RAPPEL : jeudi 11 décembre, procès intermittents vs. CFDT

Délibéré le 22 janvier (cf. compte-rendu de l’audience sur : http://www.hns-info.net/spip.php?article16531 )
mercredi 10 décembre 2008
par  Sud75
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Ludovic Prieur, animateur du webmedia HNS-info et Michel de la Compagnie Jolie Môme, sont convoqués devant la 14e chambre du tribunal de Paris le jeudi 11 décembre 2008 à 13h suite à une plainte produite par la Direction nationale de la CFDT invoquant « la violation de domicile ».

(cf. site http://www.hns-info.net/spip.php?article16439)

Procès CFDT contre Ludo et Michel : un nouveau risque de perdre des libertés et des espaces de démocratie...

Les faits

Le 19 avril 2005, une centaine de chômeurs, intermittents, retraités, allocataires de minima sociaux se rend au siège parisien de la CFDT.
Par cette action, ils veulent dénoncer de nombreux accords signés par cette confédération syndicale et notamment ceux ayant trait au régime d’indemnisation des chômeurs, des précaires et des intermittents. Ils veulent rencontrer des dirigeants de la CFDT qui leur ont jusqu’ici toujours refusé un débat public contradictoire. En guise de débat et alors que le siège du boulevard de Belleville accueille une expo « la vie Graffiti - Entrée libre », la CFDT appelle la police dès l’arrivée du groupe. Après avoir tenu une assemblée dans la cafeteria du siège de la CFDT, réitéré leur demande de débat public sur les droits sociaux à laquelle les militants présents de la CFDT répondront par des quolibets, menaces et pressions physiques, les « visiteurs » quittent d’eux-mêmes les lieux. La police présente sur les lieux ne procédera à aucun type d’intervention.

Pratiques et lois Big Brother pour identifier des boucs émissaires

Deux ans plus tard, une quinzaine de personnes est convoquée par la Brigade de Répression de la Délinquance contre les Personnes.
On découvre alors que la Direction nationale de la CFDT a porté plainte pour « diffamation publique, injures, provocations à commettre des infractions dangereuses, violation de domicile, dégradations, vol, violences ayant entraîné une interruption temporaire de travail de moins de 8 jours » et qu’une instruction judiciaire a été ouverte ! Dans le cadre de la procédure, les dirigeants de la CFDT ont livré de nombreuses informations à la police afin d’identifier les auteurs de l’action : images enregistrées par le système de vidéosurveillance de la centrale syndicale, témoignages de salariés et militants de la CFDT, adresses de sites internet où des informations sur l’action ont été publiées, des noms de collectifs de précaires...

Michel et Ludo sont de ceux-là. Michel, reconnu sur des photos issues du système de vidéo-surveillance et identifié par la suite... Ludo, parce qu’il a écrit et publié sur le site HNS-info un article relatif à cette action... Lors de leur audition, tous deux confirment à l’officier de police leur présence au siège de la CFDT sans omettre d’expliquer politiquement les raisons de cette action et tout en niant les faits dénoncés par la direction nationale de la CFDT. Pour l’anecdote, le vol se caractérisait par la disparition d’une affiche faisant la pub de la sortie de l’alors dernier livre de Chérèque...
Dans le bureau d’un juge d’instruction, tous deux se verront confirmer leur mise en examen pour « violation de domicile ». Une première fois fixé en juin 2008, le procès se déroulera le 11 décembre 2008 à 13h à la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, (Palais de Justice, Metro Cité).

Une attaque contre les activistes et leurs pratiques...
Au delà des risques encourus individuellement par Ludo et Michel (jusqu’à 1 an de prison ferme et 15000 euro d’amende), l’enjeu de ce procès n’aura échappé à personne : il s’agit de criminaliser des pratiques politiques, telles que la « visite » et l’« occupation » !
Si la direction de la CFDT sortait victorieuse de ce procès, cela donnerait lieu à une jurisprudence ouvrant la voie à la condamnation de tout auteur de visite et/ou d’occupation de locaux ou d’espaces, publics ou privés. Ces pratiques sont diffuses et constituantes des mouvements et réseaux de précaires, comme pour les associatifs et activistes écologistes, les défenseurs des libertés et des personnes ou encore des malades, ... Les rendre hors la loi, ne reviendrait-il pas à restreindre les espaces et expressions démocratiques ?

... et contre la liberté d’informer et de communiquer
Si Ludo a été inclus dans ces poursuites judiciaires c’est parce qu’il a pu être identifié au travers d’un article écrit et publié sur HNS-info relatif à cette visite ; technologies et lois Big Brother permettant.
C’est donc une attaque contre l’information alternative, libre, associative, citoyenne... En effet, en cas de décision favorable à la centrale de Chérèque, une jurisprudence pourrait viser tous ceux et toutes celles qui produisent de l’information de terrain sans être titulaire d’une carte de presse. Restreindre aux seuls professionnels de l’information, le droit de relater, de relayer, de raconter ce qui se passe sur nos territoires, ne représenterait-il pas une atteinte à la liberté d’expression et d’information ?

Que se passe-t-il ?

L’arrestation d’une cellule invisible sur la base de preuves tout autant invisibles proposant, en direct live, une version locale de la guerre planétaire contre le terrorisme. Des élèves et enseignants insultés, menacés, humiliés et pour finir traumatisés par des gendarmes et leurs chiens. Un journaliste gratuitement maltraité et humilié. Des parents sans papiers arrêtés dans les écoles. Des enfants séparés de leurs parents. Des expulsions à tout va. Des suicides à répétition dans les prisons. Des SDF mourant dans les bois parisiens, le DAL et les enfants de Don Quichotte condamnés, ...
La liste pourrait noircir de nombreuses pages et remplit, en partie, le quotidien des publications sur HNS-info... Au travers de ce procès, la direction de la CFDT n’apporte-t-elle pas sa pierre à l’édifice d’un climat toujours plus tendu et répressif où toute dialectique semble devenue impossible ?

Une mobilisation en marche et inscrite dans l’actualité

Plus de onze mille personnes ont déjà souscrit à la pétition de soutien à Ludo et Michel, « Si j’avais su, j’y serais allé ».

Les masques sont tombés ! Pendant que ceux qui promettaient la hausse du pouvoir d’achat vantent désormais les mérites du travail partiel, des centaines de milliers de foyers entrent dans la précarité ou s’y enfoncent ! De nouvelles négociations de la Convention Unedic sont en acte et si l’on se base sur le sort tout récemment réservé aux pigistes on peut s’attendre à ce que les droits des précaires soient encore réduits en contrepartie de l’imposition de nouveaux devoirs et contraintes.

La manifestation « contre le chômage et la précarité, pour de nouveaux droits sociaux » du 6 décembre prochain représente un rendez-vous important pour toutes celles et tous ceux qui refusent de payer leur crise.

Le rassemblement devant le palais de justice lors du procès contre Ludo et Michel le 11 décembre 2008, pour toutes les raisons invoquées, sera le rassemblement de toutes celles et tous ceux qui entendent défendre les libertés et les espaces d’expression et obtenir de nouveaux droits pour toutes et tous.

HNS-info
Communiqué, 5 décembre 2008.
www.hns-info.net


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