Mairie de Paris : la crise sanitaire sert de prétexte pour couper dans le budget éducation

mardi 22 juin 2021
par  Sud éducation Paris
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En 2007, la ville de Paris a lancé l’opération chèque lire. Il s’agissait de donner un chèque-lecture de 15 euros à tous les élèves de CE1 des écoles situées en zone d’éducation prioritaire ainsi qu’aux enfants inscrits en ULIS ou en UPE2A. L’objectif annoncé de faciliter l’accès aux livres pour les enfants issu·es de familles à faible capital économique, se fondait sur des études sociologiques établissant que le rapport au livre est déterminant dans l’accès à des positions sociales choisies et non subies.

Cette année, s’étonnant de ne pas avoir de nouvelles de cette opération, des équipes pédagogiques se sont vu répondre que l’opération était annulée pour cause de restriction budgétaire liée à la crise sanitaire. Plus largement, il a été indiqué que les budgets d’investissement consacrés aux écoles baisseraient de 60%.

Loin de nous l’idée de nier que la crise sanitaire aggrave la crise économique et sociale en cours depuis plusieurs années. Nous ne cessons en effet depuis un an d’alerter sur les effets ravageurs de cette crise sur les familles dans les situations les plus précaires. Mais choisir l’éducation comme budget à faire baisser dans une telle proportion et supprimer des mesures telles les chèques lire sont des décisions qui malheureusement vont peser encore plus lourdement sur ces mêmes familles.

Pourtant, suite à la loi Blanquer promulguée en 2019, 13,1 millions d’euros ont été versés par l’État à la ville de Paris pour l’enseignement primaire. Certes, le but du gouvernement est de financer les écoles maternelles privées avec de l’argent public et une partie de cet argent a du être consacré à cela, mais dans une proportion qui n’excède pas 6,4 millions d’euros.

Alors même que la mairie de Paris va consacrer une grosse part de son budget 2021 à la création d’une police municipale nous sommes en droit de demander quelles sont donc les priorités de la municipalité ? Faut-il rappeler que la première violence subie par les parisien·nes des quartiers dits populaires est due à la pauvreté et que miser sur l’éducation permet davantage de réduire les inégalités sociales que d’investir dans la répression ?

Les enfants habitant Paris, du fait des réalités urbaines et de la politique du logement dans la capitale, ont particulièrement souffert de la crise sanitaire. Les décisions budgétaires que la Ville de Paris a prises, et qui affectent en premier lieu ces mêmes élèves, en sont d’autant plus incompréhensibles alors même qu’est affiché comme axe prioritaire du projet éducatif de territoire pour 2021-2026 « l’égalité et la réussite éducative de tous les enfants » (axe 2), le « renforcement de l’inclusion des enfants présentant des besoins éducatifs particuliers » (axe 3) et « l’amélioration de la santé et du bien-être de tous les enfants » (axe 4).

SUD éducation Paris demande donc à la Ville de Paris de revenir sur ces coupes budgétaires qui vont pénaliser en premier lieu les familles les plus défavorisées et les élèves qui ont le plus de besoin d’un accès facilité à la lecture et à la culture.

Plus largement, SUD éducation Paris continue de défendre un plan d’urgence pour l’éducation, qui permette de compenser les effets dévastateurs de la crise sanitaire et d’offrir à tous les élèves des conditions d’étude et de vie réellement favorables.

Communiqué coupes budgétaires Mairie de Paris
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