Examens 2021 : des conditions inacceptables

dimanche 4 juillet 2021
par  Sud éducation Paris
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SUD éducation Paris met à disposition son préavis de grève

Bac Blanquer : du chaos au scandal

Communiqué des personnels du lycée Voltaire, 9 juillet 2021

Nous avons appris par l’intermédiaire des parents d’élèves et de nos syndicats que de nombreux élèves de plusieurs établissement parisiens ont vu leurs notes de contrôle continu baissées par les jurys d’harmonisation. Pour exemple, la note de spécialité Humanité-Littérature-Philosophie, qui compte pour un coefficient 16, a pu être baissée de 1,92 points. La moyenne d’histoire-géographie (tronc commun) a été largement revue à la baisse pour une grande partie des élèves. Les cas sont nombreux et presque toutes les disciplines et spécialités sont touchées. Ainsi, des élèves ont pu perdre jusqu’à trente points ce qui a pu remettre en cause l’obtention de mention pour certains d’entre eux et a assurément affecté à la baisse les résultats globaux.

Il n’est pas acceptable qu’au nom de consignes aberrantes et totalement injustes, les notes des élèves à un examen national soient ainsi révisées à la baisse : pourquoi nos élèves seraient-ils jugés sur la base des résultats obtenus par d’autres élèves les années antérieures et de surcroît par rapport à un bac totalement différent puisqu’alors organisé par filière ? Les résultats de nos élèves seront-ils ainsi figés du fait des résultats passés 

Nous sommes profondément choqués par un tel traitement. Il remet en cause les efforts des élèves qui ont travaillé tout au long de l’année avec sérieux dans des conditions particulièrement perturbées par la crise sanitaire. Il remet en cause le professionnalisme des équipes enseignantes, qui ont eu à cœur, dans ces conditions dégradées, d’évaluer leurs élèves le plus scrupuleusement possible. De telles pratiques décrédibilisent le système de notation et risquent de provoquer une perte de confiance des élèves envers leurs professeurs et le système scolaire en général. Cela est d’autant plus inquiétant que la proportion du contrôle continu pour l’obtention du baccalauréat ne cesse de progresser.

Aucun élève ne doit être être pénalisé du fait d’une organisation calamiteuse du baccalauréat qui a conduit au chaos. Pour assurer une égalité de traitement entre les élèves et les établissements, le baccalauréat doit redevenir national et être organisé autour d’épreuves terminales sans aucune part pour le contrôle continu.

Les sections syndicales SNES, FO, et SUD du Lycée Voltaire

Communiqué Voltaire 9 juillet 2021

Sous-jurys d’harmonisation, le chaos est total, le mépris à son comble : lundi 5 juillet grève et rassemblement à 15h au métro rue du Bac

Les collègues qui participent aux sous-jurys de délibération pour le Bac 2021 ont été convoqué·es une première fois le jeudi 1er juillet. La réunion a été reportée au lendemain puis iels ont appris vendredi matin (une heure avant l’heure de début de la réunion) qu’elle était de nouveau décalée au lundi 5 juillet (soit la veille de la proclamation des résultats !). Certain·es collègues étaient convoqué·es à une heure de transport de leur domicile et ont appris par SMS ce nouveau report une fois arrivé·es à leur centre d’examen ! Le mépris de l’administration envers les professeur·es est sans limite et totalement décomplexé.

De plus, cette semaine a été marquée par une désorganisation inacceptable : convocations tardives, non conformes, voire multiples, dysfonctionnement du logiciel Santorin parfois inaccessible.

SUD éducation Paris dénonce les consignes données aux jurys de pouvoir retirer jusqu’à 2.2 points à un lot de copies pour que la note corresponde au point près à la note de référence de l’établissement. Du jamais vu !

SUD éducation Paris appelle appelle l’ensemble des collègues convoqué·es à se mettre en grève demain et tous les personnels à participer au rassemblement à 15h métro Rue du bac.

Bac 2021 : mascarade ou science-fiction ?

Mascarade, c’est le qualificatif qui était sur toutes les lèvres mardi 29 juin, lorsque se sont ouvertes les commissions d’harmonisation du contrôle continu pour la session 2021 du baccalauréat. Les défaillances techniques et organisationnelles ont été nombreuses (convocations émises pendant le week-end, serveurs inaccessibles, codes introuvables...) mais ce sont surtout les consignes données qui ont poussé nombre de membres des jurys à claquer la porte dès le matin.

Les collègues présent·es avaient pour mission de comparer les notes de contrôle continu attribuées cette année avec la moyenne des résultats aux baccalauréats 2018 et 2019. Après quoi la règle était très simple : modifier les notes (à la hausse ou à la baisse) jusqu’à faire correspondre les deux nombres, au point près.

Oui, vous avez bien lu : pas plus d’un point d’écart entre le bac 2021 et les sessions 2018/2019 ! Et nous ne parlons pas là de moyenne générale. Il s’agit bien des notes données dans chaque lycée, matière par matière, qui ont été réécrites pour correspondre à celles d’il y a deux ans.

C’est donc une véritable machine à voyager dans le temps qui est enclenchée et qui va se transformer en piège diabolique pour celles et ceux qui n’ont pas la chance d’être inscrit·es dans un établissement habitué aux bons résultats.

SUD éducation Paris exprime sa sidération face à ces pratiques et dénonce une "harmonisation" qui, bien loin de corriger les inégalités introduites par le principe de l’évaluation en contrôle continu, attribue aux candidat·es des notes arbitraires au mépris du travail fourni cette année par les élèves et leurs professeur·es.

