Subvertir les pratiques pédagogiques. Quelle école : pour qui ? pour quoi ?

attention changement de lieu : maison des syndicats de Créteil, 30 & 31 janvier 2014
mardi 21 janvier 2014
par  Sud éducation Paris
popularité : 4%

ATTENTION CHANGEMENT DE LIEU DU STAGE. IL SE DÉROULERA A LA MAISON DES SYNDICATS DE CRÉTEIL, 11 rue des archives 94000 Créteil, métro Créteil Préfecture, la maison des syndicats est à 10 minutes à pied du métro. L’accueil du stage se fera salle 1.

Enjeu de pouvoir et de luttes entre des intérêts contradictoires, l’école - n’en déplaise à ceux qui rêvent de sa « sanctuarisation » - est le reflet de notre société : dérives autoritaires, arrestation et fichage de sans-papiers, marchandisation, intrusions publicitaires, reconduction et légitimation des inégalités sociales...

1- Présentation du stage

2-Questions pratiques et formulaires d’inscription (voir PJ)

1- L’école et la pédagogie au service de qui et de quoi ?

Pour certains, c’est un gisement financier encore trop inexploré. Mais c’est aussi une entreprise de promotion de valeurs et de comportements (de soumission, d’individualisme et de consommation). Ces stratégies s’affichent ouvertement (les cours de soutien privés) mais avancent aussi de manière plus insidieuse : injonctions économiques, discours et pratiques pédagogiques mieux à même de répondre aux « nouvelles exigences » patronales (compétences, « employabilité », etc.). Pour ne pas en être les complices involontaires ou, pire, impuissants, nous devons les comprendre et les combattre. Non pas en suivant le vent réactionnaire qui souffle sur l’école... ce serait faire peu de cas de cette réalité, déjà dénoncée par Célestin Freinet : « l’école est fille et servante du capitalisme ». Si l’on réalise combien l’école se prête à cet investissement par le libéralisme, « on en vient aussi à se demander si le mode de gouvernement néolibéral ne doit pas beaucoup à la logique scolaire […] et aux modalités de gouvernement qui ont été développées et perfectionnées au sein de l’institution scolaire. [1] » Avec « son » École, Ferry ne déclarait-il vouloir « clore l’ère des révolutions » ?

Alors, quelles pratiques voulons et pouvons-nous mettre en place ?

Si l’école n’a pas seulement été un lieu de domination mais a pu œuvrer à une certaine émancipation, c’est parce que « le choix d’une éducation libératrice des classes dominées s’inscrit, bien sûr, dans une histoire collective : ce choix ne peut émerger que parce qu’on développe avec d’autres, et pas seulement des enseignants, l’analyse critique des projets d’éducation et des enjeux de société qu’ils contiennent. [2] » Que ces efforts et ces tâtonnements soient aujourd’hui détournés par ceux-là même qu’ils entendaient combattre (ainsi, la Chambre de commerce de Paris propose une filière de formation des managers se revendiquant des techniques Freinet), doit-il nous conduire à abandonner toute ambition de travailler « l’intérêt, la participation, l’activité, la créativité de l’élève » ? Au-delà de la récupération de formules jumelles, il ne s’agit certainement pas du même projet. Et on ne voit pas que le dogme transmissif lié au capitalisme « d’avant » (encore bien présent !) soit préférable pour les élèves ni qu’une école autoritaire prépare à la démocratie.

Pédagogie et transformation sociale : pratiques de terrain

La pédagogie, définie comme « l’ensemble des conditions de développement qui permettent à un individu d’accéder à la conscience des rapports sociaux qui le déterminent. [3] », doit nous inviter à mettre en place des dispositifs qui développent des recherches actions autour d’une école :
· à participation collective,
· tissant des liens avec l’extérieur,
· mettant en avant la production de différents langages (corporels, oraux, écrits)
· dans laquelle l’intervention des acteurs sociaux (parents, assos de quartier...) va de soi
· et qui rompt avec l’idée qu’il n’y a que l’école qui produit du savoir. [4]

« La pédagogie n’étant jamais neutre, nos pratiques seront ce qu’elles sont en fonction de choix : préparer les jeunes à occuper leur place dans la société ou les préparer à la transformer en transformant déjà le plus petit et le plus proche. Ce choix se fait tous les jours ; parfois, à propos de détails. Mettre en place des dispositifs qui permettent aux dominés de prendre la parole, organiser des cours en partant des intérêts des élèves, chercher à les outiller au mieux, c’est faire aussi autre chose que du pédagogique. C’est faire du « social » et du politique, au sens fort du terme. Celui qui contient l’idée d’un projet de société vu dans sa globalité et à l’intérieur de conflits entre les classes, les peuples, les sexes, les générations. C’est en prenant parti dans ce conflit, sur le plan personnel et collectif, que l’éducation se définit. [5] »

Syndicats de lutte et mouvements pédagogiques ont vocation à engager le débat et explorer des pratiques avec tous ceux et toutes celles qui veulent changer l’ordre social et scolaire.

