Violences dans les établissements scolaires de Saint-Denis : « jusqu’ici tout va bien. »

jeudi 9 mars 2017
par  Sud éducation Paris
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Violences dans les établissements scolaires de Saint-Denis : « jusqu’ici tout va bien. »

Après l’agression d’un surveillant en septembre 2016, le lycée Suger de Saint-Denis est à nouveau le théâtre de violences : celui-ci a du être évacué dans la matinée du 7 mars et une cinquantaine de personnes ont été interpellées. Des actes de violence ont également eu lieu au lycée Paul Eluard de Saint-Denis. Le syndicat SUD Education 93 tient à rappeler la responsabilité des pouvoirs publics dans les événements qui se sont déroulés le 7 mars.

Les personnels des établissements scolaires de Saint-Denis ne cessent de les interpeller : les personnels des lycées Eluard, Suger et Bartholdi se sont mobilisés pendant six mois pour réclamer l’entrée des lycées dans les réseaux d’éducation prioritaire ainsi que les moyens humains et matériels qui vont avec. Les personnels et les parents d’élèves du collège Henri Barbusse viennent d’achever une semaine de grève et de mobilisation pour demander que des travaux soient engagés dans leur collège insalubre ainsi que trois postes d’assistant-e-s d’éducation pour lutter contre les faits de violence dans le collège.

De même les personnels du collège Elsa Triolet sont en grève depuis le 6 mars pour demander des moyens pour enseigner dans des conditions décentes (pas plus de 24 élèves par classe, 2 postes supplémentaires d’assistant-e-s d’éducation…). Tous ces personnels défendent le droit à l’éducation pour les élèves de Saint-Denis. Les établissements d’éducation prioritaire ont besoin de plus de personnels formés (enseignant-e-s, agent-e-s, assistant-e-s d’éducation et pédagogique, infirmier-e-s, assistant-e-s sociales…) pour fonctionner et pour garantir un climat scolaire serein et des conditions d’apprentissages décentes pour les élèves.
Au collège Triolet, on compte un-e surveillant-e pour 93 élèves. Le 7 mars, quand des intrusions ont eu lieu dans le lycée Suger, il y avait 7 surveillant-e-s pour 1150 élèves. Le ministère de l’Education Nationale ne peut s’étonner de telles situations de violences quand, déjà au quotidien, les pouvoirs publics ne donnent pas aux établissements scolaires du 93 les moyens de garantir la sécurité des élèves et des personnels : plus il y a d’adultes dans un lycée ou dans un collège, moins il y a de violences.

Enfin, les faits de violence qui se sont déroulés aux lycées Suger et Eluard le mardi 7 mars, ou bien ceux qui touchent les collèges Triolet, Barbusse, De Geyter ou Garcia Lorca, ne sont pas dus au hasard : les pouvoirs publics ont abandonné la ville de Saint-Denis depuis des décennies, alors même qu’un-e dionysien-ne sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1000 euros par mois. Les deux seules réponses apportées par les pouvoirs publics à la précarité qui frappe Saint-Denis et plus généralement le département du 93 sont d’une part la casse du service public d’éducation, de santé, des transports et d’autre part des politiques sécuritaires et répressives qui ne résolvent rien et exacerbent les tensions. Aujourd’hui, les personnels de l’Education Nationale sont en colère. En colère parce que ces situations de violence sont le fruit de l’abandon de Saint-Denis par les pouvoirs publics.

Le syndicat Sud Education 93 réclame des moyens à hauteur des besoins pour l’éducation en Seine-Saint-Denis. Nous n’avons pas besoin de plus de policier-e-s dans les établissements scolaires du 93, nous avons besoin de plus d’éducateurs/trices !
Sud Education 93 revendique un plan d’urgence pour l’éducation en Seine-Saint-Denis : 2500 postes pour le 1er et le 2nd degrés pour la rentrée 2017 !


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