12 septembre, face aux attaques massives contre les salarié-es défendons-nous, contre-attaquons : tou-tes en grève !

jeudi 7 septembre 2017
par  Sud éducation Paris
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La rentrée sociale 2017 s’annonce chaude : destruction du droit du travail, suppressions d’emplois, démantèlement des aides sociales... Et pendant ce temps là toujours plus de cadeaux pour les riches ! Dès maintenant, opposons-nous à ces régressions sociales par la grève et dans la rue !

Loi travail XXL... Ordonnances ou pas... On n’en veut pas !!!

Projet phare de Macron durant la campagne présidentielle cette nouvelle loi travail vient renforcer celle de 2016 contre laquelle nous nous sommes battu-es : les droits des travailleurs-euses sont remis en cause en profondeur au profit du patronat.

Que dit le "projet de réforme du code du travail" dans les grandes lignes ?

- Les CDI. Alors qu’aujourd’hui un-e salarié-e ne peut pas travailler plus de 18 mois consécutifs sous CDD sur un même poste, et donc être embauché-e en CDI, le projet de loi prévoit un allongement de cette durée, multipliant ainsi les recours aux CDD qui deviendraient la règle. Les règles en cas de modifications du contrat de travail changeraient également : le consentement du salarié-e ne serait plus requis dans un certain nombre de domaines. Enfin, la généralisation des CDI dits "de chantier" ou "de projet" qui permettent à l’heure actuelle aux patrons du bâtiment de recourir aux CDI seulement pour la durée d’un chantier, entraîneraient une aggravation de la précarité sans précédent. En effet comment louer un appartement lorsqu’on multiplie les contrats de travail d’un mois par exemple ?

- L’inversion de la hiérarchie des normes. Le droit du travail dans son ensemble était jusque là régi par des lois regroupées dans le code du travail. La première loi travail votée en 2016 a déjà remis en cause cette règle : des accords de branches ou d’entreprises peuvent prendre le pas sur le droit du travail dans certains secteurs bien précis concernant par exemple la durée du travail. La nouvelle loi travail prévoit d’étendre largement cette "dérogation à la règle" : en fonction des accords passés dans telle ou telle entreprise, des salarié-es n’auront plus les mêmes droits concernant les salaires minimums, la santé, la qualification ou encore l’égalité professionnelle entre les sexes... Cette disposition permettrait aux patrons d’exercer un chantage et une mise en concurrence des salarié-es d’une boite à l’autre.

- Les licenciements et les prud’hommes. Les indemnités versées aux salarié-es en cas de reconnaissance par le conseil des prud’hommes d’un licenciement abusif seraient plafonnées alors qu’elles sont aujourd’hui appréciées au cas par cas à hauteur du préjudice subi par la personne licenciée. Ce sont donc des sanctions moins lourdes pour les entreprises qui ne respectent pas le code du travail. Les délais de recours pour saisir le conseil des prud’hommes seraient raccourcis. D’autre part, l’appréciation des difficultés économiques d’une multinationale qui licencie se ferait dans un périmètre uniquement national.

- La pénibilité. Le compte pénibilité, qui permet la prise en compte des risques professionnels serait remplacé par un "compte professionnel de prévention". Quatre critères aujourd’hui reconnus ne le seraient plus : la manutention des charges lourdes, les postures pénibles, l’exposition à des vibrations mécaniques et les risques chimiques... Pour bénéficier d’un départ anticipé à la retraite, la reconnaissance d’une maladie professionnelle invalidante à 10% sera nécessaire.

- Une instance unique de représentativité du personnel. Le projet de loi envisage la fusion des instances existantes : le comité d’entreprise, le comité d’hygiène et de sécurité et les délégué-es du personnel. Cela entraînerait une baisse du nombre de délégué-es syndicaux-ales, d’heures de décharge et de leur pouvoir d’action dans les entreprises.

- Les référendums d’entreprise à l’initiative de l’employeur. Le gouvernement veut se passer clairement de l’avis des syndicats et permettre aux patrons de soumettre un accord directement aux salarié-es. Or, ces accords se font souvent sous le coup de chantage : le fameux « si vous dites non, je suis obligé de licencier... ».

Légiférer par ordonnance permet à Macron de se passer de débats et d’amendements à l’assemblée nationale. Il l’a annoncé clairement, il veut aller vite (le projet de loi de ratification doit être adopté à l’automne et déposé à l’Assemblée nationale fin janvier 2018).
La seule opposition possible est celle de la rue !

