PERSONNELS EN RETRAIT A PARIS LUNDI 23 JANVIER

(EREA/SEP Jean-Jaurès, Paris 19e)
vendredi 20 janvier 2006
par  Sud75
popularité : 5%

Devant l’augmentation de l’occurence et de la gravité des incidents dans l’établissement ces derniers jours :

- menace d’un élève par un autre avec un cutter,
- émeutes dans la cour et dans la cantine (dont le service a dù être interrompu),
- agression physique d’une assistante d’éducation,
- agression physique d’une enseignante,
- insultes fréquentes du personnel,
- dégradations des locaux,
- bagarre en classe avec des chaises,
- bagarres, racket, incivilités, racisme et animosité au quotidien, qui génèrent une souffrance morale chez la plupart des élèves,
- travail en classe également devenu très difficile, voire impossible (hurlements, va-et-vient, coups de pieds dans les portes, intrusions dans les classes...),

nous ne sommes plus en mesure d’assurer la sécurité de nos élèves et craignons également pour celle des personnels dans l’établissement.
Suite à une réunion générale dans laquelle des représentants d’élèves sont intervenus pour faire part à l’ensemble des adultes de leur détresse face à ces situations, et après avoir alerté jeudi le chef d’établissement, nous avons décidé, d’exercer notre droit de retrait, à partir de lundi 23 janvier.

Les diminutions de moyens d’enseignement, d’éducation et de surveillance de ces dernières années ont abouti à la multiplicité d’incidents donnant lieu à des exclusions temporaires ou définitives, d’élèves qui sont pourtant inscrits dans un “Etablissement d’Enseignement Adapté”, qui aujourd’hui n’a plus d’adapté que son intitulé.
Nos missions d’éducation et d’enseignement ne peuvent plus être remplies dans un établissement qui gère la violence au jour le jour, et est devenu, non plus un lieu d’intégration mais un dispositif d’exclusion scolaire, pour des jeunes souffrant pour la plupart déjà de la plus grande exclusion sociale. Nombre d’entre eux, en effet, sont logés dans des conditions de précarité et d’insalubrité, ne consomment de repas chauds qu’à la demi-pension, n’ont pas accès aux soins dont ils auraient besoin...
Pour 221 élèves dont 87 en enseignement adapté, l’établissement bénéficie seulement d’un mi-temps de psychologue scolaire, de 2/3 temps d’infirmière, d’un mi-temps d’assistant social.
La suppression d’un éducateur et des moyens de suivi et d’orientation laisse les assistants d’éducation (de moins en moins nombreux), censés assister les équipes et non remplir leurs fonctions sans formation, bien seuls, désarmés, et constamment exposés à des situations auxquelles ils ne sont pas préparés.
La rotation des personnels, et l’affectation arbitraire d’enseignants non formés, entrave la possibilité de constituer des équipes pédagogiques sur la durée.
A cela s’ajoutent des problèmes d’hygiène et de sécurité, particulièrement dans les ateliers de formation professionnelle :
- Les formations de menuiserie ont été remplacées par des formations de taille de pierre, générant des poussières reconnues dangereuses notamment pour les poumons et pour la peau, dans des locaux confinés, sans dispositif d’extraction appropriés.
- Des locaux, en sous-sol, conçus pour des ateliers de reliure et de cartonnage, sont maintenant utilisés pour des formations de carrelage et de pose de sols moquette, utilisant des solvants sans ventilation suffisante.

Les restrictions budgétaires qui ont d’abord affecté l’efficacité de notre travail auprès des jeunes et la qualité du service public que nous leur rendions, tout comme nous le rendions à la collectivité, mettent nos élèves et nous mettent maintenant, moralement, sanitairement et physiquement en danger.


Annonces

Solidarité


PNG

PNG