Halte à la répression du mouvement lycéen ! Ce n’est pas en plaçant en garde à vue les élèves qu’on les fera taire !

jeudi 2 mars 2017
par  Sud éducation Paris
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Communiqué des lycéens et étudiants de Jules Ferry (Paris 9e) présents ce matin pour bloquer et lutter contre les violences d’État

Ce matin a été prévu un blocus à Jules Ferry, contre les violences d’État. A 7h, une petite trentaine de lycéens et étudiants de classe préparatoire se sont donné rendez-vous aux abords du lycée. A 7h30, nous avons décidé de commencer à bloquer. La situation était calme. Quelques poubelles bloquaient l’entrée, une banderole a été déployée avec marqué « Sans justice, pas de paix », et la proviseure était d’accord avec un blocus « calme et revendicatif », tant qu’une entrée est laissée aux élèves de khâgne, qui sont en concours blanc.

Mais très vite, des agents de la BAC agressent des élèves. Ils enlèvent des poubelles et frappent les élèves qui s’approchent trop près de l’entrée principale du lycée. 8 agents de la BAC (brigade anti criminalité) qui n’avaient pas de brassard, et une petite dizaine de policiers en uniforme se positionnent en face du lycée. Mais lorsque qu’une quinzaine de lycéens arrivent avec quelques barrières pour rendre le blocus visible par tous, la BAC les frappe en poussant les barrières sur les lycéens, et ainsi en les cognant contre le mur. La BAC chasse ceux qui s’approchent trop proche d’eux, un agent crie à un élève « viens pas ou je te la mets ».

Parmi les lycéens ainsi violentés, alors que le blocus n’était en aucun cas violent, l’un d’eux lance un débris de verre en direction de la BAC, mais rate sa cible et son projectile touche le haut du crâne de la proviseure, qui saigne. La blessure est infime, celle-ci est prise en charge par les pompiers.

Mais pour les agents du pouvoir, c’est une victoire : la faute sera rejetée à des « casseurs », à des « déscolarisés » selon les mots du CPE, moyen pour lui de ne pas trop entacher la réputation de l’établissement. Les médias ne retiendront que ce jet de projectile, et pas les violences des policiers (coups au thorax, coups de pied, insultes).

Nous, lycéens et étudiants, avons été choqués par la violence policière, et nous déplorons la légère blessure de la proviseure Mme Fourno, en espérant qu’elle s’en remette très vite.

Nous, lycéens et étudiants, condamnons la pression de la BAC aux abords du lycée, la police en civile étant présente devant l’établissement depuis vendredi dernier.

Nous lycéens et étudiants, pensons que nous devons continuer de lutter contre les violences d’Etat, contre les intimidations des administrations et des policiers. La BAC ment, la BAC frappe, la BAC fait peur aux jeunes lycéens qui se rendent chaque jour en cours pour étudier.

Justice pour Théo, justice pour Adama, justice pour tout-e-s les autres !

Communiqué des enseignants et personnels éducatifs de la cité scolaire Honoré de Balzac

Lundi 27 février, 9 élèves de notre lycée, tous mineurs, ont été placés en garde à vue au commissariat du XVIIème arrondissement et relâchés mardi soir 28 février. Trois d’entre eux ont été déférés au parquet pour « vol en réunion » et « dégradation dans un magasin ». Certains élèves n’étaient pourtant même pas entrés dans le commerce et n’ont fait que fuir à l’arrivée de la police, ce qui en dit long sur la peur que les jeunes ont désormais des forces de l’ordre.

Cet événement s’inscrit en effet dans le contexte du blocage pacifique du lycée mais ne s’est pas déroulé à proximité de l’établissement. Par conséquent, nous ne pouvons qu’établir le lien avec la présence de ces élèves, le matin même, lors du blocus du lycée Balzac.

Cet événement suscite notre indignation car il illustre une volonté d’intimider la jeunesse et de criminaliser les mouvements sociaux. Le contexte de l’état d’urgence est générateur de tension et nos élèves en font aujourd’hui les frais. Ainsi, d’autres élèves du lycée - mineurs également – qui partaient manifester ont été l’objet d’intimidations et d’humiliations : fouilles, palpations appuyées et moqueries de la part de policiers.

Alors que nous essayons, en tant que professionnels de l’éducation, de favoriser le dialogue avec les élèves et de garantir le calme de leurs mobilisations aux abords de l’établissement, la réponse des forces de police est manifestement disproportionnée et de nature à aggraver les tensions.


Documents joints

Communiqué des Personnels de Balzac et (...)
Communiqué des Personnels de Balzac et (...)

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