Intervention de Sud-éducation à la CAPA des certifiés du 3 mars

Documentalistes - Carrières - Grève du 7 mars - Droit de retrait - Sarko-flics
vendredi 3 mars 2006
par  Sud75
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Le mandat de trois ans qu’ouvre l’installation de la commission administrative paritaire académique des certifiés d’aujourd’hui se situe dans un contexte très préoccupant pour l’avenir de la fonction publique d’éducation nationale.

Le rôle que l’institution entend faire jouer aux professeurs évolue, et ne correspond plus forcément à celui qui avait présidé au choix de ce métier. Depuis le rapport Thélot, annonçant les mesures FILLON et de ROBIEN, l’école apparaît de plus comme préstatrice de services pour les entreprises, chargée de sélectionner les élèves en fonction des attentes du marché, assignée à les former, pour ne pas dire les formater, en fonction des attentes économiques :
- d’où le socle commun qui risque de s’avérer minimal pour les classes populaires ;
- d’où le renforcement de l’autorité disciplinaire qui s’incarne également dans la répression des mouvements lycéens.

La carrière des collègues sera affectée par ces mesures transforment peu à peu le sens du métier enseignant.

Les établissements qui se mettent en droit de retrait traduisent bien ces problèmes. Pour les collègues de l’EREA Jean-Jaurès comme de Paul Valéry, la question n’est pas celle d’une dangerosité, plus grande des élèves mais bien d’un abandon de l’institution. Nos collègues ne veulent ni des Sarko-flics, ni des caméras, mais bien les moyens d’enseigner dignement. La suppression progressive des personnels éducatifs est la cause de ces débordements.

Cette nouvelle fonction de l’école dérivant des transformations à l’œuvre dans le monde économique, ce qu’il est convenu d’appeler la mondialisation marchande, s’accompagne de transformations structurelles. La LOLF entend imposer une logique budgétaire en lieu et place de politiques éducatives, de droits et de statuts des personnels.

L’intégration des heures de documentationdans la DHG semble ici révélatrice de cette apparence de rationalité technique qui cache des évolutions idéologiquement fortes. C’est à l’occasion d’une note de bas de page dans une circulaire que l’on apprend que nos collègues documentalistes pourront voir leur poste supprimé en raison de priorités budgétaires nouvelles. Nous nous félicitons que certains établissements aient refusé cette mesure, par des motions votées même par le chef d’établissement.

La restriction comptable des moyens portera un grave préjudice à tous nos collègues, diminuant leurs possibilités de carrière, de mutation, et leurs conditions d’exercice. Le sinistre « retour à l’équilibre » apparu sur les DHG des années passées supprimait déjà tout ce qui permettait d’assurer un tant soi peu son métier auprès de publics en difficulté.

L’ensemble du droit du travail et de la conception du métier de fonctionnaire sont aujourd’hui attaqués.La multiplication des contrats précaires, se succédant les uns aux autres, installe peu à peu au sein des établissement l’idée que les enseignants sont des privilégiés et qu’ils devront bientôt renoncer à leurs statuts. Le ministère du travail ne vient-il pas d’annoncer que la fonction publique - et singulièrement l’éducation nationale - employait le plus de personnels précaires ? Nos collègues précaires sont utilisés, puis virés.

La manifestation interprofessionnelle du 7 marsnous concerne tous, car le CPE obère l’insertion des jeunes dans la société, et annonce un recul des conditions de travail pour tous. Sud-éducation Paris appelle l’ensemble des personnels de l’éducation nationale à faire grève et à participer à une assemblée générale unitaire et interprofessionnelle le 7 mars à partir de 11 heures.

Enfin qu’il me soit permis de saluer ici nos collègues des services. Nous savons que leurs conditions de travail se sont profondément dégradées, la déconcentration des opérations de gestion se faisant déjà théoriquement à moyen constant alors qu’en réalité le rectorat supprime chaque année des emplois. Les horaires de travail sont bouleversés. Pour sud éducation les choses sont claires, c’est à l’administration dans ses plus hautes instances de prendre la mesure des tâches incombant aux travaux des Capa. Nous ne pouvons que regretter le peu d’intérêt manifesté par le Recteur lors de l’organisation des élections qui nous ont conduit ici, comme à son absence de tous les travaux des Capa. La connaissance de la gestion au quotidien des personnels permettrait sans doute d’autres choix rectoraux.


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