Au-delà du Code du travail, d’autres attaques se profilent

L’annonce de la réduction de 5€ par mois du montant de l’Aide personnalisée au logement (APL) est symptomatique des projets anti-sociaux et anti-pauvres du gouvernement Macron. Cette aide est versée à 6,5 millions de foyers dont 99% gagnent moins de 1 700 euros par mois. 50% des APL sont versées aux plus pauvres (ayant un revenu annuel de moins de 6 500€). 
En plein été, le gouvernement a également annoncé la suppression de quasiment l’ensemble des contrats aidés (CUI-CAE), mettant en place un plan de licenciement massif qui encore une fois touche les plus précaires : 62% des contrats aidés sont les personnes les moins qualifiées. Ce sont plus de 400 000 personnes qui se retrouvent du jour au lendemain sans emploi ! Dans nos écoles et établissements, plusieurs collègues ont ainsi "disparu" en cette rentrée. Des vies scolaires, services administratifs ou d’intendance n’ont, à l’heure actuelle, plus les moyens de tourner.

Ces décisions sont une attaque frontale dans la guerre aux pauvres que vont mener Macron et son gouvernement dans les années à venir. Elles se font sous couvert de réduction drastique des dépenses publiques mais parallèlement les cadeaux aux plus riches se multiplient : baisse de l’impôt sur les sociétés, réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune qui ne concernera plus que le patrimoine immobilier, etc.

Le futur projet de réforme de l’assurance chômage d’ici à l’été 2018 prévoit un flicage plus important des chômeurs-euses : radiation en cas de "recherches jugées insuffisantes" ou de deux refus d’offre d’emploi. Ce projet vise à faire des économies : plus de chômeurs-euses radié-es = moins d’argent dépensé.

Non à l’état d’urgence permanent

Cet automne, doit passer à l’Assemblée un projet de loi introduisant dans le droit commun des règles appliquées à l’état d’urgence. Parmi les réjouissances promises, on notera :

- possibilité d’assignation à résidence et placement sous bracelet électronique d’une personne dont le comportement (et non les actes donc) constituerait « une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics ». Cela par décision préfectorale ou ministérielle et sur simple signalement par les services de renseignements ;

- possibilité d’effectuer des perquisitions jour et nuit et facilitation des perquisitions informatiques ; 

- instauration de périmètres dits « de protection » dans l’espace public qui permettront des fouilles de véhicules, de bagages et à des palpations par la police municipale ou des agents de sécurité privés. Toute personne refusant ces mesures à l’entrée ou à l’intérieur du périmètre aura interdiction d’y entrer ou sera reconduite d’office à l’extérieur ;

- Renforcement des contrôles dans les gares et les zones frontalières afin d’intensifier la guerre menée contre les personnes dites migrantes.

L’état d’urgence défendu à son instauration comme une mesure d’exception raisonnée va donc devenir la règle. N’hésitons pas à parier que l’institutionnalisation de ces mesures sera fort utile pour contrôler les mouvements sociaux à venir. Dans la rue et face à la répression permise par cet arsenal, il sera important de refuser les divisions faites entre "gentil-les" et "méchant-es" manifestant-es, entre bon-nes et mauvais-es pauvres, entre migrant-es et réfugié-es.

Dans l’éducation et la fonction publique aussi… toutes les raisons de se mobiliser

Dans la lignée des gouvernements précédents, la destruction de la fonction publique se poursuit : 120 000 suppressions de postes sont prévues, principalement dans la fonction publique territoriale, sur les cinq années à venir.
Les salaires sont gelés de nouveau : après de timides mesures en fin de mandat précédent, le gouvernement annule les augmentations prévues du point d’indice alors que se profile une hausse de la CSG.
Chez les enseignant-e-s de CP et CE1, la prime annuelle de 3000€ promise par le candidat Macron en REP+ est repoussée sine die.
La journée de carence en cas de maladie est ré-instaurée, dans la droite ligne du sarkozysme. Mais le gouvernement porte un tel attachement à la santé et la sécurité et la santé des personnels que ce n’est sans doute pas si important…

En cette rentrée 2017, le ministre de l’Éducation a multiplié les annonces, laissant se profiler un projet néolibéral et réactionnaire :

Dans le 1er degré, l’annonce des 12 élèves par classe de CP en REP+ n’est que de la poudre aux yeux ! Les moyens en personnels sont insuffisants, les bâtiments inadaptés (deux classes de 12 dans la même salle, séparées par un paravent). Le peu de moyens gagnés ces dernières années est remis en cause puisque les dispositifs Plus de Maîtres Que de Classes (supposés compenser la disparition des RASED) sont utilisés pour ce dédoublement de classe et que d’autres niveaux de classe se retrouvent surchargés. Le ministre voudrait en outre imposer ses conceptions pédagogiques rétrogrades, notamment en ce qui concerne l’apprentissage de la lecture. Ainsi, alors que les méthodes globales ont été abandonnées depuis des années et que la plupart des chercheur-euses s’accordent à dire qu’ il faut articuler apprentissages conjoints du code et du sens, le ministre impulse un faux débat sur les méthodes d’apprentissage de la lecture et le nécessaire retour à de la syllabique pur afin de satisfaire les passéistes et autres nostalgiques du "C’était mieux avant".
C’est également le retour par la grande porte des évaluations nationales (unanimement décriées par les communautés éducatives et scientifiques) pour les élèves de CP et de 6ème.

