LE SERVICE MINIMUM, C’EST LA FIN DE LA GRÈVE. LA FIN DE LA GRÈVE, C’EST LA FIN DE LA LUTTE !

jeudi 21 juin 2007
par  sud75
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La promesse gouvernementale d’un « service public minimum » concentre aujourd’hui bien des enjeux de société. Présenté comme un service dû aux usagers, le service minimum remporte un succès croissant auprès des salariés du privé, mais aussi du public dès lors qu’il ne s’agit pas de leur entreprise.

Ne nous laissons pas intimider par les résultats électoraux ni par la pression de l’opinion. Le service minimum n’est que le faire-valoir d’une atteinte au droit de grève. Il ne s’agit donc pas de négocier des aménagements, comme se sont empressés de le clamer les leaders des centrales syndicales historiques, qui y voient une monnaie d’échange pour leur représentativité. Nous ne devons avoir qu’un seul discours, celui de la défense de la grève qui, avant d’avoir été reconnue comme droit constitutionnel a d’abord été la seule modalité de lutte et de revendication du monde ouvrier.

Il faut prendre au sérieux la rupture annoncée par le nouveau gouvernement. Le mouvement ouvrier a mis près de 150 ans à conquérir le droit d’exister et de revendiquer. La grève en fait partie intégrante. On a tendance aujourd’hui à l’oublier, notamment parce qu’il y a eu institutionnalisation de revendications qui tiennent moins au bon vouloir de l’État et du patronat qu’aux luttes : que serait la réduction du temps de travail, les congés payés, un salaire minimum sans la grève ?

Oui, faire grève, pour tous, c’est la garantie de l’expression de nos revendications car l’histoire nous a appris qu’il fallait imposer nos droits et nos conquêtes à ceux qui n’en veulent jamais au nom du prétendu réalisme économique.
Il n’y a certes pas de droits acquis, mais des droits conquis, par la seule force dont disposent les salariés : la grève. Ne croyons pas qu’on sauverait tout en autorisant ici où là une limitation de ce droit : le service minimum nous priverait, quel que soit notre secteur d’activité, de moyen de pression sur les autorités.

Oui les parents sont gênés lorsque l’école n’accueille pas les enfants, mais qui a dit qu’il s’agissait d’un service de garde ? Oui les salariés sont gênés pour se rendre au travail lorsque les trains ne circulent pas, mais pourquoi alors ne pas intégrer un droit à congé en cas de grève de transport ? Le patronat qui bénéficie depuis des années de ces transports de main-d’œuvre qu’il ne paie pas - quand il ne se délocalise pas pour en profiter davantage - doit bien là aussi être mis à contribution !

Aujourd’hui, au sortir d’une série de dimanches électoraux, de soi-disant surprise en apparente contre-surprise, on nous dit que « l’électorat » a envoyé un « signe » au gouvernement pour protester contre ses premières mesures (abaissement du bouclier fiscal pour les plus riches, TVA sociale...). Ne nous laissons pas endormir : si la majorité de la droite au parlement est moindre qu’annoncée, elle est absolue et lui suffira à faire passer ce qu’elle voudra. Si « l’électorat » veut s’opposer aux mesures du gouvernement, il ne faudra pas attendre les prochaines échéances électorales dans 5 ans : ce sera trop tard !

Un seul moyen : la grève !

Opposons au slogan du service minimum celui de la grève générale !


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Le journal N° 209

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