Le mardi 23 juin, nous n’avons pas manifesté…

Le 23 juin on a tourné en rond ! Le 28 juin on va tout droit !
lundi 27 juin 2016
par  Sud éducation Paris
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Nous n’avons pas manifesté car, malgré les slogans, du type « Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous ! », scandés par certains participants, la rue était clairement aux mains des forces de l’ordre.

Les autorités avaient imposé aux organisations syndicales une nasse gigantesque en guise de parcours, sous le regard satisfait de la police. Embastillés, enfermés, cernés, de nombreux épithètes ont été utilisés pour qualifier la condition de manifestant ce jour : grilles, canons à eau et CRS balisaient la rue. Le gouvernement a atteint son objectif : humilier et contrôler un mouvement qui pourtant a les faveurs de l’opinion publique.

Nous n’avons pas manifesté ensemble car le dispositif prévu par la préfecture de police opérait un tri des manifestants. Nombreux ont été celles et ceux qui ont été refoulé-e-s de la manifestation pour des motifs divers : possession de matériels de protection (lunettes, foulards, sérum physiologique…), banderoles déplaisant aux flics, délit de faciès, tenues vestimentaires trop noires. Les arrestations préventives ont été nombreuses, près de 95, dont ce mardi Adil, un de nos camarades de Sud PTT 92 (libre depuis mais dans l’attente d’un procés). Plusieurs personnes ont été exfiltrées des chemins menant à Bastille. Ces méthodes
dignes d’une junte militaire démontrent bien que l’état d’urgence voulu et prolongé par le gouvernement cherche à casser le mouvement social, à museler celles et ceux qui refusent l’autoritarisme étatique.

Nous n’avons pas manifesté car, ce jour-là, la répression policière est montée d’un cran, tout aussi violent que les violences policières des précédentes manifestations : après avoir meurtri les corps, avec des centaines de personnes blessées et gazées, ce sont les esprits et les volontés que Valls et sa clique ont cherché à briser.

L’absence de la tête de cortège et d’une partie de la jeunesse, au côté des forces syndicales, ont vidé de son contenu les revendications. Cette manifestation s’est retrouvée bien docile et inoffensive. Nous n’avons pas manifesté car, en acceptant cette parodie de parcours, nous n’avons fait que subir cette manifestation : nous ne pouvons nous féliciter, à l’instar du gouvernement ou de certaines organisations comme la CGT, du bon déroulement de la journée. Nous ne pouvons pas tolérer cette situation de « normalité » et d’indifférence après plus de trois mois de mobilisation. Nous ne pouvons pas affirmer que nous défendions le droit de manifester alors que nous étions en cage, avec pour seul horizon des uniformes de police.

Nous continuerons à nous battre contre la loi Travail, mais pas dans ces conditions. Nous voulons manifester librement et nous soutenons toutes les initiatives qui cherchent à le faire, ainsi que certains militants qui ont défilé de Beauboug à la Bourse ou encore en menant une action à la gare de Lyon. Nous dénonçons les violences policières et réclamons la libération et la fin des poursuites judiciaires de toutes les personnes enfermées pour s’être opposées, de quelque manière que ce soit, au projet scélérat de la loi travail, et plus largement, à un projet de société inique et autoritaire.

Pour une vraie mobilisation contre la loi travail : manifestation pas en rond mardi 28 juin à 14h de la place de la Bastille à celle d’Italie


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