Dans le 2nd degré, le renforcement de l’autonomie des établissements et du pouvoir des chefs est en marche. Le ministre entend donner le pouvoir de recrutement aux chefs d’établissement dans les établissements jugés "difficiles".

Dans l’enseignement supérieur, le ministère prépare la sélection à l’entrée de l’Université pour masquer son refus de mettre les moyens nécessaires pour une université ouverte à tou-te-s. En juillet Gérald Darmanin, ministre des Comptes Publics, a annoncé pour l’exercice de l’année 2017 une coupe dans le budget de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de 331 millions d’euros !

Face à la répression, ne pas rester isolé-e

En s’en souvient, le dernier mouvement social contre la loi travail de 2016 a du faire face à une répression sans bornes : interdictions de manifester, attaques contre les cortèges qui ont fait de nombreux-euses blessé-es, arrestations et incarcérations, procès…
Pour Sud éducation Paris il est important de rester solidaires face à cette répression afin de briser la distinction que l’État voudrait faire entre "bons et mauvais manifestants".
Plusieurs procès vont avoir lieu ces prochaines semaines : 
- le 11 septembre pour une personne accusée de "violence en réunion" suite à l’occupation des locaux du Medef par une centaine de personnes ;
- du 19 au 22 septembre neuf personnes vont comparaître, dont 2 sont encore incarcérées, suite à l’incendie d’une voiture de police le 18 mai quai de Valmy lors d’une manifestation ;
- le 3 octobre une personne passera en procès accusée d’avoir jeté un verre d’eau sur El Khomry.

Le "groupe de soutien juridique de la Coordination contre la répression et les violences policières" apporte une aide matérielle (avocat-es) et des conseils juridiques aux manifestant-es interpellé-es en région parisienne.
Un numéro de téléphone (07 53 13 43 05) et un e-mail (stoprepression@riseup.net) sont mis à disposition si vous êtes témoins d’une arrestation ou victime de violences policières lors d’une manifestation ou d’une action de blocage économique (attention de ne pas donner d’informations ou de détails qui pourraient être dangereux pour les personnes interpellées).

Construire un mouvement social d’ampleur !

Toutes ces mesures peuvent sembler être un rouleau compresseur impossible à stopper. Macron, qui rappelons-le a été élu avec moins de 50 % des suffrages, veut jouer le tour de force avec les ordonnances. Mais il sait qu’il va devoir affronter une contestation massive et déterminée. Pour preuve, le gouvernement a passé une commande de 22 millions d’euros de grenades lacrymogènes !

Alors comment gagner ? Nous pensons que seul un mouvement social fort, mené par une grève générale et reconductible, et par le blocage de l’économie nous permettra de gagner. Il faut prendre la rue et attaquer les capitalistes au portefeuille. Nous avons manqué ce basculement de peu en 2016. Aujourd’hui c’est à construire et cela ne se fera pas du jour au lendemain. Il faut en discuter et convaincre sur nos lieux de travail, dans les Assemblées générales, avec nos collègues, nos voisin-es…

Le 12 septembre est un point d’étape dans la construction de ce mouvement social. L’Union syndicale Solidaires a dès à présent proposé aux autres organisations syndicales parties prenantes de la contestation (et qui ne négocient pas en douce dans les couloirs de l’Élysée comme les traditionnels syndicats alliés des patrons -CFDT – UNSA – CFTC - FO) de faire du 20 septembre une nouvelle journée de mobilisation afin de faire monter la pression.

Déjà des initiatives ont eu lieu dans ce sens : rassemblement de soutien aux livreurs-euses en lutte de Deliveroo et aux plate-formes de livraison, manifestation à Jouy-en-Jossas contre l’université d’été du MEDEF le 30 août, manifestation "pas touche aux APL" le 31 août à Paris.

Le 12 septembre, pas de grève par procuration ! Tout-es en grève et dans l’action !

Manifestation à 14h place de la Bastille
(à confirmer sur notre site internet)

Et contre l’instauration d’un état d’urgence permanent : manifestation dimanche 10 septembre à 15h au métro Père Lachaise (ligne 2)

Version PDF mis en page à télécharger, imprimer, diffuser :

PDF - 2.6 Mo

Et aussi :
- la page consacrée à la mobilisation sur le site de l’Union syndicale Solidaires
- En grève le 12 septembre : tract d’appel de la Fédération Sud éducation
- Préavis de grève éducation nationale
- Préavis de grève fonction publique à partir du 12 septembre

- Appel contre l’état d’urgence permanent


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