Contre la loi travail, pour une rentrée de lutte

15 septembre toutes et tous en grève et dans la rue !
mercredi 14 septembre 2016
par  Sud éducation Paris
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15 SEPTEMBRE TOUTES ET TOUS EN GRÈVE !

Déjà six mois de lutte

Six mois se sont écoulés depuis la première journée de mobilisation du 9 mars dernier. Un mouvement social d’ampleur s’est construit contre la loi travail et ce malgré l’entêtement du gouvernement et la répression policière : pas moins de vingt journées de grève interprofessionnelle avec des centaines de milliers de personnes dans les rues, des centaines d’actions de blocage économique, des occupations de place avec « Nuit debout » dans la plupart des villes du pays, des assemblées générales interprofessionnelles, etc.

L’ensemble des secteurs, public et privé, a participé à la lutte contre cette loi signant un recul social sans précédent : lycéen-nes et étudiant-es, salarié-es du public, intermittent-es, travailleurs-euses des raffineries, cheminot-es, dockeurs-euses, éboueurs-euses, etc.

49.3 × 3

Le gouvernement a joué le passage en force en utilisant l’article 49.3 à trois reprises pour faire accélérer l’adoption de cette loi réclamée par le Medef et applaudie par les syndicats réformistes CFDT, Unsa et CGC.
Malgré sa promulgation le 9 août, la campagne de désinformation qui a marqué la fin de l’année dernière et les miettes lancées pour démobiliser certains secteurs, la détermination des opposant-es à cette loi n’a pas faibli.

Que dit la loi travail dans les grandes lignes ?

  • Le temps de travail  : si les 35 heures demeurent la référence légale, l’aménagement dérogatoire est devenu la règle. La loi peut être supplantée par des « petites lois » au niveau des entreprises ou d’une branche. C’est ce qui s’appelle l’inversion de la hiérarchie des normes.
  • Le Code du travail  : d’ici à deux ans il va être réécrit par une commission. Avec cette inversion de la hiérarchie des normes, les accords de branches ou d’entreprises vont pouvoir prendre le pas sur le droit du travail actuel. La loi travail prévoit notamment que des accords dit de « préservation ou développement de l’emploi » puissent être signés au niveau des entreprises, allongeant la durée du travail, réduisant le salaire ou remettant en cause les primes. Un refus équivaudra à un licenciement.
  • Les licenciements : ils sont rendus plus faciles avec le leitmotiv de la compétitivité. Les critères permettant le licenciement économique seront différents selon la taille des entreprises et s’apprécieront en fonction, par exemple, de « baisses significatives des commandes ou du chiffre d’affaire ».
  • La médecine du travail  : la visite obligatoire à l’embauche et la visite biennale sont supprimées, remplacées par une visite d’information et de prévention. La mise en place du Compte personnel d’activité : mis en place à partir de janvier 2017 pour toutes les personnes à l’entrée de la vie professionnelle (y compris pour les salarié-es du public) il comprend le compte personnel de formation, le compte pénibilité et le compte d’engagement citoyen. Ce nouveau livret ouvrier, auquel les employeurs auront accès est une individualisation des droits à la formation et des rémunérations, indépendamment de toutes les convention collective, rendant le ou la salarié-e responsable de son "employabilité" et donc de ses périodes de chômage pour le ou la rendre plus flexible en s’adaptant aux besoins du patronat.

Et dans l’éducation nationale ?

Cette réforme du code du travail ne va pas toucher tout de suite les fonctionnaires et les contractuel-les de droit public, mais il y a bien des personnels de l’éducation nationale qui sont sous contrat de droit privé de type Contrat unique
d’insertion : AVS, AED, agent-es de la région et du département. Avec la multiplication de ces contrats précaires on assiste clairement à une généralisation des contrats de droit privé dans les établissements. Les personnels vont être directement touché-es par cette réforme.
D’autre part, un regard sur les précédentes « réformes » suffit à comprendre la logique qui consiste à s’en prendre d’abord au privé pour ensuite attaquer le public, prétextant qu’il est privilégié. Prenons l’exemple des retraites : en 1993
rallongement de la durée de cotisation imposé aux salarié-es du privé, en 1995 échec de la tentative de l’étendre au public sous la pression de longues grèves, mais en 2003 Fillon l’impose.
Les récentes déclarations unanimes des politiques sur le temps de travail des fonctionnaires annoncent d’ailleurs la couleur sur une augmentation du temps de travail dans la fonction publique dans un avenir proche.

Face à la répression, ne pas rester isolé-e

Le groupe de défense collective DEFCOL apporte une aide matérielle (avocat-es) et des conseils juridiques aux manifestant-es interpellé-es en région parisienne. Un numéro de téléphone (07 53 82 19 10) et un e-mail (defcol@riseup.net) sont mis à disposition si vous êtes témoins d’une arrestation ou victime de violences policière lors d’une manifestation ou d’une action de blocage économique (attention de ne pas donner d’informations ou de détails qui pourraient être dangereux pour les personnes interpellées).

Tout le monde déteste... □ le PS □ Macron □ la loi travail

Le 12 juillet dernier, Macron tenait un meeting de lancement de son parti, à la Mutualité. La fête a quelque peu été gâchée par 300 manifestant-es venu-es rappeler que « tout le monde déteste la loi travail ». Les participant-e-s, banquier-e-s, start-uppers, patrons ou simples arrivistes ont dû affronter slogans et lancés de farine et d’œufs avant le pouvoir rentrer dans la salle. Histoire de rappeler que la mobilisation contre la loi travail et son monde ne va pas s’arrêter après les vacances d’été.

BnF, La Poste... des victoires qui en appellent d’autres !

Après six samedis de grève, marqués par des piquet de grève, des blocages de caisse, et le blocage de l’entrée du site de Tolbiac, les agent-es non-titulaires de la Bibliothèque nationale ont obtenu gain de cause sur l’ensemble de leurs revendications : arrêt des suppressions de postes, passage en CDI des vacataires, passage à 110h mensuelles, etc.
Victoire également pour les postier-es du 92 qui ont mené une grève de 63 jours. Ils-elles obtiennent, entre-autres, l’annulation d’une réorganisation, l’embauche d’intérimaires en CDI, l’annulation de suppressions d’emplois et de tournées dans plusieurs villes du département...

C’est donc maintenant que nous devons nous mobiliser pour protéger les droits des salarié-es partout. Après des décennies de régressions sociales nous devons non seulement stopper les attaques contre nos droits mais aussi nous battre pour le progrès social, pour une autre société.
Plus que jamais nous devons poursuivre et amplifier la lutte contre la loi travail et son monde.

Le 15 septembre, les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires et des AG de lutte appellent à une nouvelle journée de grève public-privé.

C’est toutes et tous ensemble qu’il faut lutter contre l’exploitation et contre la précarisation de la société.
Dans tous les établissements, soyons massivement en grève le 15 septembre pour l’abrogation de la loi travail !

Quelques liens vers du matériel de l’Union syndicale Solidaires :

  1. une vidéo de Solidaires Paris
  1. Communiqué de l’Union syndicale Solidaires
  1. - 4 pages d’analyse de la loi travail par Solidaires
  1. - Matériel de mobilisation, tract et affiche, pour le 15 septembre (voir docs joints)
  2. http://sudeducation75.org/IMG/pdf/tract_sud_educ_paris_15_septembre_2016.pdf


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