Le Journal n° 216

samedi 4 octobre 2008

A qui le tour ?

Décidément, il est des « avancées significatives » dont le goût reste amer même des années après. L’annonce dès le début de l’été d’une nouvelle hémorragie dans l’Education Nationale ainsi que la fin programmée des Co-psy nous renvoie immanquablement au deal passé en 2003 entre Sarkozy et les représentants des grandes organisations syndicales. Au paroxysme de la lutte contre la réforme des retraites et contre la décentralisation, un aréopage de syndicalistes complaisants avaient permis la liquidation des personnels ouvriers pour maintenir les co-psy dans le giron de l’Education Nationale. La faillite de cette stratégie de négociation au mépris du rapport de force engagé à la base par les travailleurs en lutte est aujourd’hui éclatante.

Cette incurie qui se manifeste aussi par une volonté de cloisonnement catégoriel ou interprofessionnel n’en finit pas de nous conduire de défaites en défaites. Faut-il encore rappeler l’isolement des cheminots et des étudiants à l’automne 2007 puis le décalage entre les luttes du second degré et celles du premier degré au cours du premier semestre, tandis que les journées d’actions sur le pouvoir d’achat, les franchises médicales s’égrenaient ?

Ce constat bien peu optimiste nous montre au moins une chose : la réussite du mouvement social ou l’avancée sur des revendications ne peut pas passer par une vision morcelée, parcellaire : le 11 septembre, une non journée d’action dans l’éducation, le 23 septembre une grève des postiers, le 7 octobre une autre journée d’inaction à l’initiative de la CGT et le dimanche 19 du même mois, une promenade dominicale dans les rues de la capitale contre Darcos ! Les attaques dont sont victimes les services publics et toutes les formes de solidarité sont cohérentes, elles relèvent d’un système de pensée global qui ne peut pas être défié ou déstabilisé alors que nous sommes en ordre dispersé.

L’appétit de destruction de nos gouvernants n’est pas satisfait, le chantier des réformes n’est pas achevé. Il importe donc dans ces luttes à venir de briser la spirale qui confine chaque jour un peu plus la majorité à la misère pendant qu’une minorité appuyée par le pouvoir politique n’en finit pas de se partager le monde. Il n’existe pas de solutions toutes faites mais à Sud Education nous croyons que c’est sur la base de mouvements intercatégoriels, interprofessionnels souverains que nous pourrons être assez forts et faire reculer l’adversité.



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