Communiqué jury d’harmonisation bac 2021
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Santorin : dégradation des conditions de travail, surveillance des correcteurs-trices et désastre écologique

Santorin est le nouveau dispositif numérique dont s’est doté le ministère de l’éducation nationale pour les corrections de copies d’examen. Il nécessite la numérisation de toutes les copies d’examen, la mise au point d’un barème intégré à chaque épreuve, la distribution des lots de copies aux examinateurs-trices et le recueil des résultats de correction. Après avoir été testé les années précédentes pour les BTS ou les concours d’enseignement, c’est au tour des collègues de Philosophie et de Français à faire les frais des corrections 2.0 du baccalauréat 2021.

Pour les correctrices et les correcteurs, il s’agit clairement d’une dégradation des conditions de travail. Avec des lots de 120 à 140 copies à corriger en l’espace de huit à neuf jours, les collègues doivent passer plusieurs heures par jour devant leurs écrans, provoquant une fatigue oculaire importante, des céphalées et la détérioration de la qualité du sommeil. Par ailleurs, la correction de copies numérisées rend impossible le classement des copies afin de les comparer et d’ajuster les notes. Enfin les collègues pourraient être dépossédé-e-s des notes puisqu’ils et elles ne feront plus nécessairement partie du jury qui entérinera ou modifiera la note attribuée.

Pour le Ministère, le choix du numérique permet un saut dans la logique managériale de surveillance des professeur-e-s. Le recueil des données statistiques sur le travail de correction pourra permettre des réorganisations des corrections permettant d’améliorer la productivité des collègues, par la surveillance de l’avancement des corrections de copies par les rectorats, voire de redistribution de lots de copies de collègues jugé-e-s “inactifs et inactives”.

Un tel système numérique de correction a un coût plus important que le système traditionnel : coût budgétaire, mais aussi coût écologique avec le stockage de données massives et l’utilisation des ordinateurs par les correcteurs, les correctrices et les élèves qui consulteront leurs copies. La numérisation et surtout l’archivage en ligne des copies nécessitent la production constante d’une quantité importante d’électricité, sans compter la construction polluante du matériel utilisé massivement. C’est aussi un nouveau marché ouvert aux entreprises du numérique.

SUD Éducation dénonce
- cette nouvelle dégradation des conditions de travail des enseignant-e-s,
- la surveillance et la pression intolérables permises par ce dispositif,
- le gaspillage budgétaire et écologique de Santorin.

Santorin : dégradation des conditions de travail, surveillance des correcteurs-trices et désastre écologique

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L’AG interdisciplinaire d’Île-de-France appelle à un rassemblement vendredi 25 juin à proximité du ministère à 14h au métro Rue du Bac

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Lettre à l’inspection des correcteurs-trices de philosophie de Paris

Les correcteurs et correctrices de philosophie de l’Académie de Paris ont adressé un courrier collectif au doyen du groupe philosophie de l’IGESR et à l’IPR de philosophie concernant les conditions dans lesquelles se sont déroulées les réunions d’entente, les convocations aux jurys de délibération et la transmissions des copies et leur numérisation.

Lettre à l’inspection des correcteurs-trices de philosophie de Paris

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Grand oral : un fiasco inégalitaire

Communiqué de SUD éducation du 22 juin 2021

Les ratés du grand oral s’accumulent et montrent à quel point le ministère se révèle incapable d’organiser l’épreuve.

Les convocations sont communiquées très tardivement aux personnels, parfois après le début des épreuves. Elles occasionnent des déplacements importants de nombreux personnels loin de leur lieu d’affectation alors qu’un centre d’examen se trouve plus près. Des professeur-e-s de français et de philosophie ont même été convoqué-e-s au grand oral alors qu’ils et elles étaient déjà convoqué-e-s aux oraux de l’EAF ou ont à corriger plus de 150 copies.

Il est arrivé bien souvent que la constitution même des jurys pose problème, notamment car il manquait un-e enseignant-e dans la spécialité choisie par un-e candidat-e. L’administration a ainsi dû procéder à des réorganisations de dernières minutes, ou se résoudre à des compositions de jury illégales et inadaptées pédagogiquement avec des professeur-e-s de collège, d’autres qui n’enseignent pas en terminale ou encore des stagiaires.

Cette désorganisation révèle s’il en était encore besoin le degré d’impréparation du ministère et des académies.

D’après nos remontées, cette épreuve est particulièrement inégalitaire.
La survalorisation des éléments rhétoriques conduit à favoriser les candidat-e-s des classes supérieures et les garçons au détriment des candidat-e-s femmes et issu-e-s des classes populaires.

SUD éducation et d’autres organisations syndicales revendiquent depuis plusieurs mois la suppression de cette épreuve, qui n’est que le reflet de l’obsession de Blanquer pour une réforme du bac et du lycée taillée sur mesure pour le tri social.

Dans ces circonstances, SUD éducation invite les personnels à se réunir et discuter des modalités d’actions qui leur semblent adaptées et rappelle que son préavis de grève est à la disposition des personnels.

Communiqué de SUD éducation sur le grand oral

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Grève et rassemblement jeudi 17 juin à 14h au métro Rue du Bac

AG à 18h à la Bourse du travail

Le bac 2021 se passe dans des conditions inacceptables : inégalité entre établissements du fait des ajustements de la mise en place des mesures sanitaires et des absences individuelles liées au Covid, maintien du Grand oral sans préparation, numérisation des copies… Face à cette situation, SUD éducation appelle les personnels à se réunir au plus vite et à débattre des modalités d’action, et soutient les personnels qui se mettront en grève à l’occasion des surveillance, des jurys et des corrections.

Pour cette année exceptionnelle, SUD éducation refuse le dilemme entre contrôle continu injuste et examens finaux problématiques, et revendique la délivrance du baccalauréat et du brevet pour toutes et tous les candidat-e-s.

Extrait de la motion d’actualité du Conseil fédéral de SUD éducation.


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