lycée pro : Patrons, hors du lycée !

mardi 12 juin 2018
par  Sud éducation Paris
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Le 28 mai 2018, le ministre de l’Éducation nationale a présenté sa réforme de l’enseignement professionnel. C’est désormais officiel, le lycée professionnel devient l’école de la relégation sociale. L’école de l’entreprise, l’école qui sert à former la main d’œuvre du Medef. Le développement de l’esprit critique laisse place à l’acquisition de compétences en fonction des besoins d’un territoire donné.

Parmi les mesures présentées :

- la baisse des heures d’enseignement auprès des élèves. On s’aperçoit que cette reforme censée créer des Harvard du professionnel diminue le nombre d’heures d’enseignement, logique difficilement compréhensible lorsque l’on s’intéresse à la réussite des élèves ;

- le développement de l’apprentissage, la mixité des parcours et des publics sont une menace sur le statut des PLP, les 1 h hebdomadaires, les formations sous statut scolaire et surtout pour la réussite de nos élèves ;

- les regroupements de spécialités en 15 métiers ont déjà montré leurs effets désastreux pour les élèves comme pour les personnels avec l’exemple dramatique du bac gestion administration. Malgré tout, le ministre s’obstine et regroupe quasiment tous les bac pro. L’année de seconde servira à déterminer dans quelle spécialité du métier ils iront. La gestion administration sera regroupée avec la logistique et alors que les élèves de bac pro sont les premières victimes de Parcoursup, rien n’est prévu pour les améliorer les débouchés post-bac. Sous des prétextes de modernité, de numérisation de la société, d’écologie, il s’agit encore d’une réforme idéologique et comptable. Idéologique car les élèves seront formé·es comme de simples exécutant·es et serviront de main d’œuvre peu qualifiée aux entreprises. Comptable en baissant le nombre d’heure d’enseignement, le but recherché et de diminuer le « coût » du lycée pro, au sein de l’éducation nationale.

À terme cette réforme pourrait supprimer 6 000 postes d’enseignant·es, diminuer le nombre d’heures d’enseignement ; mélanger les publics sous statut scolaire et formation initiale. C’est-à-dire rendre plus difficiles les conditions de scolarité de nos élèves !

Or les suppressions de postes prévues dans les DHG 2018/2019 des LP ne nous semblent pas aller dans le sens d’un meilleur encadrement dont les élèves de LP ont grandement besoin.

Pour Sud éducation, donner la priorité à l’enseignement professionnel, c’est lui donner les moyens de fonctionner correctement. Non seulement, M. Blanquer fait tout l’inverse mais en plus il mène une politique idéologique de généralisation des contrats d’apprentissage. Les PLP ne laisseront pas attaquer leur statut, saborder l’enseignement professionnel et enfermer nos élèves dans des rôles d’exécutant·es avec des compétences définies par le monde l’entreprise.

Une autre école, une autre société !


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