Le Journal n° 211

mardi 11 décembre 2007
par  sud75
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LA GREVE DURAILLE

Partenariats sociaux antigrève

Le gouvernement, les médias, la CFDT, la FSU, le MEDEF... on était habitués. Il faut maintenant ajouter la direction de la CGT à cette liste non exhaustive d’anti-grévistes. La grève contre les régimes spéciaux de retraites a révélé clairement cette fois que les orientations politiques et les choix syndicaux de Bernard Thibaut, des dirigeants confédéraux et des responsables de la fédération des cheminots CGT sont les mêmes que ceux des représentants des intérêts patronaux. Si ardemment opposés à toute convergence avec les étudiants et la fonction publique, les dirigeants CGT ont, par contre, vu d’un oeil très favorable la convergence avec les plans gouvernementaux au point que, des ministres au président en passant par la responsable du MEDEF, tous se sont répandus sur les ondes et dans la presse pour exprimer leur satisfaction et leur reconnaissance à l’égard du sens des responsabilités et du ralliement à la raison de Bernard Thibaut. Jusqu’à “l’opposition” (opposition à quoi ?), puisque François Hollande a dans la presse régionale félicité Thibaut et déclaré que SUD représentait “le syndicalisme qu’il faut combattre” (sic).

Les très nombreux adhérents de la CGT qui se sont massivement mis en grève pendant près de deux semaines pour s’opposer à la contre-réforme gouvernementale des retraites se retrouvent désavoués par leur propre direction syndicale. Non seulement la CGT ne s’est jamais prononcée contre l’augmentation du nombre d’années de travail et l’alignement sur les 40 annuités, mais elle a poussé, de concert avec le gouvernement, à négocier par entreprise, régime par régime, divisant ainsi les personnels pour les mettre devant le fait accompli de la contre-réforme, ne proposant de négocier que de piètres compensations.

Matraquage médiatique

Dès le début de la grève, le matraquage médiatique du gouvernement, tentant en vain d’ailleurs de discréditer les grévistes en les isolant dans l’opinion, en donnant sans arrêt la parole aux mécontents et anti-grève, sans jamais la donner vraiment aux grévistes eux-mêmes, a trouvé comme écho le corporatisme de la FGAAC, la propagande de l’UNSA ouvertement favorable à la contre-réforme des régimes spéciaux de retraite, le servilisme pro-gouvernemental de la CFDT et l’argument largement développé par la CGT de l’impossibilité de gagner.

Les temps sont durs. Après la FSU en 2003 qui avait lâché les grévistes et permis la décentralisation des TOS de l’éducation et l’alignement des fonctionnaires sur les 40 annuités, la baisse des pensions, les décotes... c’est maintenant la CGT qui préfère son statut d’organisation raisonnable et responsable pour soigner sa position de candidate aux sinécures et planques bureaucratiques dans les instances européennes et internationales plutôt que de défendre les conquêtes sociales des salariés. (suite p.2) (suite de la page 1)

“L’avaleur” n’attend pas le nombre des années

Dans la grève des étudiants, c’est l’Unef qui remplit le rôle de la démobilisation au service de Pécresse, des doyens d’université et du Medef. Petits et jeunes peut-être mais déjà sur la rampe de lancement des carrières politiques au PS, n’est-ce pas M. Julliard ?

Et pourquoi un tel silence autour de la mobilisation des universités et des lycées ? Serait-ce une tactique parallèle et complémentaire visant à étouffer toute tentative de grève pour mieux la discréditer ensuite ? Ne s’agit-il pas de nous faire admettre, en fin de compte, que ce serait une erreur de s’opposer aux projets gouvernementaux de manière générale, que la grève de plus d’une journée serait vaine et qu’il ne nous resterait à négocier que la quantité de sirop pour faire passer la pillule ?


Pour l’unité syndicale à la base

Les grèvistes de novembre 2007 ont dénoncé cet encadrement social orchestré conjointement par le gouvernement et les "partenaires sociaux". Nos camarades de SUD Rail ont mis toutes leurs forces pour assurer le succés de la grève. Il a vraiment fallu tout ce renforcement du camp antigrève pour permettre le passage en force du gouvernement et du Medef. Il a vraiment fallu la division syndicale instillée dès le départ et tout au long de la grève par la direction CGT défaitiste qui ne s’opposait pas directement au projet du gouvernement.

A nous de renforcer le syndicalisme qui s’appuie sur l’unité syndicale dans les assemblées générales décisionnaires que SUD Rail a su faire vivre. Les victoires prochaines en dépendent tout autant que de notre capacité à déjouer les calendriers des mobilisations concoctés par les CGT, CFDT, FSU et consorts qui visent à empêcher toute convergence, perspective publiquement combattue par ces directions syndicales.

Les luttes catégorielles, entreprise par entreprise, voire branche par branche, sont condamnées à l’échec parce que détournées au profit des stratégies contre-réformistes des états-majors politiques et syndicaux. A nous de préparer le mouvement d’ampleur, largement interprofessionnel qui fera reculer le gouvernement sur la prochaine attaque contre les retraites programmée pour le premier semestre 2008.


Documents joints

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