aux circonscriptions une latitude. Les BD seront départementalisées mais conserveraient leurs écoles de rattachement et la nomination se ferait au maximum à proximité de l’école de rattachement.
C’est toujours la/le secrétaire de circonscription qui sera appelé·e par les directeurs et directrices mais, à certains moments, le rectorat pourra demander à envoyer des remplaçant·es dans la circonscription voisine.
Cette année le taux de remplacement a augmenté mais l’impact de la crise sanitaire s’est fait sentir.


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