2- Où, quand ?

Le stage aura lieu à la Maison des syndicats de Créteil, 11 rue des archives, Créteil, métro Créteil Préfecture. Il est ouvert à tous, personnels de l’éducation, titulaires ou non, syndiqués ou pas.
Nous avons droit à 12 jours de formation syndicale par an, fractionnable à volonté (une journée minimum).

La demande doit être faite au plus tard un mois avant le stage, soit avant les vacances de Noël (n’attendez pas !) par la voie hiérarchique, auprès de l’autorité compétente (recteur, inspecteur d’Académie…). Par ailleurs, nous vous remercions de nous informer de votre inscription à l’adresse suivante : organisationstage@pase.org, afin d’avoir une estimation du nombre de participants.
De la part de l’administration, à défaut de réponse expresse au plus tard le quinzième jour qui précède le stage, le congé pour formation est réputé accordé. Les décisions exceptionnelles qui le refuseraient doivent être motivées par les nécessités de fonctionnement du service et communiquées avec le motif à la commission administrative paritaire qui suit.
L’administration ne peut exiger ni convocation ou autre document, ni information sur l’objet de ce stage.

Comment s’inscrire ?

 En adressant au recteur sous couvert du chef d’établissement dans le secondaire, au Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale dans le primaire, au président du conseil général ou régional sous couvert du chef d’établissement pour les agents dans le secondaire, une demande écrite selon le modèle ci-dessous au moins un mois avant la date du stage (en cas de problème, prévenir le syndicat). Les formulaires sont en pièces jointes. Attention pour les personnels de la ville et du département il faut nous communiquer votre participation car nous devons fournir la liste des participants à la DASCO.

Ce type de stage permet de créer du collectif, quand parfois on se retrouve bien isolé dans son établissement ; de rencontrer des militants pédagogiques et syndicaux ; de remonter le moral parfois mis à rude épreuve. L’occasion également d’échanger sur ses pratiques pédagogiques, de réfléchir ensemble, bref, de se prendre un temps de formation que l’Éducation Nationale ne permet plus.
Il est donc important de profiter au maximum de ces formations syndicales.
Toujours dans ce souci de créer du lien, mais également pour des raisons financières évidentes, il est possible pour celles et ceux qui le désirent d’être hébergé-e-s par des militants sur Paris ou sa banlieue. Précisez, au moment de votre inscription auprès de nous, si c’est le cas. Enfin, les conducteurs qui auraient des places à proposer, peuvent nous indiquer dans le même mail le nombre, le trajet et des coordonnées. Nous centraliserons les offres et mettrons les camarades en relation.

Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux.


[1Charlotte Nordmann, « À propos de La Nouvelle école capitaliste, Peut-on défendre l’école sans la critiquer ? La Revue des livres n° 2 novembre – décembre 2011, repris dans Changer l’école. De la critique aux pratiques, collection N’Autre École, Libertalia (à paraître).

[2Jacques Berchadsky, Actes de lecture n° 109 mars 2010.

[3D’après (le texte a été légèrement remanié syntaxiquement) Noëlle De Smet, Au front des classes, face à la classe, aux côtés des élèves, dans les luttes sociales, Noëlle De Smet, Couleur livre et Cgé, coll. L’école au quotidien, 2009.

[4Pistes avancées lors du stage de Gennevilliers d’avril 2013 organisé par l’AFL, N’Autre école, Questions de classe(s), Sud éducation et CNT éducation.

[5Pistes avancées lors du stage de Gennevilliers d’avril 2013 organisé par l’AFL, N’Autre école, Questions de classe(s), Sud éducation et CNT éducation.


Documents joints

modèles de lettre demande de stage
modèles de lettre demande de stage

Annonces

Solidarité

PNG - 42.9 ko
PNG - 16.7 ko
JPEG - 10.9 ko

PNG

PNG