Le journal N° 214

jeudi 19 juin 2008
par  sud75
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ENSEMBLE CONTRE LA CASSE DES SERVICES PUBLICS !

SOMMAIRE :

pp.1-2 Edito “Ensemble contre la casse des services publics !”

p.3 IUFM / Base-Élèves

pp.4-5-6 Grève 1er degré

pp.7-8 1er degré : carte scolaire / postes E

pp.8-9 Convergences, précarité DASCO

+ 6 pages “De la maternelle à l’université”

+ 4 pages “Refus des évaluations nationales”


Edito

La mobilisation parents-enseignants-élèves dans les départements montre que l’affaire qui nous préoccupe est d’une gravité extrême.

Nous n’avons pas affaire à une énième réforme, à de simples fermetures de postes ou de simples diminutions de moyens, qui pourraient faire partie d’un plan de rigueur pour assainir les finances de l’État, ou à un simple changement de programme qui pourrait s’expliquer par des considérations pédagogiques étayées ; il ne s’agit nullement de « faire des économies » ou « d’améliorer le système éducatif » !

Nous avons affaire à une série savamment concertée de mesures éparses qui, si elles aboutissent, là, cette année, porteront un coup fatal au service public d’éducation dont la défense est un de nos objectifs statutaires.
Nous sommes dans l’application stricte des accords mondiaux d’ouverture du marché de l’éducation à la concurrence, dans le cadre de l’Accord Général sur le Commerce et les Services qui stipule que toute activité humaine doit être marchandisée. Pour d’autres que nous, parents-enseignants-élèves, qui attendent en rongeant leur frein, le secteur éducation représente des milliards d’euros de profits à venir...

En déconsidérant et en appauvrissant au maximum l’offre des écoles, collèges, lycées et universités, en termes de temps, de personnels formés et disponibles, de contenus, de possibilités de formations et d’orientations, d’accompagnements psycho-médico-socio-éducatifs ou culturels ainsi qu’en termes de services tout aussi indispensables à l’hygiène, à la sécurité ou à la restauration... la « modernisation » proposée transforme les usagers en clients : la fraction la plus aisée de la population se tournera automatiquement vers les offres privées lucratives et financées par les économies réalisées sur le dos du public.
C’est ce que laissent entrevoir les projets de financement, ciblés sur le réseau catholique, d’heures supplémentaires pour les enseignants des écoles confessionnelles pour le soutien scolaire pendant les vacances ou d’aides à l’implantation d’établissements en banlieue, qui s’ajoutent aux reversements des municipalités...
C’est déjà plus ou moins le cas pour une bonne partie du soutien scolaire (dont la publicité fleurit sur nos murs), des prises en charge sanitaires et sociales, comme cela a déjà été le cas de la restauration scolaire ou la prise en charge éducative, tous éléments du service public délégués à l’extérieur.

Avec les « nouveaux » programmes pour le primaire, le service minimum quotidien généralisé, la fin des accompagnements, des RASED, des CPE, des CDI, des CIO, des corps de remplaçants, qui complètera la disparition des surveillants, avec la désectorisation et la mise en concurrence des établissements, nous entrons dans le système britannique ou américain, où seuls les pauvres vont à l’école publique car ils n’ont pas les moyens de se payer une scolarité de qualité, privée et payante.

Il y a longtemps que ces mesures sont annoncées et que, les uns et les autres, nous secouons la tête avec désapprobation ou que nous signons des pétitions aussi vaines que dérisoires face aux prédateurs « décomplexés » auxquels nous nous affrontons. Il est urgent de réagir fermement, tous ensemble, pour empêcher, coûte que coûte, la mise à mort du service public d’éducation !

Notre réaction doit être à la mesure des attaques portées contre lui et contre nous ! Le moindre atermoiement, la moindre tiédeur, tout sera mis à profit pour nous diviser et éviter que nous nous mettions en travers du chemin des démolisseurs ! Il n’y a pas de « couacs » ou d’erreurs : les annonces sont fignolées par des spécialistes de la communication et distillées de façon dispersée, apparemment décousue et incohérente, pour nous tromper et disperser aussi nos réactions, nous faire hésiter face aux leurres, nous diviser. Mais lors de leur application, si nous les laissons passer, le piège se révèlera très cohérent, mais trop tard ! Dans la foulée des gouvernements précédents, la bande à Sarkozy s’affaire depuis plus d’un an à la sape de l’édifice Éducation nationale au nom d’un soi-disant mandat pour « améliorer » l’État français sous les directives européennes.

Souvenons-nous aussi que nous avons déjà perdu le service public de santé, celui de la Poste, celui des Télécom’s, de l’EDF-GDF, etc. ; nous avons aussi perdu nos retraites, car les luttes de résistance entamées pour leur défense n’ont pas été menées jusqu’au bout...
Allons-nous maintenant abandonner le service public d’éducation qui a mis plus d’un siècle à s’installer ?

La mobilisation parents-enseignants-élèves est effective localement ou ne demande qu’à se développer. Il lui manque cruellement un relais syndical suffisamment large et offensif, plus encore au niveau national que parisien.
En effet, la plupart des organisations dites représentatives semblent courir après les annonces successives de Sarkozy & Co. Face à la vigueur et la multiplication des attaques gouvernementales, leur imagination se limite à ressortir leurs ballons pour de poussifs « République-Nation » (ou équivalents) hebdomadaires. Comme si chaque coup reçu assommait un peu plus ce vieux syndicalisme fatigué, alors qu’il devrait susciter l’indispensable sursaut.
Pour SUD Education en tout cas, pas question de laisser faire les fossoyeurs des droits sociaux et des services publics, pas question non plus de céder aux sirènes du syndicalisme d’accompagnement vaguement masqué par le rituel des journées dites « d’action » qui n’ont jamais aussi mal porté leur nom et ne trompent plus personne, à commencer par le gouvernement et le patronat.

C’est par une action déterminée - comme l’ont notamment montré, ces dernières semaines, les lycéens en lutte, les enseignants en grève reconductible, les parents d’élèves occupant les écoles - et nécessairement de plus en plus large que nous mettrons un coup d’arrêt définitif à la casse programmée. SUD Education y appelle sans tarder.


N° 214
De la maternelle à l’université
Refus des évaluations nationales

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