En grève jusqu’à la retraite !

jeudi 12 septembre 2013
par  Sud éducation Paris
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En grève jusqu’à la retraite !

Depuis 20 ans, les contre-­réformes du système des retraites se sont succédé, chacune s’attaquant un peu plus au système de retraite par répartition. En 93, la contre-­réforme Balladur a fait passer le calcul des pensions des retraites des 10 meilleures années aux 25 meilleures années et a augmenté le nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein à 160 trimestres pour le privé. L’augmentation du nombre de trimestres comme condition d’une carrière complète a été étendue en 2003 à la fonction pu­blique et en 2008 aux régimes spéciaux. En 2010, malgré un fort mouvement social, l’âge légal de départ à la retraite a été repoussé à 62 ans. Depuis 1979, les cotisations patronales n’ont jamais été augmentées.
Pire, elles sont régulièrement diminuées par un jeu de compensations.

Le projet de loi Ayrault ne fait que prolonger les contre-­réformes précédentes !

D’une part, le gouvernement ne touche pas à l’âge légal de départ à la retraite : 62 ans, comme si c’était une grande avancée sociale !
Il augmente en revanche le nombre d’annuités à 42 ans en 2023 et 43 ans en 2035, à raison d’un trimestre tous les 3 ans. Cotiser pendant 43 ans se­ra impossible pour beaucoup, la durée moyenne validée aujourd’hui pour la retraite de base du privé est de 37,7 annuités. En réalité, cela conduira à
diminuer à nouveau le niveau des retraites, en y ajoutant la baisse due à la décote.

Allonger la durée de cotisation, c’est diminuer la pension !

Par ailleurs, le projet prévoit une hausse des cotisa­tions sociales, dont la part patronale sera compen­sée par une baisse prochaine des autres cotisations, notamment celle la branche famille.
Le patronat a lui été entendu pour baisser une fois de plus le « coût du travail » .
À Sud éducation Paris, nous revendiquons dans l’immédiat une retraite pleine et entière sans condition de trimestres à 55 ans maximum.
Nous refusons d’entrer dans des logiques gestion­naires de crise et revendiquons la gratuité des ser­vices (logement, santé, transport, école, loisirs, culture) et l’instauration d’un revenu d’existence à 2000 euros.

Il y a urgence à se mobiliser sur trois fronts :

  • ­s’opposer aux mesures que veut imposer l’actuel gouvernement,
  • obliger celui­-ci à annuler ­- comme il s’y était en­gagé - les décisions imposées par son prédécesseur en 2010,
  • au­-delà, créer un rapport de force suffisant pour regagner le terrain perdu depuis les réformes de 1993 (dans le privé) et de 2003 (dans le public).

C’est une autre société que nous devons construire, où les conditions d’existence de toutes et tous ne peuvent dépendre de l’âge, de la condi­tion des travailleurs et des travailleuses salarié­e­s ou pas (chômeur/chômeuse, retraité­e, étudiante)...mais doivent être garanties tout au long de la vie.

Pour ces revendications immédiates comme pour ces avancées fondamentales à obtenir, nous savons qu’une journée d’action comme celle du 10 sep­tembre n’est pas à la hauteur des enjeux et du ni­veau de mobilisation nécessaire. Si nous voulons qu’elle ne soit pas qu’une manifestation rituelle plus ou moins réussie ­ et finalement illusoire ­ sur
une base purement défensive, il est urgent de se retrouver collectivement sur des revendications et des modalités d’actions résolument offensives.
Sud éducation Paris prendra toute sa place dans l’indispensable grand mouvement unitaire de grève générale et prolongée pour faire aboutir les reven­dications.

Nous appelons les personnels à se réunir dans les prochains jours en assemblées générales afin de discuter des suites nécessaires à donner à cette manifestation.


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