DOLTO, LURÇAT, OUVRIERS, ADMINISTRATIFS ET ENSEIGNANTS S’OPPOSENT À L’AUTORITARISME

lundi 5 octobre 2009
par  sud75
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Ouvriers et enseignants du collège Dolto ont ensemble décidé de se mettre en grève mardi 29 septembre pour demander le départ de leur gestionnaire. Ils ont reconduit très majoritairement leur grève toute la semaine. À leur demande, SUD éducation Paris avait déposé un préavis de grève auprès du rectorat et de la DASCO.

Depuis l’arrivée d’une nouvelle gestionnaire dans l’établissement, les relations se sont tendues. De commandes non passées en salles de classe vidées de leur matériel de travail, de remarques hautaines en clés confisquées, d’ordres intempestifs en interdictions non moins surprenantes, les personnels en ont assez. Ils n’en peuvent plus et sont en colère de la façon dont ils sont considérés. Depuis trois ans que le problème existe, il n’a fait que s’aggraver. Ils n’en peuvent plus des brimades quotidiennes et souhaitent enfin être réellement entendus par le rectorat qu’ils ont cependant maintes fois alerté par le passé. Tous l’affirment, les limites ont largement été dépassées.

Grâce à leur grève, les personnels ont imposé ensemble d’être entendus à la Direction scolaire de la ville de Paris dont les agents dépendent et par le rectorat. Accompagnés de SUD éducation pour l’ensemble des personnels enseignants et ouvriers et par l’Unsa Dasco pour les ouvriers, les portes du rectorat ses ont ouvertes deux fois en 48 heures ! Monsieur Michellet, nouveau directeur de l’académie, qui représentait l’administration rectorale lors du deuxième rendez-vous a même accepté de se rendre dans l’établissement pour y rencontrer les personnels grévistes.

Quelques peu dubitatifs sur le confinement de la gestionnaire dans son bureau, proposé par le directeur d’académie, de façon à ce qu’il n’y ait plus aucun contact avec les personnels, ces derniers ont tout de même pris acte qu’une inspection générale était diligentée immédiatement pour une conclusion dans des délais les plus brefs. Forts de cette avancée, les personnels ont décidé de reprendre le travail en attendant les conclusions de l’enquête de l’IG.

SUD éducation demande que les jours de grève soient intégralement payés à tous les grévistes et s’est adressé dans ce sens à la Dasco et au rectorat. Ce serait tout de même scandaleux qu’il faille perdre une partie de son salaire pour enfin pouvoir être entendu.

Notre syndicat constate de plus en plus fréquemment que des problèmes et des tensions surviennent dans de très nombreux établissements. Des chefs d’établissements et des gestionnaires abusent de leur pouvoir et plutôt que de se retourner vers le rectorat ou les collectivités territoriales concernées quand ils manquent de moyens et de personnels, ils font de l’autoritarisme et font subir des pressions inadmissibles aux personnels. Des ouvriers à qui l’on impose de faire plus que leur service jusqu’à épuisement et qui se font menacer de rapports. Des personnels administratifs qui subissent au quotidien les humeurs de la hiérarchie et qui sont autoritairement contraints de s’exécuter. Des enseignants sur lesquels on fait pression pour qu’ils prennent des heures supplémentaires auxquels on adresse des remarques humiliantes ou encore auxquels on colle un rapport à la moindre difficulté sans se soucier des problèmes personnels des uns et des autres, auxquels on impose des conditions de travail insensées, etc…

Les dizaines de milliers de suppressions de postes d’agents administratifs et d’enseignants s’ajoutent à la disparition de nombreux postes de titulaires chez les agents depuis quelques années. Les non remplacements des agents et les nombreux contrats aidés qui font vivre un stress permanent, font que l’atmosphère au travail se détériore sérieusement. Le ministère de l’éducation, les collectivités territoriales portent une lourde responsabilité dans l’aggravation de la souffrance au travail. Les enseignants en grande difficulté tombent sous le coup de procédures disciplinaires. Certains se retrouvent profondément déstabilisés. Les agents craquent physiquement sous le poids des tâches. Un mois après la rentrée, la fatigue et les douleurs physiques se font durement sentir. Certains, de plus en plus nombreux, viennent au travail l’estomac noué se demandant comment la journée se déroulera. D’autres tombent malades et ne peuvent plus exercer de la même manière. Combien de postes adaptés officiellement n’en sont pas sur le terrain ?

À Jean Lurçat dans le 13ème arrondissement de Paris, tous les personnels se sont retrouvés jeudi matin en heure d’information syndicale proposée par notre syndicat. Là aussi, il s’agit de grande souffrance au travail. La aussi, il s’agit de rapports hiérarchiques insupportables. Là aussi, il s’agit d’une gestionnaire qui brime et humilie les agents au quotidien. Là aussi, la situation est devenue intolérable et tout le monde en a assez. Les relations imposées par cette gestionnaire sont des plus malsaines. Les personnels sont traités avec mépris, sont constamment sous la menace de rapports et subissent des brimades. Les agents se voient interdits de parler à des enseignants et vice-versa. C’est la santé de certains qui en est menacée. Et là non plus il n’est tenu aucun compte des difficultés et des situations médicales des personnels. Et en cerise sur le gâteau, on joue les individus les uns contre les autres. Les personnels ont décidé d’en finir avec cette situation invivable et ont décidé de réagir de la meilleure des manières possibles, c’est-à-dire tous ensemble.

Ils ont demandé à être reçus au rectorat et le seront dès le début de la semaine avec notre syndicat. Une seconde demande de rendez-vous doit être prise auprès de la région Île-de-France pour faire le point sur les fiches de postes établies dans des conditions scandaleuses et imposées aux agents sans aucune forme de concertation, pour réétudier les horaires et les emplois du temps sur l’année ainsi que le calendrier des permanences et enfin être entendu sur les dégâts qu’une politique de suppression de postes et de non remplacement cause parmi les agents.

COMME À DOLTO ET À LURÇAT, C’EST TOUS ENSEMBLE QU’IL FAUT LUTTER !


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