Journal n°280 - 7 juin 2018 - En guerre sociale

mardi 12 juin 2018
par  Sud éducation Paris
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Sommaire

- p. 2 : ParcourSup : premiers bilans
- p. 3 : 1er degré : Temps partiels, dispos, détachements : les critères opportunistes du Rectorat
- pp. 4 et 5 : 1er degré : Guider et recommander pour mieux diriger élèves... et enseignant-es
- p. 6 : Supérieur : Non à la mise sous tutelle des départements réfractaires de Paris-1 et Paris-3 à ParcourSup !
- p. 7 : 2nd degré : Bilan de l’année 2017-2018 à Paris et ailleurs
- p. 8 : LP : Patrons, hors du lycée !
- p. 9 : École Guadeloupe (18e) : une lutte contre l’insalubrité
- Pages centrales : AED et AP Renouvellement or not ? & AESH Fin d’année scolaire : je n’ai plus d’élèves, qu’est-ce que je fais ?

Journal n°280 - 7 juin 2018 - En guerre sociale

Édito

Le principe même de la démocratie, c’est de faire en sorte que le plus grand nombre puisse bénéficier des bienfaits des décisions prises ; que les besoins de tous·tes soient pris en compte dans un esprit d’équité et de justice ; que les temps d’écoute et de dialogue soient pris en compte… Bref la démocratie est un exercice difficile qui demande du temps et du recul. Ce n’est pas du tout ce qui est en train de se passer.

L’oligarchie actuellement au pouvoir veut aller vite. Elle prétexte des mandats électoraux qui seraient censés la légitimer. Elle souhaite réformer car elle estime que c’est dans l’intérêt de tous·tes. Et en attendant, les mensonges passent, relayés par des médias au service des puissants. Car la triste vérité est là : l’action gouvernementale ne sert qu’une petite caste rivée dans ses certitudes libérales et sûre de sa force !

Macron se veut rassurant : les travailleurs·ses, les salarié·es, les étudiant·es, les cheminot·es, les retraité·es sortiront gagnant·es des mesures fiscales iniques, des privatisations insensées, des réformes imbéciles, de la sélection à tout moment de la vie. On ruine nos conquêtes sociales en avançant que c’est nécessaire. On continue à nous vendre du pouvoir d’achat, de la réussite pour chacun·e et de la sécurité. Le gouvernement parle à nos estomacs… Il est temps d’élever le débat !

Les attaques sans précédent conduites aujourd’hui sont un terrible choix de société. Défaire la fonction publique et les solidarités collectives, c’est mettre sur un piédestal l’individualisme roi. C’est aussi faire un grand bond en arrière. On peut mourir à l’hôpital, se tuer à la tâche au travail, se noyer dans l’échec scolaire à l’école, la parole macronienne dissimule continuellement l’abandon des plus défavorisés. Le choix est parfaitement assumé. Et pendant ce temps, les nantis fanfaronnent !

C’est une guerre ! une guerre menée par le conservatisme et le mépris des puissants, avec son lot de répressions sociales et policières ; une guerre contre l’intérêt collectif que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre et, bien entendu, à laquelle nous nous devons de participer. Le caractère belliciste du propos peut effrayer mais il est à la hauteur des enjeux. D’autres pays sont passés par là, en particulier le Royaume-Uni et l’Allemagne où les dégâts sociaux sont énormes.

Le système éducatif est un secteur qui peut paraître encore préservé. L’école est en effet un sujet sensible. Les réformettes de Blanquer n’ont fait que confirmer cette volonté d’accompagner les dynamiques gouvernementales. Rien de significatif en faveur d’une éducation émancipatrice et égalitaire. Se profile plutôt une école au service des logiques économiques.

Nous dépouiller de nos services publics et en organiser la main mise par l’entreprise, c’est amorcer une véritable bombe à retardement dans nos quotidiens. Des velléités de lutte existent mais on veut nous faire comprendre qu’elles n’ont pas voix au chapitre. L’option de Macron est claire et elle ne sert qu’un petit nombre qui s’enrichit à outrance. Mais attention… Gérard Mordillat, en guise de conclusion de son livre La Tour abolie, écrit ces quelques mots : « Quand les pauvres n’auront plus rien à manger, ils mangeront les riches. »


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