Heures défiscalisées, miroir aux alouettes.

vendredi 15 février 2008
par  sud75
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Remettre en cause des gains potentiels alors que les salaires n’augmentent pas n’est pas une chose aisée. C’est d’autant moins facile que parallèlement le prix des biens de consommation courante s’envole, que l’immobilier est une valeur refuge en temps de fortes perturbations boursières avec pour corollaire la flambée des prix du loyers. Pourtant les belles promesses des heures supplémentaires défiscalisées ne doivent pas masquer leur perversité. Elles sont l’incarnation du « travailler plus pour gagner plus ».

Il suffit d’interroger le « travailler plus » ,de le confronter au chômage de masse et à la précarité pour comprendre qu’il ne vise que l’exploitation des travailleurs et non la résorption des problèmes sociaux. Mais l’aspect le plus redoutable réside sans doute dans le « gagner plus ».

Ce concept élude complètement le rapport de force qui existe entre les revenus du travail et les revenus du capital or c’est à leur point de friction que s’élabore notre système de protection sociale. D’ailleurs depuis plus de 25 ans les pressions exercées par les organisations patronales, l’action des différents gouvernements (exonération des cotisations patronales) ont largement participé à l’augmentation du capital au détriment du travail contribuant ainsi à la sous-alimentation des différentes caisses (retraites, maladie...).Le principe même des heures supplémentaires défiscalisées porte en lui la volonté de ne pas rééquilibrer le rapport à établir entre les salaires et le capital.

D’abord, ces heures ne contribuent pas au système de protection sociale puisqu’elles ne sont pas soumises aux prélèvements sociaux. Elles sont symptomatiques de la résignation générale alors que la seule logique qui pourrait permettre de pérenniser notre système serait celle de reconquête du salaire par rapport au capital. Enfin, elles sont financées par l’impôt sur le revenu qui dans ce contexte est lui aussi un symbole d’injustice sociale. Il n’est plus craint par les plus fortunés grâce à l’existence du bouclier fiscal, il pèse de manière quasiment constante sur les revenus moyens (sa baisse étant compensée par toutes les hausses décrites plus haut) et n’engage pas le nécessaire rapport de force à créer sur le salaire.

Enfin la hausse du pouvoir d’achat telle que la promeut le gouvernement s’appuie sur une conception ultra libérale du développement.

L’augmentation des salaires rend possible des avancées sociales, l’augmentation du pouvoir d’achat accroît simplement la capacité à consommer.

Or dans le contexte de remise en cause des acquis sociaux, la hausse de la consommation ne doit pas être l’alternative à notre système de protection sociale. Aujourd’hui c’est le niveau de vie social qu’il faut revendiquer : services publics gratuits et non marchands, droit à la santé, transports collectifs développés, éducation offerte à tous.
La dénonciation de ce dispositif n’est pas teintée de moralité, elle se veut ancrée dans un contexte de casse des retraites par répartition (les rapports commandités évoquent 41 voire 42 ou 43 ans d’activité), d’instauration de franchises médicales, de précarisation rampante.

Dans l’Education Nationale, la multiplication des heures supplémentaires est le pendant des suppressions de postes sans précédent qui affectent les collèges et les lycées.

Regagnons le terrain perdu par les salaires.

Refusons les heures supplémentaires au nom de la protection sociale et des postes qui disparaissent.

Exigeons des postes et des emplois statutaires de la fonction publique.


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